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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 20/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
La "rupture" prônée par d'importants dirigeants actuels ne s'est pas produite exactement comme beaucoup s'y attendaient, mais elle ne s'est pas vraiment produite, exactement comme beaucoup s'y attendaient (que la langue française est souple !). L'actuel gouvernement suit en effet les lignes fortes des gouvernement chiraquiens, y compris dans des petits détails qui mériteraient vraiment d'être abandonnés. C'est sans doute une façon de rassurer à l'intérieur de l'UMP ceux que les discours d'ouverture, de table rase, de remise à zéro des compteurs effrayaient au plus haut point.

Je relaie une information "hors mode", qui n'éveilla pas et n'éveille pas l'attention des médias et des foules, mais qui mérite d'être, si je puis dire, dénoncée. Il y est en effet question de rémunération des dénonciations. A ceux qui s'en f$£#@tent comme de l'an quarante, je leur rappellerai amicalement l'an quarante...

Le masque de "l'homme neuf" est utilisé depuis des lustres, depuis l'antiquité et même sans doute depuis la préhistoire; mais lorsqu'il se fissure, comme c'est parfois le cas (pour Dominique Perben à Lyon par exemple), l'hypo-crisie y devient méprisante, et un peu méprisable.

Merci à Corinne Arquillière pour cet éclairage, qui m'économise aussi un long message sur la situation sociale forcément rendondant de quelques autre posts de la blogosphère.
Publié le 13/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Le net, le web, le réseau des réseaux, c'est le far west de la vie publique, on le devine depuis plusieurs mois déjà. La dimension participative de la politique a entraîné les courants dans la dimension 2.0, comme le soulignait le dernier hors-série de Courrier international.

Mais parmi les nouveaux outils offerts aux nouveaux politiciens grâce aux nouvelles technologies, les vieux blogs commencent à sentir le rance : ce serait une faute de goût d'aller à la pêche aux internautes avec un viel hameçon rouillé "je poste mes propositions d'actions municipales - vous les commentez". Le buzz vulgaire (par opposition au buzz "hype" qui a toujours plusieurs mois d'avance) fait de Facebook le nouveau fer de lance de la promotion des actions politiques.

L'élément qui le détermine le plus est à mon avis (partagé avec l'excellent blog NetPolitique) la présence de causes, de groupes, d'événements. Non seulement les personnalités politiques communiquent sur leur action politique (peu) mais elles font aussi des actions politiques en direct: miltier contre la résidence surveillée de Benazzir Butho, demander un soutien plus efficace de la recherche en France, etc. Avec l'opportunité offerte à tous ceux qui se sentent concernés de se joindre à l'action, on a un moyen de revivifier l'engagement politique tout en démarchant de façon directe auprès des électeurs potentiels.

Ce n'est pas suffisant dans la vraie vie pour rattraper une situation trop défavorable (Ron Paul par exemple, bien que très actif parmi les candidats républicains, ne passera sans doute pas l'étape de l'investiture). Mais lorsque les scrutins serrés jouent sur les effets papillon (comme une présidentielle à la française, ou l'issue du vote dans les "swing states" aux Etats-Unis), tout effet d'entraînement peut avoir des conséquences sur le résultat final. Les perspectives d'utilisation actuelles ou futures sont nombreuses, et on peut trouver ici un descriptif fort synthétique.

Une critique explicite toutefois : beaucoup reprochent à Nicolas Sarkozy de dire qu'il fait pour faire croire qu'il fait ce qu'il dit (merci en particulier à Judith Bernard sur @si). mais c'est justement l'un des traits caractéristiques de "l'action politique" telle qu'elle se montre sur Facebook. Un effort de concrétisation ne serait pas superflu, car l'esprit ne peut pas faire tout oublier du corps, hélas...
Publié le 06/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Je souris en paraphrasant la célèbre formule, le slogan des Sartriens séculiers, "l'existence précède l'essence". Mais de façon générale je trouve que les raisons de sourire sont trop maigres pour faire un billet doux. Il tourne à l'aigre aussi vite qu'Allègre tourne au vinaigre qui attrape des mouches.

La pèche à la mouche est justement l'un des sports pratiqués par l'Alexandre de Neuilly sur scène, le perpétuel candidat bruneau. Réunir les compétences par-delà les étiquettes était sans doute une des meilleures idées de campagne de François Bayrou; réunir les étiquettes par-delà les compétences fut sans doute une des idées les plus destructrices du mandat de Nicolas Sarkozy. En utilisant à ses fins et non aux fins de l'état les énergies de Kouchner, Borloo (en tant que radical valoisien, non ex-RPR), Fadela Amara, Jean-Marie Bockel, il a pris le risque téméraire de se mettre à dos ses partisans comme ses opposants, les passionnés de l'action politique concrète comme les passionarios des photos de famille dans les magazines people qui espèrent que le président préside partout.

C'est aussi amer, cette situation où l'on avait le sentiment d'avoir raison, avant qu'on (la vox populi) nous donne tort, puis qu'in fine, et les vaincus et les vainqueurs en viennent au constat d'échec du pari effectué. Je n'ai jamais cru que l'élection de Sicolas Narkozy, si volontaire soit-il, provoquerait un choc de croissance, mais qu'au contraire cela engendrerait des chocs culturels et sociaux superflus (certains ne le sont pas, comme ceux qui doivent nous amener à nous convertir à la croissance durable). Où je reviens à la phrase maximale de l'existentialisme pour rappeler que "l'existence précède le sens" fut un idéal et est un écueil : c'est très bien d'être, d'agir immédiatement et rationnellement en fonction des moyens. C'est mieux, incomparablement mieux d'agir sur la base d'un projet raisonnable, régulé selon des fins.

Autre raison d'être attristé par la situation politique, l'idée répandue par notre toujours très présidant président, selon laquelle "l'essence précède l'existence". C'est à la fois une forme de logique génétique, une négligence dramatique de ce qui différencie l'humain de la somme de ses molécules, et une pierre énorme dans le jardin de tous ceux qui, à droite comme à gauche, pensent que le mérite ne s'hérite pas, ceux qui considèrent que les trois parties de la devise "liberté - égalité - fratenité" ne sont pas exclusives et contradictoires. On pourrait au moins être fraternellement d'accord pour ne pas toucher à l'égalité de tous devant le droit d'user en bien de sa liberté d'invention, de création. A ce propos je rejoins bien des points évoqués par Najat Vallaud-Belkacem sur son blog, dénonçant et déplorant Le Crépuscule de l'humanisme (quel joli titre !).

Enfin, dernière amertume que je souhaitais souligner, le fait que désormais dans nos vies politiques locales "l'essence précède l'existence". Je m'explique, car il y a eu un petit glissement de sens
Moqueur entre les deux paragraphes. En plus c'est ici une formule à double signification... L'essence, c'est l'énergie, ce qui fait tourner le moteur; il faut donc avoir assez d'essence, comme le chantait Souchon, pour faire la route dans l'autre sens, ou pour changer de sens, aller plus haut, plus loin, plus fort... Fichue entropie, l'énergie se dissipe dans notre monde de plomb, et trouver des gens prêt à s'engager pour participer à la vie politique locale est aussi difficile à faire qu'avant 2006, c'est dire ! Quelle occasion ratée, quel rendez-vous manqué de la politique avec ceux qui la vivent, les citoyens !

La formule "l'essence précède l'existence" est triste dans une seconde acception, car l'essence c'est le symbole du panier de la ménagère (mais comment fait-elle pour mettre son litre d'essence dans un caddie ou un panier pleins de trous ?). Le pouvoir d'achat n'augmente pas aussi vite que l'impression qu'il laisse au fond du porte-monnaie des ménages de France. Alors nous oublions que nous existons, par-delà nos besoins immédiats ou supposés. Que notre conscience des personnes et des événements devrait s'élever au-delà de la satisfaction immédiate du besoin brut (mes Ray-Ban, mes vacances sur un yacht, ma victoire sur l'adversaire économique ou sportif). Combien de rappels d'Epicure faudrait-il pour nous vacciner contre cette myopie de l'action "petits bras" ? Ce rappel est sans doute infini, mais on passe d'un infini discret (ponctuellement, un rappel fait du bien) à un infini continu (impossible de garder la tête froide sans être martelé CONTRE l'invasion des biens et des services), hélas.

Et sur les rivages de la pensée grecque on revient à cette idée pas si artificielle que Nicolas Sarkozy est semblable à Alexandre de Macédoine, sorti de la cuisse de Philippe et non Jupiter. Il conquiert, avide tournant à vide. Malgré les mises en gardes de quelques vieux rhéteurs (Démostène Henri Lévy ?) et un appétit évident pour l'introspection auto-évaluante ("J'ai changé" disait Henri Guaino en janvier 2007 comme Philippe II devant la confédération athénienne en -333), il rompt la cohérence de l'hellenisme en donnant l'illusion de le diffuser de par le monde. Lui qui devait sauver le "pays de la raison et de la démocratie" (cette étiquette est historiquement abusive, je le reconnais) contre l'invasion barbare de l'arbitraire n'a réussi qu'à ruiner l'honneur du pouvoir politique et diplomatique hellène au profit de la force armée, vendre la peau de la démocratie et rendre impossible les réformes mesurées qui s'imposaient en Grèce.

Je cesse ce trop long message, sous peine de passer pour un sartrien hellénophile mystique. Mais que de désappointement ! Je badaude ailleurs, en espérant que le Tchad ne masque plus longtemps le Darfour voisin.
Publié le 30/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Afin de ne pas faire exactement comme tous les autres, j'ai commencé à lire le rapport Balladur sur la réforme des institutions par la fin. Voici donc la proposition législative correspondant au conseil numéro 77, suivie de mon commentaire:

Titre XIII ter (nouveau)
Le Conseil du pluralisme

Article 79 (nouveau)
Le Conseil du pluralisme concourt au respect de la liberté d’expression et du pluralisme des courants de pensée et d’opinion dans le domaine de l’information et de la communication audiovisuelles. Il veille également à la qualité des sondages d’opinion publiés et diffusés en rapport direct ou indirect avec les élections politiques, ainsi que, sous réserve des dispositions des articles 58 et 60, à l’équité des campagnes électorales et référendaires organisées à l’échelon national.
Le Conseil du pluralisme rend des avis et prononce des décisions dans les cas et selon les procédures définies par la loi.
Il est consulté sur tout projet de loi, d’ordonnance ou de décret portant sur son domaine de compétence.
Dans le respect de la liberté d’expression, il peut également formuler toute recommandation concernant les autres modes d’information et de communication.

Article 80 (nouveau)
Le Conseil du pluralisme comprend neuf membres, dont le mandat dure six ans et n’est pas renouvelable.
Deux de ses membres, dont le président, sont nommés par le Président de la République, deux par le président de l’Assemblée nationale et deux par le président du Sénat.
En sus des six membres prévus ci-dessus, font partie du Conseil du pluralisme un conseiller d’Etat désigné par le Conseil d’Etat, un conseiller à la Cour de cassation désigné par la Cour de cassation et un conseiller maître à la Cour des comptes désigné par la Cour des comptes.
Les membres du Conseil du pluralisme sont nommés dans les conditions prévues au dernier alinéa de l’article 13.
Le président du Conseil du pluralisme a voix prépondérante en cas de partage.
__________________

Mon avis est le suivant : en soi l'idée de créer une instance garante du pluralisme politique est une bonne chose, en particulier parce que le CSA n'a plus les moyens de ses attributions extensibles et étendues d'année en année (web TV, blogosphère...). Une juste répartition des temps de parole, par exemple, inciterait à penser que puisque le président est de facto le chef de la majorité (quinquennat et inversion du calendrier oblige), il doit limiter ses hyperinterventions au temps alloué pour le gouvernement. Mais la désignation des membres laisse augurer d'une orientation très politique de ces 9 sages : 6 sont en effet désignés par le pouvoir exécutif en place !

D'après moi, afin de garantir un peu mieux l'indépendance d'esprit des membres de l'hypothétique Conseil du pluralisme, il faut que les instances politiques ne soient pas juges et parties dans ces désignations. Et donc la majorité absolue ne doit pas se trouver entre les mains des hommes et femmes politiques, mais dans celle des analystes des médias, via une désignation plus "administrative" (conseil d'état, cour des comptes, parlement européen pourquoi pas).
Publié le 23/10/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Il y a une semaine jour pour jour j'évoquais la situation très critique à la frontière turque. Dans la chronique économique des "Essentielles de l'éco", hier matin, Jean-Jérôme Bertolus évoquait l'irrésistible ascension du coût du pétrole depuis la première guerre du Golfe. J'ai été pris par un vertige mêlant histoire, politique, religion, économie : la guerre du Golfe, Ousama Ben Laden, la croissance américaine fondée sur les NTIC, le sunnisme et le chiisme, les gazoducs russes, la révolution orange, la Tchétchénie, le 11 septembre, les jeux olympiques de Beijing, l'Afrique du Darfour et du Zaïre, Kouchner et Hulot, le Pakistan, Ahmadinedjad, Bush père et fils, le réchauffement climatique, 5 500 milliards de facture, le Grenelle de l'environnement, la Corée du Sud, l'Euro fort, Milton Friedman, le krack asiatique et la bulle internet crevée, le différentiel de fiscalité entre pays, le traité de non-proligération nucléaire, Israël - Palestine, l'EPR, les infirmières bulgares, Cécilia ex-Martin future ex-Sarkozy...

Voilà comment d'un sujet épineux et impossible à détricotter d'une phrase ou d'un paragraphe, le commentateur politique se rabat sur la vie publique de la courageuse Cécilia María Sara Isabel Ciganer-Albéniz
. Le Duel de France 3 était dimanche soir sur la peoplisation de la politique, peut-être est-elle due à la complexité d'asseoir un avis cohérent et stable sur des questions mélangeant sans entrave économie, diplomatie, technologie, sociologie, psychologie, médiologie, chaos mathématique.

Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, Claude Guéant et François Fillon parlent de leurs boires et déboires amoureux.
(Affiche Le Coeur des Hommes) (c) Pierre Javaux et producteurs associés.
Le folklore reprend vite le dessus lorsque les foules ont épuisé leur capacité de peur, d'émotion ou de joie après une Coupe du Monde de Rugby, avant une guerre du Moyen-Orient (où en est le Liban? que se passe-t-il dans les territoires occupés ?) ou la libération d'otages retenus par des terroristes (que reste-il de la volonté de juin de libérer au plus vite Ingrid Betancourt et les prisonniers des FARC ?). Le folklore, en l'occurence, pour la grande majorité des journalistes politiques, puisqu'ils font partie de l'humanité, ce sera les controsions de Nicolas Sarkozy pour paraître aussi invincible qu'avant, tout en gérant l'ombre portée sur son parcours de jeune premier à cause d'une rupture qu'il n'a pas maîtrisée.

C'est ainsi mais je le regrette amèrement, non pas que je m'attriste de voir le chef de l'Etat pris à son propre jeu de surmédiatisation, mais je crains que ce sujet de non-politique masque les vrais problèmes et les vraies réussites apparus pendant ce temps dans le monde. Le cafard du chef de l'état non, mais la Paix laissée en carafe par Ankara oui ! La nomination de Bernard Laporte au secrétariat d'état aux sports, qu'en faire ? Les irrégularités financières de la holding Nanard Laporte ou du syndicat des entreprises métallurgiques, ce sont des sujets d'importance.
Publié le 17/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Erratum : suite à un mauvais recoupement de mes sources j'ai dans un premier temps dirigé la menace militaire turque contre l'Iran, alors qu'il s'agissait de l'Irak évidemment. La personne qui m'a induit en erreur, bien malgré elle, rôtit chez Hadès pour une petite dizaine de minutes, avant un passage obligé par l'enfer de glace de Dante.

Plutôt que de supprimer le message, je l'ai dupliqué pour faire à la fois de l'uchronie au présent (
Perplexe) et un commentaire simple sur un fait avéré mais peu surprenant.

Version 1 : L'intox

Une info d'apparence mineure mais aux implications à la fois complexes et graves : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière iranienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Iran étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans le traité de non-prolifération nucléaire...

Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement :
- à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance
- à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national

Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Iran bien sûr, des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez Mahmoud Ahmadinedjad), et de l'Union Européenne, si le Kurdistan irakien, la Syrie et Israël ne mettent pas également leur grain de sel. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression étonnamment conjuguée de l'Iran et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" collatérale entre les deux rivaux, fort bienvenue).

N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à amener grâce à cette crise potentielle le gouvernement d'Ankara dans sa sphère de relations privilégiées ? Je ne le crois pas, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir.

J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Turquie / Kurdistan; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin d'un front supplémentaire.

Version 1 : L'info

Une info d'apparence mineure mais aux implications sévères : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière irakienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Irak étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans les relations entre l'OTAN (dont font partie Turquie et Etats-Unis) et pays à forte population musulmane...

Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement :
- à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance
- à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national

Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Irak bien sûr, aussi bien du côté des sunnites au centre-ouest que des chiites au sud et à l'est, les kurdes au nord est étant évidemment concernés directement. Il sera attendu une réaction des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez le voisin iranien), et pour de toutes autres raisons de l'Union Européenne. Si le Kurdistan irakien concerne aussi la Syrie, c'est parce que la présence d'une force pro-américaine au nord, à l'est, à l'ouest a rendu sa situation très délicate. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression conjuguée de l'Union européenne et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" renouvelée entre les deux piliers démocratiques de l'ONU, fort bienvenue).

N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à tirer seule les marrons du feu, par l'envoi de troupes européennes par exemple ? Je ne le crois pas cela matériellement ou stratégiquement possible, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir dans cette région (cruciale pour l'influence internationale dans les dernières années de l'ère pétrolière).

J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin du retour d'un front supplémentaire, oublié mais endémique, opposant le PKK (parti des travailleurs kurdes) à Ankara.
Publié le 14/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Les réunions publiques vécues "en vrai" on toujours une saveur particulière, et nous en apprennent toujours beaucoup sur ce qui englobe les discours politiques formatés par les médias de masse. C'est pourquoi, dès que je peux assister à une telle réunion, j'en fait le compte-rendu aussi subjectif et amusé que possible.

Lors de l'inauguration d'un nouveau bâtiment universitaire, se sont retrouvés sur la tribune:
- à ma gauche, Jean-Paul Bret maire de Villeurbanne, associé au représentant (socialiste) du Grand Lyon (communauté de communes) et au représentant (socialiste) de la région Rhône-Alpes,
- et à ma droite, Bernard Saint Girons, directeur général de l'enseignement supérieur, et Anne-Marie B. directrice de l'établissement rénové.

Mises à part les formalités et congratulations d'usage, il y eut quelques échanges feutrés mais vifs entre les collectivités territoriales, majoritairement liées à l'opposition parlementaire actuelle, et les représentants de l'état (indifféremment de leur orientation politique, même si tout porte à croire que c'est un gouvernement UMP qui les a nommés). Le problème était une pure broutille, mais une broutille symbolique : les différentes collectivités locales s'étant financièrement beaucoup investies dans le projet, elles n'ont pas apprécié de ne pas apparaître sur les cartons d'invitation envoyés. Le dépliant distribué le jour de l'inauguration rétablissait la coordination entre l'état et ces collectivités territoriales, mais les discours n'ont pas manqué de revenir sur cette anicroche. A titre personnel, je considère que l'affront n'était pas si manifeste; mais les hommes politiques ne l'ont pas entendu de cette oreille-là.

La notion de communication est essentielle pour comprendre cette situation assez risible. L'état communique sur sa capacité à rénover l'enseignement supérieur, la recherche et porte attention à l'urbanisme. Les collectivités territoriales communiquent sur leur activité de contre-pouvoir, d'action parallèle à l'état centralisé afin de s'en démarquer tout en donnant une image d'activité et d'efficacité. Ce que l'état peine à dire (par exemple au travers de ces cartons d'invitation "incomplets"), c'est qu'avec ses seuls finances et avec sa seule capacité de maîtrise d'ouvrage il ne serait pas très efficace. Ce que les collectivités territoriales n'aiment pas admettre, c'est qu'en matière d'établissements universitaires seul l'état est fondé à gérer les agrandissements, les réorientations, les regroupements, les décentralisations (d'où les mutliples rappels, dans les discours des collectivités, du lien "historique" entre l'établissement concerné et la vie locale).

Finalement, il est question de communication, en ce sens que ces chamailleries de détail démontrent la déplorable qualité de la coordination entre les différentes instances de décision, entre les échelons locaux et l'échelon national. L'année 2008 ne permettra pas, à coup sûr, de résoudre ces problèmes et d'améliorer cette image de "panier de crabes". Impossible de généraliser les torts de chacun, car chaque situation est nouvelle et changeante. Mais c'est regrettable, pour eux comme pour nous.
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