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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 06/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
La vision de clips récents m'a pas mal interrogé. En particulier, ce qui est revenu avant tout c'est : - Pourquoi Sh'ym secoue-t-elle sa tête avec ses bras avant de tourner sa paume autour du crâne en disant "Oh non ! Désolé mais je ne veux plus de toi..." (ou un truc comme ça) ? - Pourquoi Alicia Keys se dandine-t-elle de gauche à droite en chantant "No one, No Oooone..." à son piano, sous la pluie ?
Et puis j'ai commencé à faire du lien, et quand on fait du lien à propos d'un produit culturel, c'est qu'on s'approche de l'oeuvre d'art. Pas pour Sh'ym, sauf avec la Techtonic - mais c'est en matière de recherche d'info ce qu'on appelle un lien mort -. Voyant Alicia Keys jouant du piano debout, j'ai repensé à Ray Charles, à Fats Domino. Eux aussi se dandinaient au piano. Gilbert Montagné aussi, mais là on ne boxe pas tout à fait dans la même catégorie que ces soulmen. Le rythme est plus fort que le corps, il le tire et le pousse, il provoque des mouvements incontrôlés chez l'artiste. Et de fait, les paroles de notre dame Alicia sont simplistes, mais d'une part elle a besoin de son piano ou de son synthé pour dire plus, pour dire mieux. Et d'autre part la résonance particulière des notes, des rythmes et des paroles en elle font une sorte de catharsis, elle est habitée par la musique qui se répand au-dehors, sous la pluie qui lave.
Et j'ai continué mes liens, en me remémorant ces gestes typiques des chanteuses et chanteurs, musiciennes et musiciens, qui signifient bien plus que les chorégraphies calibrées et stupides de la plupart des chansons de l'air du temps. Par exemple, j'avais noté dans son clip J'traîne des pieds et dans ses performances en public qu'Olivia Ruiz, savoureuse femme chocolat, portait une main au-dessus de sa tête et claquait des doigts de l'autre, levée à hauteur du ventre. Les personnes à l'aise avec les représentations de l'espace auront sans doute fait le lien avec la posture du flamenco, telle que la voici représentée : Flamenco (c) Renaud Pacalin, 2003 (www.noche.fr)
Mais ce qui me semblait intéressant, c'est la volonté d'Olivia Ruiz de produire des postures mécaniques, lentes, semblables à celles d'une ballerine de boîte à musique qu'on aurait trouvé au fond d'une malle dans le grenier des grands-parents... Je suis presque certain qu'elle est habitée par cette double image, cette impression de cire et cette énergie de danse, et qu'elle l'exprime à demi gestes dans ses spectacles.
La liste des rapprochements que j'ai depuis effectués serait longue, mais le temps me manque pour parler des gestes aristocratiques de dégoût des Fall Out Boys, les notes poussées vers le ciel de Freddy Mercury, la tête de Slash baissée et masquée, penchée sur sa guitare, le chanteur de Linkin Park à demi plié pour crier plus fort, les gestes d'auto-protection de Gwen Stefani ou Christina Aguilera avec les bras qui entourent le torse, etc. Tout n'est pas très profond, mais tout a un sens pour les artistes, souvent par-delà leur conscience.
Publié le 29/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Le mariage de la carpe et du lapin peut engendrer, quoi qu'en dise la fable, de fort belles choses assurément. Ainsi la politique, science de la décision d'intérêt général, qui s'associe à la culture, art d'intérêts agrégés, cela donne ce domaine étrange et passionnant qu'est la politique culturelle.
Malheureusement, il semblerait (d'après un article de Lyon Capitale n°641, journal partial mais journal tout de même) que le budget national des aides allouées aux acteurs de la culture soient réduits de façon importante (plus ou moins 5%). Certes, j'en ai reçu des témoignages éloquents, les DRACs n'avaient pas toujours la politique la plus pérenne pour le secteur en subventionnant des actions à gros risque artistique, nombreuses sur un secteur trop étroit de l'offre culturelle, et à déficit financier assuré. Mais cette réduction drastique est dramatique lorsqu'on mesure chaque jour l'impossibilité actuelle d'une transition violente d'une économie du soutien d'état (CNC, CNL, CFC, DRAC, statut d'intermittent du spectacle, etc.) à une économie du mécénat privé (Arnault, Pinaut, Renaud... ah non, pas Renaud).
Comme le soulignait Philippe Faure (directeur du théâtre de la Croix-Rousse), cette démarche relève du désengagement de l'état. Dans la logique de libéralisation propre aux proches de Nicolas Sarkozy, c'est cohérent, et pour une fois je ne rappellerai pas les milliards évaporés dans les comptes et les actifs financiers à l'occasion du paquet fiscal de la mi-2007. Parce que ce n'est pas contradictoire, au contraire c'est dans la droite ligne de ce paquet fiscal. Simplement je n'en suis pas plus favorable, toujours pour les mêmes raisons: la redistribution des richesses mais aussi, concernant l'action culturelle, des connaissances (savoirs, savoir-faire, savoir-être) est un préalable absolu à une vie harmonieuse en société. Est-ce une bonne redistribution des moyens d'enrichissement intellectuel? La concentration des loisirs culturels, déjà sensible et problématique dans une ville moyenne bien lotie par son environnement départemental et régional, devient dramatique dans les zones où le lien social s'effiloche.
Loin de moi l'idée de faire un service public de l'art, que refuseraient de toute façon tous les artistes. Mais la LOLF n'a pas empêché de poursuivre des investissement intelligents, et la régulation économique de la culture ne doit pas se faire par la disparition de l'industrie culturelle ! Plus important encore, je crois qu'il faut que vive la politique culturelle d'une ville, d'un département, d'une région ou d'un pays : on a peut-être eu tendance à ne pas assez prendre en compte l'aspect politique (et économique) dans la culture, ce n'est pas une raison pour refuser de prendre en compte la culture, les cultures d'un pays dans la politique.
Publié le 22/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Un groupe qui commence à percer, dans le genre tzigano-rigolo, avec de très belles compositons de Vincent Salvi, des instruments à coeur : Maltosh !
Ce nom a une petite histoire, que je raconterai à l'occasion. Mais en parlant d'occasion, si vous les voyez en concert, en CD, voire en vinyle (vous seriez très très fort alors), ne les ratez pas c'est une expérience géniale.
Et ce n'est pas parce que je suis un ami que je ne peux pas avoir un regard critique : c'est de plus en plus varié, l'expérience du compositeur vient, ils ont des textes à garder pour les lire dans les bons et les mauvais moments... C'est un groupe remarquable, où l'esprit souffle en continu malgré les quelques recompositions.
Si vous ne les trouvez pas chez vos vendeurs habituels, vous pouvez prendre une dose régulière et salvatrice sur http://www.myspace.com/maltosh.
Publié le 15/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Une phrase, très courte, pour dire combien les grêves nous font ressentir ou nous rappellent le manque de culture dans nos banlieues, communes périurbaines et autres grandes couronnes : les lieux du spectacle vivant, eux, sont restés dans les métropoles ! Aie aie aie, j'ai mal à mon amour du théâtre...
Publié le 08/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
L'art de l'action, c'est celui de publier, après des affres, un album affriolant et affreux. L'action est artistique, même si l'objet ne l'est pas. Je décris par là la sortie récente de Blackout de Britney Spears, contre ou pour qui je n'ai rien de particulier je tiens à le préciser. Incidemment j'ai appris que Libération, connu pour ses positions culturelles tranchées, avait publié un article flatteur pour la sortie de cet album. La structure de l'article en question , "Britney, soupirs tentants", me semble très révélatrice de la mention de responsabilité qui devrait être pris en compte plus souvent dans la critique de la critique : la vie (2/3), l'oeuvre considérée (1/3).
Depuis la polémique Sainte-Beuve contre Proust, on a peu à peu compris que l'art est dans le livre (ce qui relève in fine de l'oeuvre) et dans l'acte de l'écriture du livre (ce qui relève au fond de la personnalité, réelle ou phantasmée, de l'auteur). La musique est un art de l'interprétation, ce qui ajoute encore à l'intrication de l'oeuvre avec l'action du créateur de l'oeuvre. Britney est une oeuvre d'art, si son album ne l'est pas. Ou plus exactement, la sortie d'un album mi infernal mi salvateur est un acte fortement artistique même si sur le plan musical ce n'est pas auss inventif que du Schönberg ou du Boulez.
C'est une des raisons qui d'après moi, justifiaient l'étrange Palme d'Or cannoise attribuée à Farenheit 9/11 de Michael Moore. La palme n'est pas attribuée au produit filmique non-fictif, mais à l'action, je devrais dire à la geste de la démarche de l'auteur, aussi artistique (porteuse de significations plaisantes à acquérir et toujours renouvelées) que "jouée" avec sincérité.
Publié le 03/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Ces derniers jours je suis pris d'une attention étonnante, venant de ma part, pour les petites chansons qui sonnent un peu creux, ces tubes qui tournent et s'arrètent aussi vite qu'ils sont venus. Cela a un peu commencé avec Koxie et son sympathique Garçon; ça a continué avec Rihanna et son Don't stop the music au refrain glissant (excellent sample de Michaël Jackson), puis de plus en plus bas il y a eu le slamant Appelez moi Kenza de Kenza Farrah (jolie alternance de l'aigu et du grave)...
Il y a peut-être le besoin de comprendre le monde tel qu'il change, car au fond beaucoup de choses traversent les musiques les populaires, sur les civilisations qui se croisent, sur l'avenir qui s'interroge et se construit, sur le cynisme de nos cultures (Guetta, Daft Punk et Bob Sinclar). Et après tout, avant d'être des classiques de RTL 2 et EUROPE 2 les chansons de Police et REM étaient des tubes.
Publié le 25/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Si je devais amener 6 sensations sur une île déserte, j'emporterais dans mon bagage...
- La lumière d'un tableau de Caravage, par exemple la Conversion de Saint Paul deuxième version
- L'odeur du bitume chauffé par le soleil d'été et rendu humide par une pluie du soir
- Le souffle chaud oscillant de la canicule tapant sur les herbes sèches
- Le goût de l'eau salée quand on passe la tête sous les vagues en méditerranée, par exemple à Punta Alla (Toscane)
- Le bruit de tremblement des tôles qui enveloppaient le bâtiment du logement de mon enfance, lorsque le vent soufflait
- L'impatience du coup d'envoi d'une coupe du monde de football où la France peut jouer un rôle (c'était pour le 6ème sens, pas toujours bien maîtrisé, comme en 2002 par exemple
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