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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 27/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
La Télélibre de John-Paul Lepers est une des initiatives, nombreuses, qui vise à produire de l'information non-contrainte par une ligne éditoriale déférente vis-à-vis des pouvoirs (politique, économique, médiatique). Souvent d'ailleurs, ce n'est pas surprenant, celles qui ont le plus d'audience sont celles qui portent une voix d'opposition politique, assumée (Rue89) ou fluctuente (Bakchich, Mediapart).

Ce statut de forain de l'info permet parfois de sortir des choses intéressantes. Mais je remarque qu'il oblige aussi les journalistes à rechercher à "tirer" l'information et les sources hors les murs. Pour conserver un point de vue extérieur sur le système, ils sont contraints de demander à leurs interviewés de sortir eux aussi du système. C'est toujours difficile, parfois c'est tellement du bout des lèvres que c'est raté, parfois c'est efficace, comme cette interview de David Pujadas par son ami John-Paul, à bâtons rompus ou presque.

La limite étant que dans ce cas, on attendait un peu des révélations de David Pujadas le présentateur du JT, et on a quelques confirmations par David Pujadas l'homme de la rue. En sortant du système, ne perd-il pas de sa force pour le modifier, d'autant que de façon superficielle on ne voit pas le surplus d'éthique qu'il instille personnellement dans son JT?
Publié le 20/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Difficile équilibre que de plus en plus de bibliothèques seront amenées à trouver dans les années à venir. Car avant de donner des économies d'échelle la numérisation des fonds coûte cher, très cher, et le sentiment d'urgence de l'investissement le rend d'autant plus douloureux.

A la question :
"qu'est-ce qui est envisagé pour valoriser les collections numériques de la BnF et, peut-être, récupérer par cette valorisation un peu de marge de manoeuvre budgétaire?",
voici les 4 pistes évoquées par Arnaud Beaufort lors d'une récente conférence:
- Faire payer pour une rematérialisation du livre
- Faire payer pour la conversion du livre numérique à des formats propritétaires de lecteurs portatifs (Kindle, etc.)
- Faire payer l'utilisation des fichiers à des fins commerciales, sur le modèle des "Creatives Commons" (bandeau d'avertissement des droits d'utilisation)
- Proposer des liens commerciaux pointant vers les vendeurs d'exemplaires d'occasion des ouvrages numérisés

La dernière option peut heurter certaines sensibilités, inquiètes du caractère non-concurrentiel et non-préférentiel des missions de bibliothèques. Mais dans l'ensemble je trouve plutôt bien que les instances nationales s'intéressent à des dispositifs si pragmatiques, et pourquoi pas, efficaces... pour le bien des autres missions des bibliothèques.
Publié le 13/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Sous-titre : Le veau blond avec une reliure noire

La couleur des livres est en effet une enquête très amusante quand on s'y intéresse, puis passionante quand on s'y plonge.

On pense trop souvent que le livre est fait de noir et de blanc, l'écrit sur le papier. Mais dans un étonnant raccourci historique, on peut dire que la couleur du livre est aussi essentielle maintenant qu'à la Renaissance, ou à l'Epoque moderne (laissons tomber le falsificateur XIX° et le désacralisant XX°).

En effet dire livre blanc, livret vert ou livre noir, dans le domaine des rapports, ce n'est certainement pas la même chose. Les natures sont différentes. C'était d'ailleurs amusant de voir présenté le 8 janvier le "livre vert" de la presse, alors que le document était entièrement blanc (candeur et virginité des propos, ou inanité des propositions?).

De gauche à droite : Bruno Patino, Bernard Spitz, Arnaud de Puyfontaine, Christine Albanel,
François Dufour et Bruno Frappat - photo : Didier Plowy/MCC. Et il est où le livre vert?


Ayant pu côtoyer un maroquin rouge de père jésuite, un veau blond d'honnête noblaillon et surtout un maroquin citron issu de la bibliothèque personnelle de Louis XV, je veux bien concevoir que la couleur du livre (et son type de reliure) puisse dire beauoup, beaucoup de choses.
Publié le 06/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
C'est tout de même beau le processus tant de fois renouvelé de l'acquisition, du traitement et de la diffusion des savoirs: J'ai, par une circonstance très banale qui n'arrive qu'une fois dans une vie, acquis un livre. Il traite de livres. Qui traitent de livres. Dont certains traitent de livres.

La question de la diffusion se pose avec toute son ironie: quel savoir diffuse, finalement, ce dispositif de livres en chaînes? Il faut que je lise, lise, lise et lise pour enfin savoir... Et quel public achète un livre sur les livres sur les livres sur les livres? Pas moi en tout cas. Parce, digression finale, qu'on le veuille ou non, c'est parce qu'il a lu tous les livres que l'auteur de ce vers magnifique trouve que la chair est "tristehélas":

La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres
Fuir! Là-bas, fuir!J'entends que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux
(la citation est approximative, souvenir imprécis et néanmoins vif de ce poème de Mallarmé).

PS du 14-01-09 : parfois les circonstances, le devoir et la curiosité délicieuse nous amènent à faire des choses extravagantes, comme par exemple s'intéresser aux livres sur les livres sur les livres.
Publié le 30/12/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les appareils médiatiques actuels sont pris dans une double évolution contradictoire, qui prend pourtant sa source dès le milieu du XX°. Les progrès se font systématiquement sur ces deux lignes, la densité d'information et la mobilité d'information. De la disquette au CD, la densité; du CD à la clé USB, la mobilité. De la télé hertzienne aux bouquets par ADSL, la densité, des gros ordinateurs portables aux Eee, la mobilité. Parfois on a gagné sur les deux tableaux, mais rarement, et de plus en plus rarement. Qu'il est loin le temps de l'ENIAC, ordinosaure qu'on pouvait à la fois réduire et rendre plus puissant.

Les conjectures de Moore concernent la puissance de calcul, elles disent qu'en gros la puissance de calcul des processeurs double tous les 18 mois. Va-t-on devoir utiliser une autre loi, un autre ratio, pour comptabiliser la mobilité des nouveaux appareils, par exemple en comptant le temps moyen entre deux connexions nécessaires avec le grand réseau internet et/ou avec le « petit réseau » électrique? Ce serait intéressant de se pencher là-dessus... Pourquoi pas en 2009.
Publié le 23/12/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Difficile de faire un bilan de l'année sur les thèmes aussi divers que les médias, l'information, le langage et la galaxie Gutenberg. Donc je me limite à commenter, contextuellement, une source d'information et de réflexion, une méthode d'information qui prête à réflexion, et un produit de notre société de langages (c'eût été trop beau de trouver un produit d'information source de réflexion).

Dans le domaine de la critique médiatique, David Abiker est de plus en plus visiblement actif. Apparu chroniqueur dans le très bon Arrêt sur image, il coordonne quotidiennement Les Infonautes de France Info. Bref là n'est pas l'intérêt; l'intérêt, c'est une bonne personne ressource pour ces questions. Et par le biais de son blog on a l'occasion d'en apprendre de belles, et des intéressantes, donc je le conseille vivement.

Pour preuve, un détail qui fait sourire jaune, souligné par une note du 11 décembre 2008 : des informations "confidentielles" font l'objet d'une véritable publicité par SMS. Du genre "Jean-Pierre, vous avez gagné le droit de lire l'accord confidentiel entre Vivendi et La Banque Postale, venez sur www.info.info". Drôle de monde où les ruptures, les rabibochages, les secrets d'état passent par les téléphones portables. Bon durant des siècles toutes ces infos passaient sur des simples papiers, ou sur le vent de la voix. Mais quand même, on peut trouver plus classe pour trahir les secrets et les peuples... A moins que ce ne soit que de la mousse, sans importance humaine, qui s'efface avec facilité. La méthode peut choquer, mais elle sera périmée, comme toute ruse marketing, comme l'hameçonnage par mail massif, comme les cadeaux gagnés pour visiter un nouveau magasin de canapés cuir, au bout de quelques années.

Mon dernier focus est sur un produit de notre langue qui est aux antipodes de cette mode du frelaté - commercialisé - nouveau. Au contraire, ça sent la naphtaline à plein nez. Le mot "conservateur" est un produit très lourdement étiqueté, et cela semble augmenter avec le temps. Constatant avec amertume, en effet, que la législation interdisait toute présence de conservateur dans le jus d'orange, je me suis souvenu : pas les conservateurs du patrimoine, des musées ou des bibliothèques, mais ces produits toxiques qui font du mal aux enfants et aux gens si on en abuse.

Et puis en lisant un article sur le PS j'ai repensé à l'opposition traditionnelle, en politique, entre réformateurs et ... conservateurs! A chaque parti ses tenants de la ligne pure, les conservateurs, face aux réformistes et autres révolutionnaires. Et globalement dans l'ensemble de l'échiquier politique on trouve encore des conservateurs! Pas bien dans un parti, d'être conservateur.

Ils sont partout. Mais partout un peu considérés comme pas très bons à la santé. Comment voulez—vous après que la population la plus large s'intéresse à des produits gardés par des « conservateurs »? C'est un détail linguistique, mais il faudra sans doute que la langue change parce qu'en bibliothèque on ne peut pas se permettre de perdre du public sur des impressions, des détails.
Publié le 04/11/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Les dirigeants de TF1 ne l'avoueront pas avant longtemps, mais ils s'inquiètent sérieusement de la longueur de la phase de contraction de l'audimat du journal de 20 heures. En clair, Ferrari ne réunit pas assez de ménagères.

Pourtant ils ne voient pas l'extraordinaire chance qu'ils tiennent là, après des années de publication de masse des informations franco-mondiales. C'est en effet beaucoup plus facile lorsque c'est une audience réduite de connaître cette audience.

Donc plus l'audimat baisse, plus on a de chance de toucher sa cible... Arte et les émissiosn littéraires du service public connaissent très bien leur cible, qu'elles touchent à tous coups, dans la mesure où la cible elle-même regarde la télévision bien sûr.
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