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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 30/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
La politique pour beaucoup en France passe par un tampon de trois lettres, E. N. A. Logique, décider dans une circonscription politique, c'est l'administrer. Ecole Nationale d'Administration, parfois décriée pour son côté élitiste, parfois moquée pour le "moule" dans lequel elle forme ses élèves, parfois aussi, plus rarement, louée pour la qualité d'analyse et la culture générale des énarques.
Ce qu'on ne dit pas encore beaucoup, c'est le prix de cette étiquette. A l'issue de 5 ans d'études assez lourdes, les heureux élus partent pour Strasbourg, belle ville de l'est de la France... qu'ils ne connaîtront pas vraiment au cours des 3 ans de "formation" qui suivront. Les stages longs s'enchaînent, 6 mois en préfectorale, de longs mois en administration centrale, des mois à l'étranger...
Pour des célibataires qui habitent quelque part en France, même à Paris (ils sont encore rares ceux qui n'ont pas d'attache), c'est déjà difficile à vivre, pour des gens en couple, c'est l'enfer. On dira qu'au nom de l'avenir qu'offre l'école, c'est peu de choses.
Parlons-en de l'avenir des énarques. Les carrières de la "botte", oui, c'est les grandes ficelles de l'état. Pas toujours les salaires en rapport avec l'importance de la tâche, mais avoir un rôle dans la société n'a pas de prix. Le bas de la liste à l'issue du long parcours propose des postes pas inintéressants, des horaires honnêtes. La carrière en préfectorale allourdit beaucoup les semaines, sans allourdir la paie.
On reproche souvent aux énarques d'être bien payés. Pourquoi lorsqu'ils ont le choix entre l'ENA et d'autres hauts concours, comme en fonction publique territoriale, ou en fonction publique hospitalière, de plus en plus de lauréats refusent-ils l'ENA? La grande majorité d'entre eux n'atteindrait pas les postes où brillent les ors de la république, tout en sacrifiant des heures inutiles à la beauté de la note adminsitrative. La plupart des étudiants et anciens étudiants de la Très-Grande Ecole, depuis une petite poignée d'années, peuvent ressentir une arnaque à l'énarque.
Publié le 23/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
On me presse de dire mon sentiment sur la métamorphose, car le mot est très adapté, de Ségolène Royal sur la scène du Zénith, il y a maintenant près d'un mois. Mon sentiment sur cet événement populaire (à prendre suivant les dispositions d'esprit comme "apprécié" ou comme "très familier").
Plus que mon sentiment j'aurais envie de donner mon analyse, mais comme toujours en politique l'analyse est déjà la marque d'un sentiment, par son filtre même.
En analysant la prestation de Ségolène Royal du point de vue scénique, comme l'ont fait par exemple Dominique de Villepin ou Jean-François Kahn, je lui reconnais le droit d'utiliser la scène jouée comme moyen d'expression politique, à l'image de ce que proposent les campagnes américaines passées et actuelles. Confere par exemple l'arrivée de Barack Obama en visiteur surprise la veille de son allocution à la convention de Denver. Du point de vue scénique, son dispositif était assez efficace, puisqu'on n'avait pas l'impression d'assister à un discours politique traditionnel (que cette intervention était pourtant totalement).
En analysant ce passage sur le plan du signifié, pas de scandale particulier, du point de vue socialiste. Un discours aux mots parfois très ancrés à gauche ("interdire les licenciements" a notamment été mis en avant, sans qu'on voie bien l'aspect simplement "réglementaire" et non constitutionnel de la proposition). C'est vrai que la méthode de présentation, un peu "spectaculaire", est étiquetée à droite, paraît donc à beaucoup en décalage avec les paroles. C'est une impression, mais la politique nationale se fait surtout sur des impressions.
La tactique qui consiste à prendre ses distances avec les méthodes traditionnelles du PS, gentillement respectables et gentillement mornes marche incontestablement, en témoigne l'engouement des plus jeunes pour ce rassemblement de la fraternité... et les critiques des caciques. La logique est continue avec l'association "Désirs d'avenir", où l'on aime bien le PS pour ses principes, pas tellement pour son côté "gauche caviar". L'incarnation du changement est l'un des piliers de la campagne américaine d'Obama, c'est la carte jouée par le passé et plus nettement encore par le présent de Ségolène Royal.
La France n'est toutefois pas les Etats-Unis, pour qui le changement est l'essence et le moteur. C'est un vieux pays, dans un vieux continent, comme le disait autrefois D. De Villepin. Celui-là même qui derrière une forme de défense renvoie la prestation de Ségolène à une autre culture. La rencontre des cultures demande du temps, donc peut-être qu'avec le temps l'habitude viendra.
Mais pas encore, pas maintenant, à un moment où la stratégie commandait de jouer collectif et serré pour attaquer, en creux, les divisions à l'intérieur des autres motions. Le fait d'être la dernière signataire de la motion E, ou quasiment, lui a sans doute été suffisant pour penser qu'elle serait seule affectée par les critiques et les louanges. C'est une erreur de jugement mineure mais réelle. Mais ne pourrait-on pas dire qu'à vaincre sans se mettre en danger on perd tout panache? Du panache donc, ou de l'audace, comme on dit à Paris.
Publié le 09/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Je suis, je dois l'avouer, impressionné par le passage en quelques mois, pour l'indice CAC 40, de 5000 points à 4000 et sans doute bientôt 3000 points. La finance est malade, et de nombreuses structures (états, instances internationales, groupes bancaires) sont à son chevet. Quelle sera la prescription finalement? Ce qui permet à la bête de renaître de ses cendres ou ce qui en fera un instrument nouveau de valorisation au carré de la compétence et de la qualité?
Ce soutien peu conditionnel des banques et organismes financiers mérite d'être examiné longuement, mais autant il est légitime de vouloir sauvegarder un outil de création de valeur dans un pays, autant l'absoluion pour tous les péchés de gourmandise des établissements semble très dangereuse à long terme. Le sentiment de différents poids, différentes mesures peut prévaloir ici ou là. Deux débats se superposent et se polluent: - Faut-il laisser chuter le marché pour que la "sélection naturelle" pousse les bourses à valoriser les actifs aux fondements solides dans l'économie réelle, ou utiliser l'action étatique pour sortir à court terme de la crise ? - Faut-il remettre d'aplomb l'économie en faisant confiance aux acteurs économiques pour apprendre de cette crise majeure pour ne plus reproduire les mêmes erreurs (partisans d'un simple retour à la situation précédant la crise), ou remettre à plat les règles de fonctionnement de la finance mondiale pour encadrer la vie financière à venir (partisans d'un "nouveau Bretton Woods")?
Au premier débat la réponse la plus courante est que les conséquences économiques d'un abandon complet à la logique de crise seraient contraires à la fois à l'intérêt de tous et à l'intérêt de chacun. Donc, à éviter. La seconde alternative, entre le rétablissement et la remise à plat complète, est plus ou moins l'opposition entre les vues économiques de la droite et celles de la gauche. Mais les deux positions restent sur le plan de la théorie: concrètement, l'existence de précédents fera une sorte de "jurisprudence" internationale. Donc les règles de la finance internationale sont déjà changées. A l'inverse, comment reconstruire toutes les règles de la finance sans une économie qui reparte de zéro conjointement, hypothèse douloureuse pour tous, ramenés à l'âge de pierre et à la guerre du feu? Le changement total des rouages économiques n'est pas accessible aux acteurs économiques qui le souhaitent, et pas souhaité par ceux qui le peuvent.
L'aspect positif de cette lancinante et vertigineuse affaire, c'est de prouver un peu plus qu'il n'est de progrès humain que dans l'organisation des structures et non dans la prolongation de l'état de nature dans la société.
Publié le 25/09/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Le temps manque pour aborder tout ce qui doit l'être (crise financière, campagne américaine, mesures en cours ou à venir en France et en Europe, dépôt des motions socialistes).
Donc question simple, réponse simple: la "peoplisation" des politiques est-elle inévitable? Elle a toujours existé. Les personnages publics issus de la politique sont des personnages publics. Donc oui. Des exemples? Le rôle d'Aspasie dans l'opinion lorsque Périclès était stratège, à Athènes. L'impact de Jeanne d'Arc dans l'opinion de la France en guerre. Les effets des déclarations, réelles ou supposées, de Marie-Antoinette au cours de la Révolution. L'attente de Louis-Napoléon Bonaparte en tant qu' "héritier de". Les remous de l'affaire Boulanger, et de l'affaire Stavisky, et le retraitement des photos montrant Kamenev aux côtés de Staline. Et caetera!
Post scriptum: Je l'admets j'ai été un peu cavalier avec cette pauvre notion de "peoplisation". En soi ce serait plutôt les tentatives des élites pour faire "peuple", le passage des Very Important People aux Very Insignificant People. Cette peoplisation-là est forcément récente, corrélative de la fin de la transcendance du pouvoir. Mais ce que je soulignais, c'est que la dimension terrestre, humaine, des animaux qui nous gouvernent a toujours intrigué, surpris, heurté dès lors qu'elle apparaissait. Et inévitablement elle apparaissait, comme avec ce sang qui coule dans L'Homme qui voulait être roi de Kipling.
Publié le 18/09/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
J'emprunte à Vincent Peillon le titre de son dernier ouvrage pour développer une constatation désolante sur le parti aux roses et aux épines : comme à la Révolution, chaque fois qu'une tête dépasse il faut la couper. Mais il ne reste plus que les épines ! Le PS va-t-il poursuivre le jeu de massacre jusqu'à ce que François Bayrou trouve un bon appart' rue de Solferino ?
Au vu des derniers mouvements de terrain, le vent du boulet est passé, et la machine se remet en marche... Comme quoi une fine interview bien menée et bien placée, celle de Ségolène Royal sur TF1, peut faire de petits miracles.
Publié le 11/09/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
 Le rythme de la politique sénatoriale devient-il frénétique? L'implication croissante des sénateurs, Jean-Pierre Bel, Nicole Bricq, David Assouline au PS, Nicole Brovo au PC, Gérard Larcher, Jean-Pierre Raffarin à l'UMP, est évidente dans la vie politique. Et ce n'est pas lié au scrutin du 21 septembre prochain, qui n'intéresse vraiment que les grands électeurs concernés.
Sénatisation de la vie politique? Non, loin de là, le sénat n'est pas le coeur de la vie politique. Simplement les compétences techniques, l'expérience sont requises à un niveau toujours plus haut pour entretenir cette vie politique. Et les députés, traditionnels fers de lance, sont suppléés par les sénateurs, mais aussi les députés européens, les grands maires, les conseillers régionaux, les conseillers généraux. Surtout dans les partis qui n'ont pas, comme l'UMP, un gros contingent de députés.
Le train des sénateurs n'est pas encore passé, et tant que la constitution ne lui donnera pas de légitimité populaire et / ou d'action directe sur le pouvoir exécutif, il ne passera pas pour une locomotive...
Publié le 04/09/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Dans les débats forcément passionnés qui animent, ont animé et animeront encore quelques temps la mise en place du RSA, je voulais faire quelques remarques générales et particulières.
- Le risque de "trappe à précarité" est réel. On ne devrait pas pouvoir le nier, comme le soulignent des directeurs de recherche de l'EHESS ou jeunes économistes pikettiens. - Mais il faut sans doute préférer une "trappe à précarité" à une "trappe à misère". Le fait d'ouvrir des emplois plus flexibles garantis par la société pourrait rendre les entreprises françaises moins frileuses dans l'embauche. Je note d'ailleurs que ce dispositif est un pas important fait vers la généralisation de la semaine à 32 heures (ici en considérant "normal" un poste à temps non-complet) prônée par Pierre Larrouturou par exemple. Si on considère que le fait de travailler donne un salaire mais aussi un levier d'intégration dans la société, le RSA est donc salutaire pour la cohésion sociale. - Le symbole de la mesure sociale portée par Martin Hirsch et Nicolas Sarkozy est forcément mis en regard, par la gauche, avec le coût budgétaire supérieur des mesures inefficaces de la loi TEPA, d'une part, et l'application du bouclier fiscal contre le prélèvement des 1.1% sur les revenus du capital... Au point de devenir symbole d'iniquité ? L'assiette de taxation était problématique dans les limbes de la mesure, elle reste symbolique et risque d'annuler les effets positifs attendus, en matière de cohésion sociale. - Enfin la question de l'expérimentation nécessaire de tout dispositif social semble à la fois évidente et facultative. Bien sûr que ce n'est pas en faisant des calculs et des recoupements d'études qu'on va faire apparaître les failles du système, les émergences néfastes et éventuellement les feed-backs positifs. C'est en analysant les comportements réels des acteurs sociaux et économiques. Toutefois rien n'empêche de lancer une mesure qui semble bonne, et de l'ajuster finement par un dispositif tel que décrit dans la célébrissime LOLF, mais en mieux (avec une gestion plus intelligente des critères de réussite).
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