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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 23/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
  C'est une chaîne très confidentielle, ce sont deux chaînes très confidentielles devrais-je dire, mais elles méritent des détours nombreux. Parce que rarement la parole politique a autant la possiblité de s'exprimer amplement, rarement les discussions sur la chose publique sont aussi poussées et pointues.
On trouve également un très bon magazine de sciences, un solide magazine de BD, et une étonnante émission littéraire menée par Jean-Pierre Elkabach, semblable à lui-même c'est à dire poussant faussement les interlocuteurs à l'audace du verbe, et Monique Canto-Sperber (oui, la directrice de l'ENS Fontenay !), silencieuse comme une intellectuelle devant des babillages médiatico-universitaires. La rédemption de Bruno Mazure ne passera peut-être pas directement par son émission Impertinence, mais cette émission a le mérite des questions qui grattent, comme par exemple un très bon "faut-il désigner les députés par tirage au sort?" avec un Etienne Chouard remonté et un constitutionnaliste pas démonté.
Ces deux chaînes dont le budget est sujet à critique proposent des programmes peu critiquables, parce qu'ils ont pour mission de diffuser l'information citoyenne au plus grand nombre, et pour peu qu'on s'attarde sur le canal on en sort souvent enrichi, mieux informé et plus décidé à participer à la vie publique.
Avis personnel  : si les téléspectateurs suivaient plus souvent les émissions proposées par ces chaînes, les élections de 2007 auraient sans doute eu des résultats un peu différents...
Publié le 21/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
C'est un nouveau proverbe qui semble s'appliquer à la recherche scientifique depuis plus d'un siècle, mais qui prendrait tout son sens en ce moment. Il est en effet beaucoup question des lobbies agricoles dans la gestion de la question des OGM, ces lobbies qui semblent aussi bornés que les arracheurs de plants de recherche. Il risque d'être beau le Grenelle de l'environnement, avec des discussions à l'emporte-pièce, avec toujours une arrière pensée politicienne ou économique derrière la tête des débattants...
J'en profite pour diffuser la virulente et néanmoins pertinente analyse d'un scientifique, C. Vélot, à propos des missions de la science et de ses applications.
Publié le 16/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
L'article précédent (sur les slogans) ayant été rédigé avant que ne naisse la levée de boucliers contre le test d'ADN pour le regroupement familial, je suis invité par le ministre de l'immigration et de la pureté nationale... pardon, de l'identité nationale (je ne vois pas ce qui me fait faire ce genre de lapsus ) à réagir.
J'aime beaucoup le film Bienvenue à Gattaca, pas seulement pour la musique sublime de Miles Nyman, ou pour la géniale palette de couleurs utilisée par l'équipe de réalisation. Il y a aussi une intéressante réflexion sur ce qu'on est quand on naît et ce qu'on peut être au mérite.
Mosaïque d'images tirées de Gattaca
La question est aussi au coeur du débat sur le test ADN d'entrée en France, à propos duquel Axel Kahn livrait ce matin même sur France Info une analyse claire et intelligente. Dans Gattaca, on ne prend pas en compte l'affect et l'acquis pour déterminer une personne : un "parfait" ne peut pas faire du mal, un "invalide génétique" ne peut pas faire les choses bien. En France, et c'est tout à l'honneur de ce pays, on pense qu'une personne peut dignement élever un enfant, l'aimer et lui permettre de faire des choses utiles à la société même s'il n'est pas génétiquement son enfant (cf. les familles d'accueil, la reconnaissance d'enfants "bâtards", les adoptions dont celle de Jade, vous savez, la fille de Johnny et Laeticia Halliday, l'ami du président qui est l'ami de Brice Hortefeux).
Donc à Gattaca, chaque personne est prisonnière de sa cellule (biologique et non familiale), mais pas en France.
Jerome (Ethan Hawke) et Irene (Uma Thurman) prisonniers de leurs gênes
Axel Kahn soulignait le manque de cohérence d'une loi qui interdit à ceux qui ont "vocation à résider en France" d'avoir les mêmes droits humains que les autres français. "Ca se fait ailleurs" peut-on entendre en guise de défense de ce projet de loi. A Gattaca, oui, ça se fait; dans l'Allemagne nazie, cela se serait sans doute fait; les dictatures nationalistes de tout poil procéderaient sans doute de même. Mais un pays qui réclame le droit au mérite individuel, qui prône la liberté de chacun à participer activement et individuellement au bonheur du pays, qui met en avant l'immigration choisie, qui se rêve les Etats Unis de la Beauce, du sillon rhodanien et de Sophia Antipolis, ne peut pas accepter de gâcher ainsi des énergies et des synergies familiales potentielles.
Après la validation des acquis, la France va-t-elle essayer la validation de l'inné ?
A la fin de Bienvenue à Gattaca, la volonté humaine triomphe des déterminismes injustes parce qu'ils sont injustes (le technicien de vérification d'identité laisse passer "l'invalide" parce que lui aussi est victime de ce système inique, les gênes humains ne garantissant jamais l'adaptation des individus). Dans le monde entier, y compris en France, les êtres humains évoluent, ils sont en cours d'adaptation à leur environnement toujours changeant. Chaque hôtel de tourisme est un hôtel des invalides, handicapés de la langue ou de la culture ou des sentiments ou mental ou physique. Canguilhem notait d'ailleurs avec raison que le normal et le pathologique sont des notions relatives l'une à l'autre, sans passage clair de l'un à l'autre. Chaque résidence du troisième âge, chaque école, chaque centre d'hébergement recueille des êtres sans doute moins utiles à la population active française ou européenne que des immigrés en quête de travail déqualifié, et pourtant ils sont recueillis, et il n'y a rien de plus normal.
C'est sans doute parce que tout homme n'est pas qu'un "individu", c'est aussi une personne prise dans un échange permanent avec autrui (en linguistique, "je", "tu" et "il/elle" n'existent qu'en rapport les uns avec les autres). Il a donc besoin de ses parents et grands-parents, de ses enfants. Il a donc besoin d'aider les autres en sachant que ces services pourraient lui être rendus en cas de problème personnel. Il a donc besoin qu'on lui donne la chance de changer pour faire mieux, pour lui comme pour les autres, par-delà les déterminismes génétiques.
 On ne naît pas homme, on le devient
Tout ceci peut sembler loin de la question très simple du caractère biologique ou non de la filiation des immigrés, mais les implications de cette question sont graves et amènent à comprendre le caractère inefficace de ce projet de loi, vérifier dans le cadre d'un regroupement familial que les enfants d'un immigré sont bien ses enfants biologiques. Si ce projet passe, ce sera la victoire des gagas et ce sera la cata. Bienvenue à Gagacata.
Publié le 16/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La politique a toujours été un combat des slogans, comme les bannières s'affrontaient sur les champs de bataille au Moyen-Age. Ce sont en effet des symboles qui frappent, des armes verbales pour renverser l'adversaire et imposer son leadership. Le nom même de certains partis est un slogan : "Debout la République" dit Nicolas Dupont-Aignan, érigeons un "Front National" s'exclame Le Pen, faisons une répartition "socialiste" des richesses disent les socialistes, prenons le "Parti des Travailleurs" proclamaient Gluckstein ou Schivardi.
Parmi les phrases ou expressions échangées durant la dernière campagne présidentielle, certaines resteront dans l'histoire. Par exemple, chez Ségolène Royal, on retiendra son "Ordre juste" (forcément opposé à un ordre injuste, incarné à ses yeux par Nicolas Sarkozy) et ses variations sur le thème "donnant-donnant // gagnant-gagnant" (pour que cessent les défaites individuelles, les sacrifices des employés sans contrepartie...).
Du côté de Nicolas Sarkozy, le choix de mots ou expressions dures lui a permis d'être à l'offensive perpétuellement. Il est cependant intéressant et instructif de décortiquer ces slogans de campagne. Si on prend par exemple le célèbre "travailler plus pour gagner plus", c'est une publicité hyperbolique sinon mensongère : travailler plus, c'est augmenter la production, mais cela ne garantit pas que la consommation suivra; d'autre part, les salariés souhaitent évidemment gagner plus, il admettent donc le principe de travailler plus (mais combien de temps en plus ? et en fonction des désirs de qui, l'employeur ou les salariés ?) sans mesurer les implications pour leur vie quotidienne et pour les autres membres de la collectivité, qui ne se laisseront pas faire s'il sont lésés.
Une autre formule donne beaucoup de coups quand elle est prononcée par le garant de la doctrine sarkoziste, Brice Hortefeux : "Nous n'avons pas la possibilité d'accueillir tout le monde". C'est très poli (plus que "nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde"), c'est très logique, et pourtant derrière on peut et on doit entendre : "Nous refusons d'accueillir ceux que nous ne souhaitons pas". La question est complexe, mais justement derrière la simplicité et l'apparent bon sens on masque une réalité du cas par cas. Jouer la carte du tout interdit / tout répressif, c'est risquer l'apparition de réseaux clandestins plus nombreux. Par ailleurs, le fait de choisir certains et pas d'autres se fait soit selon des quotas (les premiers arrivés sont servis, au prix d'une injustice évidente) soit selon des critères précis qui ne prennent en compte ni la globalité de la personne ni les évolutions passées et à venir du candidat à l'immigration. Enfin, pour le tourisme nous avons vocation à accueillir tout le monde; quand fait-on un séjour, quand séjourne-t-on dans un pays ?
Le "Ensemble tout devient possible" est une trouvaille remarquable, parce qu'elle prend le contre-pied du principal défaut de politique intérieure de Nicolas Sarkozy, sa propension à casser le "ensemble" pour faire du "nous et eux".
Le temps manque pour analyser tous les slogans échangés dans les médias, qui font beaucoup de mal dans la vie réelle (ou seraient destructeurs en cas de mise en application). Mais les partis de droite n'ont évidemment pas l'apanage des simplifications dramatiques et publicitaires. A l'inverse, parfois la vérité est anti-publicitaire et fait fuir, ce qui est terriblement regrettable dans une démocratie médiatique, censée informer correctement tous les citoyens (je pense par exemple au "Mon programme n'est pas socialiste" de Jospin en 2002, ce qui était rigoureusement exact économiquement mais suicidaire électoralement). Et la vie politique laissera sans doute d'autres occasions d'y revenir.
Publié le 09/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
On fait parfois le lien entre les résultats électoraux aux présidentielles et aux législatives cette année et les résultats à venir aux municipales : continuité de majorité, retour du balancier électoral, etc. ?
Mais de fait, chaque élection est le savant mélange du "paquet personnel" et de l'étiquette accolée aux candidats : quand on apprend suffisamment de choses sur la personnalité, sur les actions passées, sur les projets, sur les idées et sur les collaborateurs d'un ou candidat(e), c'est ce "paquet personnel" qui préside surtout au choix, l'étiquette devenant secondaire. Les présidentielles sont un exemple typique de ce vote que je dirais "en conscience".
Les législatives sont un cocktail étonnant entre la mise en avant d'une étiquette (pour soutenir la majorité, pour la tempérer, pour s'y opposer) et, ponctuellement, la dimension particulière du candidat ou de la candidate. Les dernières législatives ont plus été nationales (à étiquette) que locales, comme le prouvent par exemple les échecs d'Alain Juppé et de Najat Vallaud-Belkacem ou les réussites du Nouveau centre et du benjamin de l'assemblée (Dussopt). A contrario, l'élection d'Arnaud Montebourg par exemple relève plutôt d'une évaluation de son "paquet personnel". Seules les personnalités politiques déjà bien connues et identifiées par les quidams de la rue ont eu un impact, à cause du temps très court entre la campagne présidentielle et la campagne des municipales.
Enfin les municipales à venir donnent plus de temps pour s'intéresser aux personnalités en lice. Certes la situation politique générale française aura un impact, peut-être décisif si les positions sont serrées, mais relativement faible. Le travail du terrain, les marchés, les commerçants, les associations de défense, les inaugurations, voilà ce qui fera les maires et mairesses de la plupart des 36 000 communes. C'est là qu'on comprend que la démocratie athénienne, essentiellement attachée à mettre en valeur le "paquet personnel", ne put fonctionner qu'à l'échelle de la cité. C'est au niveau de cette extension géographique réduite qu'est vraiment palpable la santé de la démocratie, ce sera donc très intéressant de vivre cela pour moi qui n'ai jamais connu d'élection municipale en tant qu'habitant durablement installé.
Publié le 01/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La rentrée politique est marquée par de grandes manoeuvres au PS. Et dès qu'il est question de manoeuvres, il y a de la "perte". J'avoue dans ma candeur n'avoir pas pensé que les deux Fêtes de la Rose, celle de Frangy et celle de Melle, seraient en fait concurrentes : les quadras (Montebourg, Valls) contre les Ségolénistes (Bianco, Najat Vallaub-Belkacem). Très honnêtement, je trouve ces positionnements particulièrement ridicules, tout simplement parce que dans les grandes lignes ces deux courants sont dominants au PS et s'entendraient très bien pour réinventer le hardware social-démocratique.
Suivant d'un oeil un reportage intéressant - et néanmoins simplet - sur les causes de la disparition des grands mammifères du pléistocène (mammouth, lémure géant, paresseux géant, castor géant), je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la disparition des éléphants socialistes. Les facteurs sont multiples (Sarkosaurus rex, changement du climat social, faiblesse de la fécondité intellectuelle, disparition de leur électorat naturel, stress dû aux attaques multiples, concurrence des nouvelles espèces prédatrices, la maladie d'ouverture/affaiblissement, en un mot le "Progrès" au sens positif comme, plus récent, négatif). Mais le constat est là : il n'y a plus de place, et la plupart d'ailleurs en prennent acte (absences nombreuses à l'université de La Rochelle).
Cela, qui arrive au PS comme, dans une moindre mesure, dans les autres partis de gauche, et qui serait arrivé à l'UMP en cas de défaite de Sarkozy aux présidentielles (la chute des Devedjian, Coppé, Gaudin, Juppé, Hortefeux, Bertrand, Bachelot ou Perben n'aurait pas fait de doute), cela donc est ici redoublé par une lamentable forfanterie chez de nombreux "nouveaux visages".
Que les dents de certains rayent le parquet, c'est logique étant donné l'altitude de la mission conférée à une personne qui entend, du moins partiellement, gouverner un pays de 60 millions d'habitants. Il n'y a donc rien de choquant. Mais ce qui me heurte particulièrement en ce moment, c'est la disproportion entre les ambitions et les objectifs. hérisser le poil comme un jeune lion, oui, c'est bien, mais pour quoi, contre qui ? Les quelques mesures fiscales discutables et rejetées par le conseil constitutionnel ? Non, contre d'autres gens de bonne volonté, désireux d'engager des réformes politiques et dans la société, afin de prendre les commandes d'un bateau aux multiples voies d'eau. Franchement, se tuer pour une carcasse, c'est absurde et indécent vis-à-vis de ceux qui pâtissent de l'orientation faussement - friedmanienne du gouvernement actuel.
Dans le domaine, c'est une bonne chose, je trouve, que Ségolène Royal en ait rabattu de sa volonté de "prendre le parti" personnellement : pour son objectif de 2012 elle serait plus avisée d'accompagner la candidature d'un Rebsamen par exemple, plus modeste que le très intéressant Manuel Valls et moins étiqueté "ancien socialisme" que Bertrand Delanoë ou Jean-Marc Ayrault. De toute façon, ce ne sont pas les personnes qui pourront recréer une opposition dynamique et constructive, mais les orientations politiques portées par certaines personnes. Heureux MoDem, qui devrait bénéficier de quelques "conversions" de socialistes déçus à la fois par Kouchner et par les "jeunes lions".
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