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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 01/01/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Bonne année !
Bonne année !

BO-NA-NÈE !
Publié le 26/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Reprenant une réflexion de Gilles Deleuze je commentais l'addiction aux jeux en ces termes : le joueur accro vise toujours l'avant-dernière partie. En ces temps de cadeaux, j'ai envie de rajouter une pierre à l'édifice déjà pesant de nos tristes angoisses du vide.

Les cadeaux, ça va cinq minutes, mais trop de cadeaux tuent les cadeaux. Ainsi lorsqu'on reçoit pléthore (spéciale dédicace à feu madame Adrienne Lidoine), on n'a plus de plaisir à recevoir plus. Pour les économistes, ce serait une forme de gain marginal de plaisir décroissant, qui tend à devenir rapidement négatif. Pour les lecteurs d'histoires pour enfants, c'est le syndrome de Piem la pieuvre qui a bien besoin de se faire manger les jouets par Bali la baleine.

D'une certaine façon, ceux qui offrent des cadeaux redoutent consciemment ce moment, mais ils se disent qu'ils sont encore en-deçà de la saturation : les généreux donateurs cherchent toujours à donner l'avant-dernier cadeaux, et non le dernier, car ainsi ils peuvent continuer à offrir sans "pourrir", sans "gâter". Ils sont d'autant plus enclins à pousser le bouchon plus loin que sous l'effet potlach propre à toutes les sociétés humaines, plus de don implique plus de redevance, et donc plus de pouvoir... C'est peut-être l'un des seuls effets bénéfiques de l'individualisme croissant dans nos sociétés, de se détacher de cette culpabilité de recevoir pour ne plus donner de pouvoir ou d'emprise à ceux qui donnent. Adieu Dickens, adieu paraboles bibliques...
Publié le 19/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Nous jouons volontiers les écolos, surtout après le Pacte écologique, le Grenelle de l'environnement, le GIEC et Al Gore. En soi ce n'est pas condamnable, parce qu'après tout l'idéal et le pragmatisme convergent sur cette affaire : il faut préserver le futur de la planète.

Mais dans la même journée, lorsqu'on se retrouve à recycler papiers, cartons et verres, à choisir des produits alimentaires issus de circuits courts, à prendre un vin chaud sur une terrasse de marché de Noël agglutinés autour d'un réchaud à gaz, à faire le trajet de retour qui nous laisse emprunter 150 kilomètres d'autoroute (plus ou moins 13 litres de Super95), à taper des articles sur son ordinateur pour 2-3 personnes... On se dit qu'on ressemble bien à ces colonies de vacances qui traversent la France en bus pour ramasser quelques ordures sur une plage bretonne, et repartent le coeur plein du sentiment du devoir écologique accompli.

C'est insoutenable, toute cette perpétuelle scrutation de nos propres faits et gestes ! Bon je me moque, mais ça ne m'empêchera pas de continuer à agir en partie correctement : ce serait trop facile de baisser les bras sous des prétextes mineurs.
Publié le 12/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
... ça me met en colère. C'est étonnant comme des personnes, nombreuses au demeurant, frétillent d'aise quand des citoyens lambda s'écharpent et s'étripent. C'est l'effet Fight Club, l'adrénaline du danger pour les autres, je ne sais pas.

Mais moi de façon très générale ces attitudes stupides de combat de coq, ça me désespère de l'humanité. Je ne me considère quand même pas comme un partisan de l'angélisme, je ne vais pas commencer à excuser le terrorisme ou les invasions brutales et illégitimes. Cependant je trouve que l'énorme majorité des problèmes ne doit pas se résoudre par le recours à la force irréfléchie, par la guerre des insultes ou que sais-je encore. D'ailleurs c'est le fait de ne pas excuser le recours à la violence qui me rend si pointilleux sur son usage, quel que soit le camp concerné.

J'ai dit être généralement pacifiste. Et pourtant, un contre-exemple m'interroge au moment où j'écris ces lignes : on ne peut pas dire que le débat du 2 mai 2007 entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ait été particulièrement pacifique. Or j'ai vraiment exulté aux échanges acérés auxquels se sont livrés les deux duelistes. Mais ce genre de violence, enrobée dans beaucoup d'habileté langagière, plongée dans un contexte qui rend l'opposition décisive et sans retour, respectueuse d'une politesse maximale, est-elle encore une violence semblable aux accrochages entre automobilistes ou rixes de comptoir ? Ressemble-t-elle même à cette violence qui me glace, quand j'entends les discours intellectuels racistes présents et passés (de la controverse de Valladolid à l'homme noir prétenduement resté hors de l'histoire en passant par le taux de judaïté mesuré pendant le III° Reich) ?
Publié le 05/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
La distinction entre hommes et femmes, dans l'absolu, m'a toujours procuré un grand sentiment de lassitude et d'inexactitude. Je reconnais d'étonnantes coïncidences, des propriétés uniques à chaque sexe, telles la façon d'enlever un t-shirt, le métabolisme graisseux, le repérage dans l'espace (statique) vs le repérage dans l'action (dynamique). Mais par exemple au célèbre titre Les Hommes viennent de Mars / Les Femmes viennent de Vénus je réponds systématiquement "De la Terre, les hommes vont sur Mars et les femmes vont sur Vénus". Je maudis doublement Vitaa pour son titre Pourquoi les hommes ? (le fond et la forme). Bref mon idée est que la différence entre les sexes est une affaire culturelle et non naturelle. Avec une très longue histoire, certes, mais l'observation d'autres ethnies nous montre que cela reste de l'ordre du culturel.

Mais quand en plus on sous-entend que moi un homme je suis naturellement moins doué qu'une femme pour m'occuper des enfants, je rage en silence. Ne pouvant sauter par-dessus mon ombre, j'ai le manque d'expérience de beaucoup d'hommes européens face à l'organisation des repas, du ménage, du linge, etc. Mais mes progrès récents dans le domaine me confirment à la fois l'impression que toute incapacité masculine dans la gestion d'une maison est contextuelle, et le refus des avis tranchés sur la différence entre "nous les hommes, c'est normal" et "nous les femmes, évidemment".
Publié le 28/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Un manteau, c'est parfois dur à porter. Surtout quand il n'est pas de nous. On a beau se débattre, on ne peut pas y couper c'est la société qui veut cela.

De plus un manteau, au singulier, ça pourrait faire mental.
Publié le 21/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
C'est une situation très fréquente mais qui recèle une grande complexité et beaucoup de joie paradoxale : un enfant apprend à faire quelque chose avec l'un de ses parents. Par exemple, au hasard, jouer aux échecs. Ce n'est plus uniquement une relation de parent à enfant, mais ce n'est pas seulement une relation de maître à élève. On ne peut pas jouer, comme dans un film de sabre ou dans un sketch des guignols de l'info avec De Caunes et Gildas, au vieux maître et à son jeune disciple.

L'enfant cherche sans doute à gagner l'admiration de son parent, et inversement l'adulte cherche à se rassurer sur sa capacité à transposer dans d'autres domaines que la parentalité son expérience, sa prééminence. En plus de ce petit jeu de modèle réciproque, l'apprentissage est évidemment l'occasion d'un tissage de souvenir communs, qui renforce le sentiment de filiation, de proximité.

Mais lorsque l'élève apprend très très vite, quand (toujours par exemple) il profite d'une faiblesse manifeste du maître pour l'égaler ou le dépasser plus vite que prévu, que se passe-t-il? En tant que père, je l'avoue, je me pose des questions : mon fils ne va-t-il pas me trouver bidon d'avoir été mis pat (partie nulle) lors de notre troisième partie seulement, alors que j'étais en avance d'une reine et d'un pion? Serai-je à ses yeux encore son "superpapa"? Dois-je lutter pour continuer à lui enseigner les échecs, comme un père-entraîneur de joueuse de tennis incapable de gagner un échange contre sa fille mais toujours "maître infantilisant" (Williams, Pierce, Bartoli, Rezai, etc.)? Ou comme un monsieur Zidane en foot, un monsieur Federer en tennis, dois-je plutôt laisser tomber la carte scolaire (
Clin d'oeil) pour ne jouer que celle, fragile à l'adolescence, de père ?

Quoi qu'il en soit, je ne serai pas avare de félicitations, au moins la reconnaissance moteur d'action sociale (dont il était question hier matin sur France Inter entre deux points trafic-grèves), je la lui donne de bon coeur.
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