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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 23/10/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Il y a une semaine jour pour jour j'évoquais la situation très critique à la frontière turque. Dans la chronique économique des "Essentielles de l'éco", hier matin, Jean-Jérôme Bertolus évoquait l'irrésistible ascension du coût du pétrole depuis la première guerre du Golfe. J'ai été pris par un vertige mêlant histoire, politique, religion, économie : la guerre du Golfe, Ousama Ben Laden, la croissance américaine fondée sur les NTIC, le sunnisme et le chiisme, les gazoducs russes, la révolution orange, la Tchétchénie, le 11 septembre, les jeux olympiques de Beijing, l'Afrique du Darfour et du Zaïre, Kouchner et Hulot, le Pakistan, Ahmadinedjad, Bush père et fils, le réchauffement climatique, 5 500 milliards de facture, le Grenelle de l'environnement, la Corée du Sud, l'Euro fort, Milton Friedman, le krack asiatique et la bulle internet crevée, le différentiel de fiscalité entre pays, le traité de non-proligération nucléaire, Israël - Palestine, l'EPR, les infirmières bulgares, Cécilia ex-Martin future ex-Sarkozy...
Voilà comment d'un sujet épineux et impossible à détricotter d'une phrase ou d'un paragraphe, le commentateur politique se rabat sur la vie publique de la courageuse Cécilia María Sara Isabel Ciganer-Albéniz. Le Duel de France 3 était dimanche soir sur la peoplisation de la politique, peut-être est-elle due à la complexité d'asseoir un avis cohérent et stable sur des questions mélangeant sans entrave économie, diplomatie, technologie, sociologie, psychologie, médiologie, chaos mathématique.
Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, Claude Guéant et François Fillon parlent de leurs boires et déboires amoureux. (Affiche Le Coeur des Hommes) (c) Pierre Javaux et producteurs associés.
Le folklore reprend vite le dessus lorsque les foules ont épuisé leur capacité de peur, d'émotion ou de joie après une Coupe du Monde de Rugby, avant une guerre du Moyen-Orient (où en est le Liban? que se passe-t-il dans les territoires occupés ?) ou la libération d'otages retenus par des terroristes (que reste-il de la volonté de juin de libérer au plus vite Ingrid Betancourt et les prisonniers des FARC ?). Le folklore, en l'occurence, pour la grande majorité des journalistes politiques, puisqu'ils font partie de l'humanité, ce sera les controsions de Nicolas Sarkozy pour paraître aussi invincible qu'avant, tout en gérant l'ombre portée sur son parcours de jeune premier à cause d'une rupture qu'il n'a pas maîtrisée.
C'est ainsi mais je le regrette amèrement, non pas que je m'attriste de voir le chef de l'Etat pris à son propre jeu de surmédiatisation, mais je crains que ce sujet de non-politique masque les vrais problèmes et les vraies réussites apparus pendant ce temps dans le monde. Le cafard du chef de l'état non, mais la Paix laissée en carafe par Ankara oui ! La nomination de Bernard Laporte au secrétariat d'état aux sports, qu'en faire ? Les irrégularités financières de la holding Nanard Laporte ou du syndicat des entreprises métallurgiques, ce sont des sujets d'importance.
Publié le 17/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Erratum : suite à un mauvais recoupement de mes sources j'ai dans un premier temps dirigé la menace militaire turque contre l'Iran, alors qu'il s'agissait de l'Irak évidemment. La personne qui m'a induit en erreur, bien malgré elle, rôtit chez Hadès pour une petite dizaine de minutes, avant un passage obligé par l'enfer de glace de Dante.
Plutôt que de supprimer le message, je l'ai dupliqué pour faire à la fois de l'uchronie au présent ( ) et un commentaire simple sur un fait avéré mais peu surprenant.
Version 1 : L'intox
Une info d'apparence mineure mais aux implications à la fois complexes et graves : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière iranienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Iran étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans le traité de non-prolifération nucléaire...
Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement : - à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance - à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national
Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Iran bien sûr, des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez Mahmoud Ahmadinedjad), et de l'Union Européenne, si le Kurdistan irakien, la Syrie et Israël ne mettent pas également leur grain de sel. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression étonnamment conjuguée de l'Iran et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" collatérale entre les deux rivaux, fort bienvenue).
N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à amener grâce à cette crise potentielle le gouvernement d'Ankara dans sa sphère de relations privilégiées ? Je ne le crois pas, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir.
J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Turquie / Kurdistan; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin d'un front supplémentaire.
Version 1 : L'info Une info d'apparence mineure mais aux implications sévères : la Turquie a rassemblé des troupes à la frontière irakienne pour "traiter" la question des territoires kurdes. L'Irak étant un pays très stable et peu belliqueux, tout va bien dans les relations entre l'OTAN (dont font partie Turquie et Etats-Unis) et pays à forte population musulmane...
Quand j'ai entendu ce fait je l'ai analysé ainsi : le gouvernement d'Ankara réagit doublement : - à la menace de reconnaissance du génocide arménien par le congrès américain, qui pousse l'allié turc à rappeler son importance - à la tension interne entre laïcs et partis islamiques, que certains ont intérêt à dévier en cristalisant le sentiment national
Les réactions les plus intéressantes seront celles de l'Irak bien sûr, aussi bien du côté des sunnites au centre-ouest que des chiites au sud et à l'est, les kurdes au nord est étant évidemment concernés directement. Il sera attendu une réaction des Etats-Unis également, mais aussi de la Russie (Poutine étant justement en visite chez le voisin iranien), et pour de toutes autres raisons de l'Union Européenne. Si le Kurdistan irakien concerne aussi la Syrie, c'est parce que la présence d'une force pro-américaine au nord, à l'est, à l'ouest a rendu sa situation très délicate. Le règlement pacifique de cette histoire inquiétante pourrait se faire soit par le retrait du projet de reconnaissance du génocide arménien, soit par une pression conjuguée de l'Union européenne et des Etats-Unis (avec un risque de radicalisation de la posture turque mais une "entente" renouvelée entre les deux piliers démocratiques de l'ONU, fort bienvenue).
N'oublions pas que parallèlement, les pays de l'Europe de l'est et la Turquie ont fait les premiers pas pour échapper à la domination russe liée aux sources d'énergie fossile. La Turquie est militairement plus liée à Washington qu'à Bruxelles. L'Union Européenne aurait-elle alors intérêt à tirer seule les marrons du feu, par l'envoi de troupes européennes par exemple ? Je ne le crois pas cela matériellement ou stratégiquement possible, même s'il s'agirait d'une occasion unique, car les deux poids lourds Russie et Etats-Unis ne se laisseraient pas ainsi affaiblir dans cette région (cruciale pour l'influence internationale dans les dernières années de l'ère pétrolière).
J'espère que toutes ces élucubrations seront bientôt caduques, parce que dans le cas contraire, il faudrait se préparer au pire. La zone, traversée de failles (Liban / Syrie; Israël / Palestine; Iran / Irak; Sunnites / Chiites; pays possesseurs de la bombe atomiques / puissances émergeantes; économie légale / cartels de la drogue; laïcité / intégrismes religieux...), n'a pas besoin du retour d'un front supplémentaire, oublié mais endémique, opposant le PKK (parti des travailleurs kurdes) à Ankara.
Publié le 14/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Les réunions publiques vécues "en vrai" on toujours une saveur particulière, et nous en apprennent toujours beaucoup sur ce qui englobe les discours politiques formatés par les médias de masse. C'est pourquoi, dès que je peux assister à une telle réunion, j'en fait le compte-rendu aussi subjectif et amusé que possible.
Lors de l'inauguration d'un nouveau bâtiment universitaire, se sont retrouvés sur la tribune: - à ma gauche, Jean-Paul Bret maire de Villeurbanne, associé au représentant (socialiste) du Grand Lyon (communauté de communes) et au représentant (socialiste) de la région Rhône-Alpes, - et à ma droite, Bernard Saint Girons, directeur général de l'enseignement supérieur, et Anne-Marie B. directrice de l'établissement rénové.
Mises à part les formalités et congratulations d'usage, il y eut quelques échanges feutrés mais vifs entre les collectivités territoriales, majoritairement liées à l'opposition parlementaire actuelle, et les représentants de l'état (indifféremment de leur orientation politique, même si tout porte à croire que c'est un gouvernement UMP qui les a nommés). Le problème était une pure broutille, mais une broutille symbolique : les différentes collectivités locales s'étant financièrement beaucoup investies dans le projet, elles n'ont pas apprécié de ne pas apparaître sur les cartons d'invitation envoyés. Le dépliant distribué le jour de l'inauguration rétablissait la coordination entre l'état et ces collectivités territoriales, mais les discours n'ont pas manqué de revenir sur cette anicroche. A titre personnel, je considère que l'affront n'était pas si manifeste; mais les hommes politiques ne l'ont pas entendu de cette oreille-là.
La notion de communication est essentielle pour comprendre cette situation assez risible. L'état communique sur sa capacité à rénover l'enseignement supérieur, la recherche et porte attention à l'urbanisme. Les collectivités territoriales communiquent sur leur activité de contre-pouvoir, d'action parallèle à l'état centralisé afin de s'en démarquer tout en donnant une image d'activité et d'efficacité. Ce que l'état peine à dire (par exemple au travers de ces cartons d'invitation "incomplets"), c'est qu'avec ses seuls finances et avec sa seule capacité de maîtrise d'ouvrage il ne serait pas très efficace. Ce que les collectivités territoriales n'aiment pas admettre, c'est qu'en matière d'établissements universitaires seul l'état est fondé à gérer les agrandissements, les réorientations, les regroupements, les décentralisations (d'où les mutliples rappels, dans les discours des collectivités, du lien "historique" entre l'établissement concerné et la vie locale).
Finalement, il est question de communication, en ce sens que ces chamailleries de détail démontrent la déplorable qualité de la coordination entre les différentes instances de décision, entre les échelons locaux et l'échelon national. L'année 2008 ne permettra pas, à coup sûr, de résoudre ces problèmes et d'améliorer cette image de "panier de crabes". Impossible de généraliser les torts de chacun, car chaque situation est nouvelle et changeante. Mais c'est regrettable, pour eux comme pour nous.
Publié le 07/10/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
Ce qui devait arriver commence à poindre le bout du nez : le transfert de notre économie et de notre agriculture vers une économie et une agriculture responsables écologiquement suscite des violents conservatismes. Ces calculs à court terme sont pourtant voués à l'échec, comme le comprennent de plus en plus les décideurs politiques. Il leur manque parfois le courage d'aller contre leur clientèle électorale (céréaliers, industriels agro-alimentaires, entreprises pétrolières, consortiums chimiques voire laboratoires pharmaceutiques), mais on compte sur l'opinion publique et le réflexe de survie de l'espèce pour appuyer les démarches durables.
Une explication bienvenue de Corinne Lepage à ce sujet :
Tout ce qu'on peut et doit espérer de ce Grenelle de l'Environnement (au label volontairement et trompeusement "gauchisant", le débat sur l'avenir de la biosphère n'étant en soi ni de gauche ni de droite), quelles que soient ses affinités électorales, c'est de garder à l'esprit que l'efficacité économique n'a d'avenir que dans le cadre de l'efficacité écologique.
Publié le 07/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Epluchant mes archives politiques je ne résiste pas au plaisir de réécrire mon commentaire fait à la suite du débat de la dernière présidentielle. Rétrospectivement, ce que je croyais être un affrontement politique et humain était surtout un extraordinaire moment sociologique. Quel est le statut d'un chef, quelle perception les français ont-ils de la femme et de l'homme, à quoi servent les émotions personnelles et collectives dans les analyses et les décisions politiques, à quoi servent les médias dans une république ? Passionnant !
Je suis trop saisi par l'imminence du choix politique pour ne pas réagir avec empressement au débat splendide qui opposait hier soir (le 2 mai 2007) Ségolène Royal à Nicolas Sarkozy. De la tension dans les mâchoires lors des premières prises de parole, des interruptions tout autant idéologiques que tactiques, une kyrielle de chiffres tantôt exacts tantôt erronés destinés à montrer la compétence technique de toute façon élevée des deux candidats, des piques incessantes, des affrontements de posture, des lapsus, des mots qui se heurtent, de l'émotion... quel grand débat !
Je ne tire pas de conséquence générale sur les forces en présence, car comme le disent certains le résultat de ce débat sera plus net dimanche soir... Mais à titre personnel, voici ce que je retiens.
- Les journalistes, PPDA et Arlette Chabot, ont été écrasés par ces combattants politiques exceptionnels : le timing qu'ils avaient prévu a été réduit en miette, et j'ai beaucoup aimé leurs mines déconfites lorsqu'ils comprenaient la difficulté de leur mission régulatrice.
- Un lapsus qui m'a fait éclater de rire de la part de Nicolas Sarkozy: à Ségolène Royal qui l'attaquait sur la légitimité du bouclier fiscal à 60 %, il a dit "ce que je veux faire [...] c'est pire" (sous entendu, ce n'est pas illégitime, et nous ferons mieux) !
- J'ai été scandalisé par les fautes de français de la part des deux protagoniste, et dans le même temps je suis résigné à voir la France présidée par une personne grammaticalement incorrecte...
- Il paraît que Nicolas Sarkozy arrive très bien à affirmer des choses fausses et les faire passer pour vrai. Sur ce plan, il a montré l'étendue de son talent, et Ségolène Royal (que je soutiens activement, vous le devinez) n'a rien à lui envier. J'hurlais lorsque Sarkozy prétendait que l'EPR est un REACTEUR de 4ème Génération, ou trouvait comme un progrès pour l'accueil des enfants de moins de 3 ans de pouvoir traîner l'état en justice (la tarte à la crème du "droit opposable", autrement dit "merci d'avoir inscrit en maternelle mon enfant qui a désormais 8 ans"). Je grommelais quand Ségolène affirmait que toutes les femmes policières devaient être raccompagnées la nuit, que les 35 heures avaient créé 1 million d'emploi, ou que la part du nucléaire dans l'électricité consommée est de 17 % (alors que c'est 78 %, les 17 % correspondant à la part du nucléaire dans l'ENERGIE consommée en France).
- Un grand moment d'hésitation, Ségolène disant "... je vais vous le dire... je vais vous le dire...". Elle peut le dire
!
- J'ai partagé pleinement l'indignation révoltée de Ségolène Royal sur la manoeuvre du président de l'UMP, qui restera comme LE grand moment. Rappel des faits : il est question du service de la petite enfance, que Ségolène souhaite développer. Sarkozy dit en substance qu'il trouve que c'est important d'accueillir les enfants, les enfants handicapés en particulier. Le débat dérive sur le sujet, au grand dam de Ségolène qui y voit une manoeuvre d'évitement. Or elle contre-attaque en soulignant que c'est l'UMP qui a retiré le plan Handiscol (favorisant l'intégration des handicapés par des moyens dédiés). Alors, recréer ce qu'on a détruit, comme la police de proximité par exemple, c'est la marque d'une grande inconséquence politique.
Vivement les résultats, pour se réjouir ou se lamenter !
PS du 07/10/2007 : le résultat étant connu, je vous laisse choisir en fonction de votre avis actuel, qui d'ailleurs peut avoir changé entre-temps...
Publié le 07/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
En plus de mon billet hebdomadaire sur la politique, je me permets de poster une archive datant de la campagne présidentielle. Voici le contexte .En une semaine j’ai assisté à mes deux premiers meetings coup sur coup. Ségolène Royal donc, puis le vendredi François Bayrou . Je connaissais très bien quelqu’un qui se préparait à voter pour lui, moi-même je respectais les dernières positions du chef de l’UDF, malgré mon attachement au mot « gauche » dans « centre-gauche ». Ce que j'écrivais alors, le voici.
Tout en étant plus court que précédemment, je souhaitais faire un petit comparatif. Plus de monde, plus de foule au PS, un côté plus familial à l’UDF. Une candidate sérieuse, solennelle et incisive dans une grande salle comble. Un candidat tranquille, studieux et narrateur expert dans une salle moyenne assez remplie. Une raison passionnée. Une passion raisonnable. Un rassemblement des courants. Un rassemblement des sympathisants.
Pour moi, en l’état, il n’y a pas de fossé qui sépare irrémédiablement ces deux candidatures, mais je voulais ici me faire le relais d’une remarque très fine de Christophe Barbier (gloire à cet analyste génial en de multiples occasions !). Si François Bayrou devient président, c'est-à-dire s’il passe au second tour, lors des législatives il risque d’être minoritaire dans sa majorité UDF-PS-Divers Droite, le ramenant à une sorte de cohabitation, où le programme porté par Ségolène Royal s’appliquera en partie alors que les électeurs lui auraient signifié son désaccord le 22 avril !
A l’inverse, si François Bayrou appuie la victoire de Ségolène Royal, ses propositions les plus importantes (2 emplois sans charges pour les PME, introduction rapide de proportionnalité dans les législatives, etc.) auraient toutes les chances d’être appliquées par une majorité PS-UDF.
D’une certaine façon, en n’anticipant pas sur son programme (« je me présente en 2002, je fais un score à deux chiffres en 2007 et je gagne en 2012 »), il aurait de grandes chances de bénéficier de l’alternance pour prendre vraiment le pouvoir… si toutefois le projet de Ségolène n’obtenait pas le succès attendu et espéré à gauche.
Quoi qu’il en soit, ce chassé-croisé cordial n’est qu’une partie du problème, la plus grosse incertitude résidant dans le comportement et le self-contrôle du troisième larron républicain, Nicolas ! Je ne parle même pas, bien que je l’envisage avec l’inquiétude la plus vive, d’un Jean-Marie Le Pen au second tour, tremplin idéal pour lancer sa fille Marine sur des rails en acier…
Publié le 30/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
C'est amusant de revoir ma candeur d'il y a quelques mois sur le plan politique... Alors que je me retrouve de plus en plus en situation de "partir", "d'y aller" comme on dit dans dans le jargon politique, je mesure le chemin emprunté depuis la dernière campagne présidentielle. En revanche, je suis toujours étonné par le côté "mauvais élèves qui discutent" des personnalités politiques. C'est peut-être mon côté "bon élève qui écoute". J'enrichis avec quelques photographies prises sur le fait. NB : Cet article a été publié pour la première fois le 20/04/2007.
Il y a une semaine exactement, j’assistais à mon premier meeting politique. Evidemment, c’était à celui de Ségolène Royal , contexte oblige. J’y ai compris pourquoi, à mon grand étonnement, de nombreux hommes et femmes politiques conversent durant les interventions des autres, au lieu d’écouter religieusement leur parole afin d’en tirer le meilleur parti. Tout simplement parce qu’ils connaissent déjà pas mal la « musique » qui y est jouée. Moi-même durant ce meeting, je n’ai écouté le discours de Madame Royal que de temps à autres, comme lorsqu’elle a abordé le thème du Darfour par exemple. J’étais bien plus intéressé par ce qui se passait là devant mes yeux, et qui n’est quasiment jamais montré (sauf dans quelques excellents reportages récents, ainsi celui de la campagne interne sur Canal+) : les coulisses de la vie politique. J’insiste sur le terme de « vie » politique, au sens d’organisme vivant, avec ses organes, ses régulations, ses systèmes en équilibre perpétuel.  Il y a d’abord le service d’ordre, je devrais dire le service d’ordre juste, car il prépare le terrain, s’impose fermement mais sans vouloir casser les rêves des militants en furie. Il y a la furie des militants, joyeuse et bon enfant, mais très instinctive. Des frémissements traversaient la foule lorsqu’une rumeur d’arrivée prochaine de la candidate aux présidentielles partait d’un coin de la salle. L’objet d’attente est retardé, alors on siffle des gens au demeurant fort respectables (Moscovici, serein, Peillon, flamboyant, etc.). Puis elle arrive, et c’est l’extase presque béate. Elle est leader, elle fend la foule et prend sa place, tout en haut tout en blanc.  Moi pendant ce temps je capture quelques images bousculées, je cherche des yeux le bras droit Monsieur Mennucci . Car il y a tous les autres, ballet incroyable de personnes imposantes noyées dans la masse et sous la candidate. Forni, président de région à l’égal de Ségolène ? Chevènement , Empereur de Belfort, co-fondateur du PS, candidat en 2002 et de nombreuses fois ministre ? Moscovici , député européen, légat de Dominique Strauss-Kahn, ministre rompu aux questions européennes ? Rebsamen et Fousseret , maires de capitales régionales mais aux rôles cruellement dissemblables (l’un directeur de campagne, l’autre hôte d’un meeting régional) ? Claude Bartolone , incarnation du courant fabiusien ? Peillon , jumeau brillant de Montebourg et futur poids lourd du parti ? Paulette Guinchard , très respectable secrétaire fédérale chargée de dossiers pointus par le conseil national du PS ? Ils n’existent plus aux yeux des fans de Ségolène. Je l’avoue, j’étais moi aussi venu pour l’approcher, pour avoir pourquoi pas une dédicace de son livre Maintenant. Mais finalement, à cette signature obtenue avec force opiniâtreté (ne croyez jamais un responsable de la sécurité qui vous dit que derrière lui il n’y qu’une salle de presse et que Ségolène Royal n’est plus là), je préfère presque l’annotation de Vincent Peillon, l’intérêt faussement vif de Bartolone pour la veste du même Peillon, la discussion à 4 avec Pierre Moscovici, un jeune du quartier dubitatif et une mère de famille enflammée (à propos du temps en Franche-Comté, du rôle de Dominique Strauss-Kahn dans la campagne et de la réaction des femmes à la candidature de Ségolène) ou encore les allées et venues incessantes des attachées de presse entre la zone mixte et la salle de presse.  C’est la vie politique. Et cela n’empêche pas d’être attentif au rôle crucial d’une sélectivité des aides publiques aux entreprises pour la relance de l’emploi dans les PME innovantes, et d’imaginer le menu choisi par Ségolène R. et son fils Thomas H. à l’excellent restaurant Le Champagney (traiteur de mon mariage, c’est un gage de qualité ).
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