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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 29/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Le titre de l'époque est le suivant :
Du cal en bourre ou de la corne en coton de couche ?

L'article a pris quelques rides, en particulier parce qu'on était juste après l'élection présidentielle de mai dernier.


J’avoue un faible pour les jeux de mots tortueux et réservés à quelques initiés. Les stations de métro, par exemple, qui sont surtout connues par les habitants de la ville concernée, c’est un terrain d’exercice de grande qualité, même si on tire parfois par les cheveux. Une petite histoire introduit le jeu de mots, et ce calembour sert en quelque sort de conclusion, parfois de morale, à cette histoire.


Quelques exemples, à Paris :


« Pendant la période communiste, en URSS, c’était absolument interdit de représenter des symboles religieux en public, c’était passible du goulag, dans les régions loin au nord de la Sibérie. Or un jour un koulak du nom de Sebast dessina sur un mur du Kremlin un disque solaire avec un œil et des rayons, symbole du dieu du soleil chez les Egyptiens. Très logiquement, Ré au mur, Sebast au pôle (Réaumur – Sebastopol). »


« Une jeune femme se faisait très très souvent de multiples fractures ; ses parents s’inquiétaient, et ne comprenaient pas pourquoi en rentrant chez eux le soir ils la trouvaient si souvent avec un bras, une jambe ou une côte brisés. Désespérés, ils appelèrent un médecin italien, avec un fort accent mais très réputé dans son expertise du squelette. Le médecin passa une journée à observer la jeune fille, et constata qu’elle se jetait du haut des escaliers, qu’elle plongeait la tête la première sur le carrelage, etc. A leur retour, les parents demandèrent, affolés : « alors, alors, pourquoi elle a un problème aux os, docteur ? ». Et lui de répondre : « Ma ! c’i pas les os, c’est la tête qui va pas ! » (Massy – Palaiseau). »


Georges Perec et quelques collègues de l’Oulipo ont porté cet art à un haut sommet, avec entre autres les variations sur la chanteuse lyrique Monserra Caballié (je ne suis plus sûr de l’orthographe de son nom). Les références au capitaine Achab ou à Munch sont fines et savoureuses comme des pizzas, mais en plus elles nourrissent la réflexion. M’inspirant de ce modèle, je garde toujours quelques temps de réflexions pour mettre en histoire les noms que je rencontre. Exemples en exclusivité pour la toile :


« Vous connaissez tous l’histoire du Golem, cet être fait de terre évoqué dans l’ancien testament. Mais vous ne savez pas que plusieurs grades existent, du plus faible au plus puissant. Si vous souhaitez faire peur à un chat, invoquez Golem citadin. Pour le déminage d’un champ de 4 hectares, ayez recours à Golem provincial. Enfin pour vous aider à accéder aux plus hautes responsabilités, c’est Golem royal qu’il vous faut ! (Ségolène Royal) »


« Que le futur président désire un peu de repos après cette longue campagne, c’est normal. Qu’un riche homme d’affaire invite depuis de nombreuses années un homme politique à venir sur son yacht, c’est normal également. Mais que la réponse à l’invitation dans un lieu cosy tombe juste à ce moment là, pardon de faire un anglicisme, c’est ce qu’on appelle un « hasard cosy » ! (Sarkozy) »


« Pourquoi le Front National est-il verrouillé par la famille de Jean-Marie ? Tout simplement parce que c’est très difficile de forcer le pêne à s’ouvrir ! (Le Pen ; pour mémoire, le pêne est la partie métallique qui sert à fermer une serrure) »


J’essaierai de présenter, de temps à autre, un ou deux calembours du même genre, voire de relayer ceux qui me seront indiqués par des proches ou des moins proches.
Publié le 22/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Dans le cadre du jeu sur les mots qui me plaît tant, je me suis amusé à combiner l'homophonie coeur / choeur / (Jacques) Coeur / qu'heurts /(ha)cker / (é)coeure avec les expressions qui utilisent ces mots homophones.

Comme dit le proverbe, "hacker vaillant rien d'impossible", donc je me suis lancé dans ce mixage vocal, à vous d'en retirer ce qui vous amuse:
- Franck Michael, de salle en salle, chante en coeur
- Dans la pièce d'Eschyle Les Perses, il y a un choeur qui bat (et flagelle le Grand Roi).
- Charles VII est le roi de Coeur, contrairement à ce qui est écrit sur les cartes à jouer.
- Les rugbymen français étaient 20 coeurs avant d'être vainqueurs face à l'Irlande.
- "Oh l'écoeure", disaient les Lyonnais après l'amère défaite au Camp Nou, alors que d'habitude en coupe d'europe ils s'encourageaient à coups de "hauts les coeurs"...
- Les historiens aimeraient bien avoir le Jacques Coeur à l'ouvrage.
- Un chien qui bave derrière un coryphée, c'est le risque de voir la rage au choeur.
- Dans l'univers du Neuromancien de Gibson, il n'est pas rare de voir une opération hacker ouvert.
- Les chansons des Dix Commandements ont été apprises par choeur par de nombreux fans
- A force de lui donner à manger, l'épouse de Jacques a fini par avoir le Coeur gros.

A suivre...
Publié le 15/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante

S. Chabal (c) L'Equipe

C'est ce que pourrait dire le troisième ligne centre All Black à son vis-à-vis français à la fin du match. Mais que la personne qui partage sa vie se rassure, on ne fait pas ici dans le sentimental, je vous en laisse juge :



Pourquoi c'est assez drôle, cette séquence, et pas seulement effrayant de violence autorisée ? Tout d'abord, le n° 8 néo-zélandais va bien. Ensuite, graphiquement on est plus dans le mécanique (on imagine la silhouette de Chabal s'imprimer sur la pelouse du stade, avec le kiwi collé dans l'empreinte) que dans le vivant. Enfin, un troisième ligne All Black, ce n'est pas un enfant de coeur ou une allumette, c'est une montagne puissante : on imagine donc qu'il faut un autobus lancé à pleine vitesse pour le faire reculer. Il faut Sébastien Chabal.

PS : On en fait des louches sur Chabal, on monte en épingle le personnage qu'il se crée, mais avec l'évolution actuelle du rugby il n'est pas très loin des standards. Seuls sa "gueule" cro-magnonesque et un indice de masse musculaire au-dessus de la normale rendent son jeu médiatiquement attrayant. Pour ne pas faire de saturation médiatique (comme Christophe Dominici l'a fait avant lui), il faudra en particulier qu'il ne reste pas prisonnier toute sa vie de ce personnage du Chabal cannibal.
Publié le 08/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie


Le grand bonhomme est mort depuis trop longtemps déjà, mais son humour me hante encore. Je ne faisais rien, je me suis demandé : "mais qu'est-ce que tu fais ?".

M'est alors revenu en mémoire ce magnifique sketch du danger de voir ce qui n'existe pas : la bouteille qui fait tituber, le risque de rester à tout jamais dans l'imaginaire, et ce splendide passage où Devos raconte avoir joué un mime qui devait ne rien faire. Légèrement angoissant, tutoyant l'absurde, linguistiquement génial, c'est du grand Devos, du Devos tout simplement.

De mémoire d'internet, je restitue le passage du mime, saccadé mais avec un mouvement d'ensemble encore perceptible :

On dit qu’un mime sait tout faire.

C’est faux !
Un mime ne peut tout faire.
Exemple :
Un jour …
Je devais mimer un personnage
Qui n’avait rien à faire …
Eh bien… je n’ai rien pu faire,
Parce que ne rien faire,
Ca peut se dire.
Ca ne peut pas se faire. (…)
Paradoxalement, plus je ne faisais rien
plus les gens, dans la salle, disaient :
“Qu’est-ce qu’il fait ? Mais qu'est-ce qu'il fait ? (…) “


A rappeler aussi, la remarque du directeur du théâtre : "Non seulement je paye un mime pour ne rien faire, et il ne le fait pas, mais en plus il parle !"

Devos, si tu existes (encore), envoie-nous une preuve de ton existence !
Publié le 31/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Terrible et pourtant relevant du vivant et de l'humain, l'humour noir est un piment de mon existence. Quand je vais assez bien, confronté aux drames humains proches et lointains, je ne peux m'empêcher de trouver moyen d'en rire. je m'en cache souvent, parce que cela ne serait pas compris, mais c'est une façon d'explorer l'événement tragique, d'en faire le tour pour essayer de le comprendre.

Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul à rire de l'horreur portée à son paroxisme inhumain : en discutant avec mon épouse et une amie, nous évoquions le fait que de nombreuses personnes, même en France, se doutaient que les convois de déportés juifs n'étaient pas dirigés vers des lieux enchanteurs. Un des grands-pères, habitant vers une gare importante, racontait ainsi que tout cela était fort louche... "ça sentait le roussi" commente notre amie. Je n'ai pu m'empêcher de faire le lien avec l'holocauste en ironisant "ah bravo, c'est du joli de se moquer de la shoah comme ça, dans les camps ça sentait le roussi, c'est très fin comme humour". Evidemment, cette amie avait fait un lapsus, mais le fait de le souligner nous a plongé dans un rire jaune, où se mèlent le malaise et les manifestations extérieures de la joie (rire, paupières supérieures étrécies, agitation du haut du corps).

J'avoue avoir déjà demandé, faussement innocemment, "pourquoi les Serbes causent aux veaux ?" alors que les massacres faisaient rage dans la patrie de Rugova, le Kossovo. J'admets avoir cueilli des cassis en comptant le nombre d'Ethiopiens qui auraient ainsi pu être nourris. Je reconnais avoir aussi ri avec le clip de Kamini J'suis blanc, très "humour juif noir". C'est un fait, les malheurs ne me laissent jamais de marbre, et tantôt j'en pleure tantôt j'en ricane de désespoir.

Ne sommes-nous pourtant pas tous ainsi, devant les déboires des personnages de dessin animé (le coyote éternelle victime du bip-bip, le chasseur chassé par Bugs Bunny ou plus récemment l'espèce d'écureuil de L'Age de glace s'agrippant à sa noisette), devant les cérémonies pompeuses qui sont ruinées (4 Mariages et 1 enterrement), devant les accidents sans fin de Pierre Richard dans La Chèvre ?

L'avantage de se moquer des malheureux, c'est qu'on ne peut raisonnablement pas nous prendre au premier degré. Caricaturer les "méchants" et les "forts", comme Dieudonné prétend le faire, laisse toujours incertain : premier degré ou pas? C'est plus intéressant littérairement, mais voilà longtemps qu'on ne peut plus se comporter en société comme on se comporte dans les livres.
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