Un manteau, c'est parfois dur à porter. Surtout quand il n'est pas de nous. On a beau se débattre, on ne peut pas y couper c'est la société qui veut cela.
De plus un manteau, au singulier, ça pourrait faire mental.
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Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture. - Et ça dure longtemps ? - C'est chronique. Publié le 28/11/2007
Humeur : Maussade
Un manteau, c'est parfois dur à porter. Surtout quand il n'est pas de nous. On a beau se débattre, on ne peut pas y couper c'est la société qui veut cela.
De plus un manteau, au singulier, ça pourrait faire mental.
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Publié le 21/11/2007
Humeur : Tendre
C'est une situation très fréquente mais qui recèle une grande complexité et beaucoup de joie paradoxale : un enfant apprend à faire quelque chose avec l'un de ses parents. Par exemple, au hasard, jouer aux échecs. Ce n'est plus uniquement une relation de parent à enfant, mais ce n'est pas seulement une relation de maître à élève. On ne peut pas jouer, comme dans un film de sabre ou dans un sketch des guignols de l'info avec De Caunes et Gildas, au vieux maître et à son jeune disciple.
L'enfant cherche sans doute à gagner l'admiration de son parent, et inversement l'adulte cherche à se rassurer sur sa capacité à transposer dans d'autres domaines que la parentalité son expérience, sa prééminence. En plus de ce petit jeu de modèle réciproque, l'apprentissage est évidemment l'occasion d'un tissage de souvenir communs, qui renforce le sentiment de filiation, de proximité. Mais lorsque l'élève apprend très très vite, quand (toujours par exemple) il profite d'une faiblesse manifeste du maître pour l'égaler ou le dépasser plus vite que prévu, que se passe-t-il? En tant que père, je l'avoue, je me pose des questions : mon fils ne va-t-il pas me trouver bidon d'avoir été mis pat (partie nulle) lors de notre troisième partie seulement, alors que j'étais en avance d'une reine et d'un pion? Serai-je à ses yeux encore son "superpapa"? Dois-je lutter pour continuer à lui enseigner les échecs, comme un père-entraîneur de joueuse de tennis incapable de gagner un échange contre sa fille mais toujours "maître infantilisant" (Williams, Pierce, Bartoli, Rezai, etc.)? Ou comme un monsieur Zidane en foot, un monsieur Federer en tennis, dois-je plutôt laisser tomber la carte scolaire ( ) pour ne jouer que celle, fragile à l'adolescence, de père ?Quoi qu'il en soit, je ne serai pas avare de félicitations, au moins la reconnaissance moteur d'action sociale (dont il était question hier matin sur France Inter entre deux points trafic-grèves), je la lui donne de bon coeur. Publié le 14/11/2007
Humeur : Souriante
Je ne veux et ne peux faire les sujets de philo du bac 2008, mais la question de la constitution de l'identité n'est certainement pas qu'une interrogation théorique sans lien avec notre expérience quotidienne : les êtres humains se connectent de plus en plus les uns aux autres par le biais des nouvelles technologies. Parallèlement, les humains ont de moins en moins de contact direct avec leurs prochains (voisins, boulanger, postier, conducteur de bus). Que cela soit un bien ou un mal, cela ne nous regarde pas... ici du moins. Surtout qu'entre nous je suis plutôt favorable à une dématérialisation de l'humanité, ce qui n'est pas franchement bien-pensant.
Mais à propos de ce qui constitue une personne, l'idée du "self-made-man" (ou "self-made-woman") n'est qu'une figure théorique. Personne ne se fait seul, une personne ne se fait pas seule. C'est avant tout dans les échanges langagiers que la personnalité se constitue, et tout le monde en fait l'expérience à un moment ou à un autre : chercher la reconnaissance d'autrui, s'identifier à quelqu'un, lancer des projets collectifs, se retrouver seul face à une difficulté, tout cela nous montre le besoin de se construire dans un tissu social. A la recherche d'un tissu social, nous les humains le reconstruisons dans le cybermonde, au travers de Myspace, de Second Life ou de Facebook. Il ne faut qu'y voir un substitut de la vie de quartier si chère à nos grands-parents. Alors qu'ils faisaient un tour pour acheter un kilo de pommes, nous échangeons nos résultats à un quizz sur le cinéma iranien avec une célébrité inconnue (850 amis, c'est une célébrité, mais Jules Piton, c'est un inconnu). C'est tout aussi chouette. Publié le 07/11/2007
Humeur : Maussade
Bonjour mon ami Facebook,
Depuis que je suis ton ami tu m'as fait connaître plein d'amis, et je t'en remercie chaleureusement. Je ne fais pas encore partie du groupe "Si le nombre de membres du groupe atteind 6 milliards cela signifie que tout le monde en fait partie" ni du groupe "Le groupe de ceux qui veulent faire un groupe". Je n'ai pas envoyé des cadeaux à tous mes contacts, ni comparé mes goûts en matière de films avec des personnalités politiques. Mais je souhaitais te dire, tu ne le répéteras à personne (je te fais confiance comme je fais toujours trop confiance), depuis que j'ai mis le doigt dans l'engrenage de tes services je reçois plus de spam. Ou bien est-ce lorsque j'ai acheté ce magnifique frigo-congélateur pour famille moyenne ? Et je te l'avoue, après l'excitation de devenir l'ami (presque) personnel de David Abiker, la joie de retrouver le contact de Jean-Baptiste Soufron dans un contexte radicalement différent ou l'honneur d'avoir convaincu François Rebsamen (ou son attaché(e) de presse ?) d'adhérer à la cause "Stop global Warming", vient la crainte. Pas la crainte que cela continue à ce rythme, ni la crainte d'une rechute prochaine du soufflé Facebook (comme il serait normal en début 2009 environ). La crainte que parmi toutes les bonnes volontés qui font de Facebook une plateforme d'interactions très agréable, il y ait des petits malins malicieux qui pourrissent la vie de la communauté avec des clubs frauduleux, des amis troyens, des causes perdantes ou des inondations (in)sectaires. C'est inévitable, comme le disait Anakin Skywalker à son fils Luke à la fin du Retour du jedi : "Plus rien ne pourra l'empêcher... maintenant", reprenant en somme l'argument des principales critiques hégeliennes et marxiennes formulées à l'encontre d'Idée d'un histoire universelle du point de vue cosmopolitique de Kant. Sob. So bad. So sad. Saudade. Je suis maussade. Un mot de Sade pour penser ces maux de nantis : "profite ! et vite !". Ami Facebook, je te préviens si tu es trop lourd je te lâche, mais en attendant je te garde et je te demande de m'envoyer toutes les heures de tes nouvelles ainsi que des nouvelles de tous les amis de mes amis. Qu'ils soient amis ou ennemis, peu m'importe tant qu'on est en contact physique par le truchement du virtuel... Publié le 02/11/2007
Humeur : Ironique
Depuis de longues heures déjà je suis en retard pour mettre en ligne mes chroniques numériques, la faute à cette mobilité des corps que ne suis pas toujours la mobilité des connexions au réseau des réseaux. Mais afin de garder à ce fils RSS et à ce blog tout le sérieux qu'il me semble mériter, je soumets donc à l'hébergeur 4 messages pour aujourd'hui et demain. Cela donnera au moins l'illusion d'une régularité louable, tel un Charles-Henri des posts commentant chaque jour dans son salon l'actualité de Paris.
Les jours qui se sont écoulés à la vitesse d'un torrent, je ne les regrette pas car ils ont été porteurs d'aventures. L'aventure d'un déménagement partiel, l'aventure des plannings serrés et des kilomètres avalés, l'aventure d'une panne sèche sur l'autoroute, l'aventure d'un bidon d'essence à 17 euros le litre (en comptant le transport, certes, mais on n'est pas loin du record du monde !). Que nous reste-t-il du temps sinon les souvenirs qui s'y attachent ? Alors autant pour moi que pour vous, il est préférable d'être impressionné par les temps qui courent : nous sommes construits pour la durée, pas pour le temps, nous dirait Bergson sur son tandem avec Einstein ! A ce propos, je dois l'avouer et je devrais mettre cela dans mon CV, j'ai suivi les cours de Gilles Deleuze. A la télévision. Mais quand même, "ancien disciple de Gilles Deleuze", ça a de la classe... Et en toute transparence, j'en prends l'engagement devant vous. Si j'ai entamé ce blog, c'est pour agir, et croyez-moi, rien ni personne ne pourra empêcher cela, car ma détermination à agir est immense. D'ailleurs regardez, n'avez-vous pas l'impression que quelque chose a changé dans ce blog depuis que j'ai décidé de mettre en oeuvre tous les moyens pour que ça change ? Le compte-rendu de cette action, vous l'aurez, car j'entends rendre compte de mes actions devant tous les lecteurs de ce blog. C'est tout de même la moindre des choses que de rendre compte de ce qu'on fait, j'veux dire, à quoi est-ce que je ressemblerais si je promettais d'agir, et que je ne puisse pas prouver que j'ai tenu ma promesse ? Les gens, ils lisent ce blog pour que je leur montre les actions engagées, pour que je leur montre que la confiance qu'il m'ont faite en venant sur ce site, eh bien elle ne sera pas trahie, j'en prends l'engagement devant vous. [et caetera]. Toute ressemblance avec des présidents et ministres existant ou ayant existé serait purement fortuite et involontaire. Si vous souhaitez que je retire les noms de madame Rachida Dati et de monsieur Nicolas Sarkozy, veuillez me le faire savoir (oups je l'ai pas dit). Publié le 24/10/2007
Humeur : Maussade
La polémique sur le fait d'instrumentaliser ou d'institutionnaliser ce texte, je la laisse. Mais je méditais sur le destin littéraire de cette lettre, et quand on laisse de côté les tourments de l'histoire c'est stupéfiant.
Situation d'énonciation : une lettre courageuse, d'adieu d'un adolescent à sa famille. La lettre n'a pas du tout vocation à être diffusée au-delà du cercle familial, d'où les tournures affecteuses un peu "niaises". Un jeune qui résiste, parmi d'autres, et qui écrit une lettre, parmi d'autres. Le contexte de réception est radicalement différent, c'est ce qui en fait la valeur et la faible adéquation. Tout à coup le grand public s'immisce dans l'intimité d'adolescents, des histoires de familles. Tout à coup une nouvelle star apparaît, masque la forêt des résistants, est exhibée contre sa volonté posthume. Il y a des aspects positifs de cette colonisation par l'émotion : faire comprendre de façon intime quels peuvent être les sentiments et le courage des jeunes otages. Mais que cette commémoration forcée sent le rance ! Que cette dramatique absence de recul historique sur l'émotion affleurante est dommageable pour la postérité même des résistants ! Pour moi, cette extorsion d'émotion couverte par un plan marketing géant donne envie de faire des jeux de mots absurdes, pour fuir : Guy Môquet a inventé un tapis de sol, la célèbre môquette. La gentillesse du jeune communiste était si grande que nombre de ses compagnons de cellule s'en môquaient. Publié le 17/10/2007
Humeur : Au secours !
A son corps défendant (et l'expression est doublement justifiée), Sébastien Chabal a été utilisé pour vanter les mérites de l'électricité Poweo. En voici la vidéo :
Une levée de boucliers plus tard, le spot publicitaire était retiré du web. Il faut dire que le soi-disant interrupteur sur lequel Chabal pose les doigts ressemble beaucoup à une prise. La défense de Poweo est à ce sujet ridicule : non seulement un avertissement signale les dangers de l'électricité pour les enfants (donc les images constituent implicitement une mise en danger des enfants), mais de plus le halo électrifié qui entoure le rugbyman de Sale ne laisse aucun doute : le courant débouche là où il pose les doigts ! A titre personnel, je trouve le spot plutôt sympa, si ce n'était la "chute". Je pense simplement à celles et ceux qui ont eu, enfants, un accident avec l'électricité (et j'en connais, qui ont eu la chance de survivre malgré des séquelles à vie). Leur sourire se fane sans doute donc, à l'idée que des enfants souhaitent prendre l'énergie du héros des foules en touchant une prise à 220 volts. _______________________________________ Un petit billet plus doux, par hasard je suis tombé sur le clip Garçon de Koxie. Je ne suis pas fan fan du rap, si l'on exclut Eminem et quelques titres tels que Rock this Way (Run DMC), In da Club (50 cent), Can't touch this (Mc Hammer), Caroline (Mc Solaar) ou Génération nan nan (Diam's). Mais là, je suis sous le charme de la chanson de la dame à la coccinelle (d'où "Koxie"). Le charme de la coccinelle, cela va de soi. Le charme de la dame, c'est surtout lié à ses propos pétillants. Le charme de la chanson passe par sa fraîcheur dans un monde machiste et finalement très infantile, le rap qui roule des mécaniques. Bravo à Koxie (attention, lien très adolescent et insuffisant) et bon vent à elle sur son scooter. |
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