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Tribune libre
aterai bel : resehershe
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 21/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
C'est vraiment le 1% artistique ! (Au passage, quel quota stupide, qui mécène pour des oeuvres nulles et donne à l'art un tour fonctionnaire qui le sclérose. Ce qui ne rend pas l'artiste plus fort le tue, pourrait-on oser).

A.R.T.

A cheval sur les cabales le régime soubressaute dans les mains des peuples et des shérifs
Retrouvons les prés d'avant, et là près de l'avenir le démon du techno se fera démonstratif
Traduisant au corps - électoral - les nouveaux contrats passés avec de la démocratie les amoureux et les rétifs.

C'est vraiment du 1% artistique, avec ce que cela comporte comme incohérence de promulguer le caractère a priori d'une oeuvre dite "d'art".
Publié le 07/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Discutant à bâtons rompus avec des collègues nous en sommes venus à déclamer, non des poèmes tout entiers, mais quelques vers nous ayant marqués, ressurgissant parfois quand la situation ne s'y prète pas.

En voici quelques-uns qui me touchent particulièrement, à vous d'en retrouver les auteurs:

La chaire est triste, héals, et j'ai lu tous les livres
Fuir, là-bas, fuir ! J'entends que des oiseaux sont ivres [...]

L'un agace son bec avec un bûle-gueule [...]

La lune était sereine et jouait sur les flots.

Tout conspire et me nuit et conspire à me nuire.

Je demeurai longtemps errant dans Césarée.

Le berger.

La courbe de tes yeux fait le tour de mon coeur [...]

Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie !
N'ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Et ne suis-je blanchi dans les travaux guerriers
Que pour voir en un jour flétrir tant de lauriers ?

Je suis le ténébreux, le veuf, l'inconsolé [...]
Publié le 29/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Ainsi l'homme né en 1922 à Brest, artiste, ingénieur (agronome), dont certains prisent et d'autres méprisent la valeur, s'est éteint comme une image, comme une icône, dans un instantané. Alain Robbe-Grillet, comme tous les grands auteurs, a à la fois (pour reprendre la dichotomie de Proust) toujours fait le même livre ET fait un grand livre qui contient toute son oeuvre. Pauvre Marcel, se retournant dans sa tombe comme s'est peut-être retourné dans sa tombe François-René de Châteaubriand lorsqu'il fut évoqué dans l'autobiographie en 3 tomes de l'érotomane sadique Robbe-Grillet (dans un désordre ordonné, Angélique ou l'enchantement, Les Derniers jours de Corinthe, Le Miroir qui revient). Mais avec Robbe-Grillet, les catégories deviennent fausses, les étiquettes volent et on peut y trouver d'éternelles sources d'étonnement, d'émerveillement, d'énervement, de réflexion.

De toutes les oeuvres magnifiques d'Alain Robbe-Grillet, s'il fallait n'en retenir qu'une ce serait : La Maison de Rendez-Vous et La Jalousie pour les romans et L'Homme qui ment pour les films. Toutes ces oeuvres, toutes ses oeuvres, mettent en scène un vaudeville incroyable, où les rôles de la femme, du mari et de l'amant sont tenus respectivement par l'écriture, le temps et l'image.

Mon premier contact avec son écriture fut la rencontre du décompte des rangs de bananiers dans la Jalousie : si vous passez outre cette expérience avec intérêt et plaisir, il est probable que vous restiez attaché aux écrits du bonhomme. Dans le froid et la sécheresse de Dans le labyrinthe, j'ai continué à participer à la construction de son oeuvre (souvenez-vous, "l'aventure d'une écriture"). Découvrant le "Documentaire sur une statue" de Resnais qu'on appelle affectueusement ADAM (L'Année Dernière A Marienbad) j'ai compris que le dénommé Alain Robbe-Grillet aurait une place dans ma bibliothèque aussi importante que celle de Jean-Marie-Gustave Le Clézio, dans un rayon totalement différent (quoiqu'en cherchant bien... j'en ferai peut-être un commentaire à l'occasion).

Vieux buffonnien, je reste partagé sur la période dite "érotique" de Robbe-Grillet : quand on pense que "le style c'est l'homme", on pense aussi que l'écriture n'est pas le fait de répandre sa nature mais sa culture, non sa passion mais son action, non sa personnalité mais sa personne. On est un peu trop près d'Alain et trop loin de Robbe-Grillet. Pourtant je dois admettre qu'à l'origine de cete période on trouve des pépites, comme le balayeur de La Maison de rendez-vous poussant dans le caniveau le journal illustré d'une photo dans laquelle se déroulaient les scènes précédentes, ou Jean-Louis Trintignant, héros soit mythomane soit créateur de L'Homme qui ment, racontant off une histoire qui ne colle pas avec les images en train de se générer dans nos yeux.

Comme toutes les vieilles Morgan, l'auteur a de très bonnes Reprises et dans un geste très symbolique il a livré l'autobiographie d'un romancier qu'on avait précocement et hâtivement attaché à la théorie structuraliste de la "mort de l'auteur" (Roland Barthes, lui-même moins assassin quand il parla de Sade, Fourier, Loyola). Intitulée par jeu Romanesques, elle dévoile à ceux qui en doutaient encore que son travail romanesque se fondait sur les siècles passés du roman, y compris le plus immatérialiste.

Bref pour faire court, à mes yeux lui ne l'était pas, mais son oeuvre est... Immortelle (titre de son premier film personnel et de son second ciné-roman, forme très intéressante qu'il convient de distinguer du scénario car...).
Publié le 22/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
L'exposition Keith Haring du Musée d'Art Contemporain de Lyon a été inaugurée cette semaine; il faut y aller, comme on ne pouvait manquer, il y a deux ans, l'exposition Andy Warhol. Le musée Paul Dini à Saint-Etienne est peut-être plus grand, le musée de Grenoble mieux scénarisé, mais le "MOCA" est vraiment un chouette musée. Et Keith Haring a, au minimum, un talent énorme. S'il a du génie ? Je crois aussi, mais disons qu'on a encore trop peu de recul pour en juger.



Je ferai un article nécrologique plus développé pour un autre drôle de zozo mort, formidable re-créateur : Alain Robbe-Grillet. J'ai passé un an à côtoyer ses oeuvres, et c'est toujours un plaisir de faire une "Reprise" de la lecture...
Publié le 15/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Dans la masse des oeuvres photographiques ayant pour thème les héros sportifs de nos temps, les mythes vivants des vertes pelouses ou des rouges couloirs, je suis tombé en arrêt devant cette oeuvre qu'on aurait dite inspirée à la fois de Poussin et de Ludwig Von Beethoven.

(c) 2006 - Reuters - Jerry Lampen

Le geste suspendu et dramatique, les couleurs éclatantes, le côté souterrain de la lente prise de conscience de l'erreur fatidique, c'est du grand art. Cela me fait penser à l'humour mais aussi à l'intelligence d'une publicité de 1993 pour la marque Nike, faisant de Charles Barkley un Barkley de Séville s'époumonnant car il a tué l'arbitre par un geste malencontreux...
(la vidéo est très mauvaise mais c'est la seule que j'ai trouvée)







Difficile de ne pas évoquer également : HA HA HA HA HAaa le rire le plus célèbre de la chanson française, qui s'est éteint avant-hier. Y'en a qui vont rigoler là-haut, et rêver aussi de voyages ensoleillés. Je ne serais pas surpris de surprendre le bien nommé Henri Salvador en balade sur la mer salée avec Corto Maltese, sous les lignes d'un Bernard Dimey...
Publié le 08/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Préface: Ces jeunes, à peine ils ont une journée un peu chargée, et ils repoussent au lendemain leur rédaction d'article de blog. Moi de mon temps, l'article de blog... on l'écrivait au jour le jour, et on se tenait à un minimum de rigueur et de ponctualité, tonnerre !

Rires et chansons. Oui, je sais, ça peut faire un choc de commencer un commentaire de critique artisitque par le nom de cette radio. Et pourtant, attendez, vous n'avez pas toute la suite du développement. Une radio qui passe Jean-Marie Bigard, Jean-Yves Lafesse et Rihanna ne peut pas avoir de lien avec l'art, c'est pas possible...

Au détour d'une écoute de cette radio, Rires et chansons, j'ai saisi au vol l'expression "des artistes". Je ne sais plus s'ils étaient jeunes et plein de talent, ou sur scène, ou venus d'autres pays francophones, peu importe. Je me suis dit, "artistes"? Ne colle-t-on pas un peu vite l'étiquette d'artiste à des animateurs de spectacle, à des présentateurs talentueux de leurs textes ou de ceux des autres ? La preuve que ce n'est pas si évident, Arthur n'aurait je l'espère jamais osé se lancer dans une carrière de showman s'il s'était agit de devenir au sens plein un artiste. Qu'on imagine un instant Christian Morin se lancer dans des concerts de clarinette... oups il l'a fait, pardon pour la musique.

Je désespérais de donner raison à ces commentateurs du rire et des rieurs, quand tout à coup j'ai repensé à l'expression "salut l'artiste", qu'on envoie volontiers quand un Coluche, un Le Luron, un Kakou, un Desproges ou un (merveilleux!) Devos nous quitte pour des salles de spectacle plus aériennes. En matière de rire aussi, il y a des génies qui nous poussent, nous malmènent, nous invitent à revenir sans cesse au plaisir des textes, des voix, des postures nouveaux à chaque reprise. On est loin de la blague Carambar qui s'épuise une fois connue.

Le mime qui constate que ne rien faire, "ça peut se dire, mais ça peut pas se faire", les minutes nécessaires, le scribe qui sourit à la vie, le "vous êtes juif" de madame Sarfati, le cinéma raconté par Jamel, entre beaucoup d'autres, me semblent vraiment mériter du titre de prestation artistique (Note du traducteur : c'est quoi cette tournure moisie, mériter de ?).

Rien que deux, pour prouver qu'on peut faire rire et participer à la construction d'un art : Jean Baptiste dit Poquelin mais aussi Molière, toujours très incisif (pfiou, c'est pas donné à tout le monde, le talent, apparemment). Et Devos, ni Emmanuelle, ni Guy qui de toute façon s'appelle Bedos, mais Raymond le lunaire et splendide saltimbanque.

Publié le 01/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Un titre plus long que ce message lui-même, quasiment.

Le spoiler est peu aimé. Et pourtant, quelle plus belle épreuve, pour un roman ou pour un film, que de résister au fait d'être vidé de tout effet de surprise?
Usual Suspects, par exemple, se laisse très bien voir une seconde fois, même si on sait qui est Kaiser Sözey. Les Diaboliques possède à ce sujet un "anti-spoiler" (précurseur, car on ne parlait alors que de "déflorer le plaisir du spectateur") d'autant plus ridicule que Paul Meurisse, Simone Signoret et dans une moindre mesure Véra Clouzot jouent très bien ce jeu des trahisons et dissimulations.

Reconsulter une oeuvre, c'est s'approcher sans doute un peu plus de sa richesse à long terme, de son art et non de son artisanat.
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