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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 17/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Sur certains blogs politiques, parmi les meilleurs, on trouve des intervenants qu'on qualifie communément de "boulets", incapables de faire la distinction entre la parole intime, disons la parole de comptoir, et la parole publique, disons la parole de tribune. Comment réagir sans que ces laids parleurs pourrissent un débat de haute tenue et de grande qualité ?
C'est très délicat. La censure directe est inefficace. L'autocensure est inespérée. Le seul moyen est donc de jouer sur une expression de plus haute valeur... le silence (mais cette plus haute valeur n'est pas toujours partagée par les interlocuteurs incriminés... l'échec guette donc).
Contre le vent du boulet, mettons lui un vent !
Publié le 10/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Langage et politique, quel programme ! Si on prend le menu, cela s'articule comme cela:
Le dialogue entre les pro-Thibétains modérés du Dalaï Lama et les autorités chinoises, voilà le principal enjeu des tractations au sommet à propos des jeux olympiques de Pékin. La liberté de parole pour certains dissidents et opposants, voilà la principale revendication à court terme pour les pompiers de la flamme olympique. L'absence de concertation entre Chinois et Français, voilà la raison de l'image politique ridicule et désastreuse donnée par les sbires du comité d'organisation chinois en France, qui éteignent la flamme sous les yeux abasourdis de David Douillet alors que tant d'efforts sont déployés pour la maintenir en vie !
De langage il est aussi question à propos de Nathalie Kosciuzko-Morizet (que j'appelle miss papillon depuis son premier plateau télé après sa nomination au secrétariat d'état à l'écologie, durant lequel ses yeux n'arrêtaient pas de papillonner sous le coup de la pression médiatique et de la responsabilité nouvelle). Avec des mots sans doute sincères et justifiés, elle a fait pousser des hauts cris, des cris d'orfraie, à une partie de son camp politique. Puis elle a du dire des mots qui ramaient dans l'autre sens, mais le "mal" était fait. Ces mots d'excuse, reçus par un perpétuel "l'incident est clos" (10 à 15 occurrences au minimum dans les commentaires des membres de l'UMP), sonnent en effet assez faux, tout autant que sonnaient assez justes les mots incriminés... L'action politique étant avant tout linguistique, on voit se dessiner régulièrement les roueries de certains et la fraîcheur d'autres, au travers des effets de certaines phrases.
Mais la politique ne peut pas, loin de là, et de moins en moins, se payer uniquement de mots. C'est pourquoi les discours sur les évolutions de la situation d'Ingrid Betancourt dans la forêt des FARC deviennent agaçants lorsqu'on suit avec inquiétude et crainte cette affaire de vie ou de mort. assez de suppositions, il faut des progrès sensibles, au plus vite. Alors on pourra être attentifs à ce qui s'est échangé entre Uribe, Washington, Chavez, les FARC, Sarkozy...
Des mots, rien que des mots, que s'envoient à la figure et de façon attristante, partisans du "réajustement budgétaire" et opposants au "plan de rigueur", citoyens impatients que la situation change et citoyens impatients que le mouvement du changement ne s'infléchisse pas...
La vie politique n'est pas très réjouissante, par exemple, au hasard, pour les titulaires potentiels du RSA; mais lorsqu'on joue avec les mots des discours politiques, comme Bruno Candida (http://brunocandida.com/), on se réconcilie bien vite avec ces gens qui "ont toujours été attachés à une vieille" (sic).
Publié le 03/04/2008
Par fxboffy
Humeur : En colère
La vétille : je me suis laissé dire qu'au cours d'un conseil municipal on pouvait être amené à voter plus de 10 fois, à bulletin secret, avec dépouillement. C'est une grosse perte de temps alors que beaucoup de choses peuvent être faites et décidées dans un laps de temps similaire. Un vote électronique, sur une ou plusieurs bornes adaptées (possiblité de panachage, de modification de noms, de vote partiel) pourrait beaucoup accéler ce genre de procédure, et même moi en PERL je pourrais garantir le parfait anonymat du vote et la satisfaisante certitude de résultat (vivent les tables de hachage et les expressions régulières !)
Le poing d'interrogation, c'est celui que je serre, rageur, en ne sachant pas si la vie humaine d'Ingrid Betancourt sera sauvée. C'est bien une vie humaine qu'il s'agit de sauver, et un espoir global pour le désamorçage patient des guerres civiles marxisme / capitalisme qu'il faut incarner; la vie symbolique d'Ingrid Betancourt, sa représentation ont déjà atteint un rayonnement que l'histoire n'éteindra pas. Mais, une vie humaine !
Publié le 27/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Chose promise, chose due, je reprends ci-dessous un court texte, sans doute trop long, sur les raisons qui peuvent pousser les socialistes à ne pas écarter l'éventualité d'une alliance avec "Le parti de François Bayrou", et sur les motifs qui font penser que le Modem est une "démarche locale" au destin national incertain.
On parle souvent en matière d'alliance socialiste du programme commun avec les communistes. Le contexte historique global est tellement différent... Cela ne veut pas dire que les démarches radicales dans le domaine social, écologique ou économique ne puissent être examinées avec intérêt. Mais l'existence même du modem et de ses demi-frères, Nouveau Centre, gauchistes de droite, etc., est le signe d'une forte diminution des options politiques d'un pays ou d'une collectivité locale. En 30 ans on est passé d'un idéal réalisable à un idéal du réalisme, non seulement dans les partis politiques "centraux" (PS - Modem - UMP) mais dans la majeure partie de la population.
C'est un fonctionnement circulaire que seules des modifications radicales des modes de vie pourraient infléchir : la population souhaite des avancées réalistes et pas des promesses sans effet, les dirigeants tendent à prouver sans cesse le réalisme, l'efficacité de leurs propositions (d'où l'idée d'une politique par la preuve), donc les électeurs s'habituent à des solutions à échelle minimale (presque aux solutions individuelles, au cas par cas), donc les dirigeants qui souhaitent faire bouger les choses doivent montrer leur compétence dans ces solutions à échelle individuelle, occultant souvent l'utopie sous-jacente aux orientations politiques, parce que ça ne ferait pas "sérieux" auprès d'une part croissante de la population, donc etc.
En gros il y a un cercle vicieux qui oblige les idéaux politiques à avancer "masqués" pour espérer commencer à se réaliser. Et plus ils se masquent plus ils sont suspectés d'irréalisme par la part "frileuse" de la population. N'oublions pas que sous Mitterand la "Force" était déjà présentée comme "Tranquille"...
Je formule l'hypothèse que l'art politique n'est pas d'avoir des idéaux, mais d'avoir des idéaux et de les mettre en application: d'où un équilibre toujours renouvelé entre volonté de changement et préparation de ce changement, à droite aussi mais en particulier à gauche où l'on a les idéaux à fleur de peau. La démarche de Ségolène Royal et de François Bayrou (entre autres) est de redonner confiance dans les idéaux en montrant qu'ils restent opérants dans la conduite de la vie publique. Plus encore, l'humanisme, dont une conseillère générale du Rhône nouvellement élue dénonçait l'effacement dans les politiques de droite, implique la proposition par la gauche d'un "autre réalisme". Il se doit de n'être pas moins cohérent mais plus créatif.
Tout ça pour dire, brièvement car la nuit s'avance, que la "trahison" des idées de gauche se fait actuellement autant en refusant d'imaginer la façon de les propager (posture de la gauche de la gauche) qu'en faisant semblant de croire que les idées humanistes de la gauche ont une cohérence si elles sont mélangées aux idées matérialistes de la droite (posture de la gauche convertie au sarkozisme).
Concernant la vie locale, plus brièvement, il apparaît que l'argument de Marielle de Sarnez sur les pouvoirs locaux qui dépassent les étiquettes pour le bien de la collectivité est tout à fait recevable dans les petites communes. Même une petite ville a besoin d'une forme de "tuilage" entre les opposants passés pour que soient assurées la continuité et la qualité du service aux citoyens, après une nouvelle élection.
Toutefois ce qui est vrai sur le plan local n'est pas forcément possible au plan national. Alors qu'on peut, dans des territoires restreints, à taille humaine et presque "familiale", prétendre passer par-dessus tous les clivages même les plus forts le temps d'une action, peut-on réconcilier sur le territoire national un Besançenot et un De Villiers ? C'est pourtant peu ou prou le leitmotiv de François Bayrou, qui se place dans une situation de crise grave ressentie et prononcée, alors que la crise actuelle est silencieuse et encore insensible. La "communauté nationale" n'aurait donc aucun penchant à "serrer les rangs" autour d'un projet ou leader consensuel.
Publié le 20/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Ce très joli titre de Bénabar me sert de prétexte pour reprendre le fil de mes commentaires divers et thématiques. C'est très significatif que ce premier article après plus d'une semaine de silence forcé soit d'ordre politique, car la politique n'est pas étrangère à mon emploi du temps actuellement très consistant.
Significatif aussi, le côté elliptique de ce billet, alors qu'il mériterait des développements longs, pour vous peut-être, pour moi sûrement.
Les surprises électorales sont plus rares que les surprises sportives; mais elles ont beaucoup plus de conséquences sur la vie des administrateurs, évidemment, mais aussi des administrés. La complexité d'une transfert inattendu des connaissances des rouages administratifs est impressionnante, et tend à accréditer certaines thèses du centre orange, sur lequel je reviendrai plus en détail la semaine prochaine.
Publié le 06/03/2008
Par fxboffy
Humeur : En colère
La politique est de plus en plus la manifestation étonnante de la comparaison phare de la Renaissance : l'homme est un microcosme pris dans le macrocosme. Concernant nos vies politiques, on pourrait plutôt dire : nous sommes pris dans ces vies politiques différentes, du microcosme au macrocosme. J'ai toujours aimé, sauf avant de la découvrir, la phrase de Montaigne "nous ne sommes que de lopins [de terre]". Cet homme hautement politique savait avoir autant d'attention à sa ville d'Eyquem qu'aux "cannibales" venus de loin nous montrer la relativité de notre notion de barbarie.
Dans la même semaine, un peu à l'image des motifs tressés la semaine précédente mais non traités, se sont mêlées les histoires politiques, toutes importantes mais plus ou moins graves. Comme par hasard, un hasard que j'estimerai heureux si je suis veule, le moins grave et le plus plaisant me touche personnellement et le plus tragique est loin, loin,... mais présent à mon esprit.
Dans ma commune les échanges entre listes candidates aux municipales sont à fleuret mouchetés, les blessures n'empêchent pas les discussions détendues sur le marché entre opposants et partisans. L'humour, toujours l'humour, fait passer aussi dans le soir d'une réunion de quartier la fatigue et l'incompréhension vers des échanges fatalistes et pourtant pas résignés sur l'équilibre budgétaire des ménages et des collectivités territoriales. Une façon aussi de renvoyer aux citoyens - lobbyistes le côté décalé de leurs demandes (souvenir toujours vif du courageux "Eh bien garde-la ta voix, si c'est du chantage, j'en veux pas" de Vincent Peillon à un électeur purement théorique, dans La Prise de l'Elysée de Serge Moati).
Non loin de là, dans la ville - métropole, les jeux semblent faits au grand dam des deux principaux partis : les futurs perdants, parce qu'il vont perdre, les futurs vainqueurs, parce qu'à vaincre sans péril on triomphe sans gloire, et surtout parce que la peur de la démobilisation fatale est toujours plus présente dans ces situatiosn déséquilibrées. Il en faut de la force de caractère pour les Bertrand Delanoë, Jean-Marc Ayrault, François Rebsamen, Martine Aubry, Gérard Collomb, Michel Destot, Alain Juppé, Fabienne Keller, pour maintenir une pression constante malgré une quasi-assurance de victoire.
Loin de là, au Texas et en Ohio, l'éventuelle première présidente des Etats-Unis a repris un peu du terrain perdu vis-à-vis de l'éventuel premier président noir des Etats-Unis. Les démocrates aux Etats-Unis vont-ils se retrouver dans la situation de la gauche française en 2006-2007, avec des blessures trop récemment ouvertes pour qu'elles cicatrisent à temps pour la "finale" contre les républicains unis derrière McCain ? Les "affaires" (employé de la famille, utilisation d'un véhicule interdit, etc.), presque inévitables à cette échelle d'action, pourront-elles toutes être désamorcées ou dissimulées ?
Mais ce ne sont que vétilles, ces incertitudes qui changent la face du plus puissant des états, comparées à l'urgence de sortir Ingrid Betancourt de la forêt maudite, alors que sa santé est critique, alors que les FARC doivent être sur les dents après la mort de leur numéro 2, alors qu'Uribe (Colombie) et Chavez (Venezuela) jouent les coqs pitoyables pour des questions de préséance dans l'enfer vert et camouflage. S'ils tuent le pacifisme de Gandhi, la popularité d'Eva Pèron, la détermination de Simone Weil et l'empathie d'Harriet Tubman, les larmes seront plus nombreuses que les plants de coca sur les plateaux andins et les puits de pétrole sur l'Orénoque.
Publié le 28/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Politique, politiques...
Habituellement le jeudi je médite sur un aspect de la vie politique française ou internationale. Mais cette semaine plusieurs motifs d'un grand intérêt à mes yeux sont très présents. Et leur égale importance rend le choix de la ligne éditoriale de ce billet impossible à déterminer. Je vous indique, pour information, ce que l'actualité a souligné plus fort encore cette semaine : # l'avance croissante d'Obama et les déboires de la première dame Hillary. # les entêtements fautifs et inquiétants des Turcs, des Palestiniens, des Israéliens... # l'âge comme indiscutable élément de discrimination pour la vie politique : à 25-35 ans à moins d'être un professionnel on a beaucoup de mal à libérer du temps pour l'action politique # l'espoir de retour de la Dame de la Forêt, Ingrid Betancourt grâce à la libération des parlementaires par les FARC. Mais aussi la peur devant leurs témoignages alarmants sur son état de santé.
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