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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 15/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Jean-Paul Jaud a-t-il un stade, une statue dans tous les clubs de foot de ligue 1 ? Non, rien. C'est une tragique injustice. Daniela Suteau, Annick Morel, Jacques Asline, Jean-Jacques Amsellem n'ont-ils pas un impact sur la vie politique française et le débat démocratique ? Si on en croit le rôle de Serge Moati dans la scénographie et la mise en scène du débat Giscard-Mitterand en 1981, on peut être certain qu'à la télévision comme au cinéma (un peu moins peut-être qu'au cinéma) le réalisateur donne un sens à ce que le spectateur voit.
Gérard Pullicino a certainement magnifié les Inconnus. Patrick Le Guen, un des premiers réalisateurs de télévision... visibles, a certainement eu tout son rôle dans l'adhésion des enfants et ados au Club Dorothée. Je ne suis pas personnellement choqué que les réalisateurs des émissions de variété des années 70 - 80 conservent un véto à l'utilisation et à la diffusion de leurs émissions. Car ce sont aussi les leurs. La question des réalisateurs d'image sera donc essentielle dans le sens des images des JO à Pékin. Le CIO va-t-il autoriser des libres interprétations des signes discordants qui ne manqueront pas d'apparaître ? On peut penser que non, et on peut penser que c'est dommage. Juan Antonio Samaranch, dur à cuire...
Publié le 08/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Chaussé de mes gros sabots j'évoque en quelques mots le sort de toutes ces présentatrices et de tous ces présentateurs de météo, qui le restent à vie, malgré parfois des efforts désespérés et louables pour sortir de cette condition dévolue éternellement.
Des ancêtres, Alain Gillot-Pétré, Nathalie Rihouet, Patrice Drevet, aux plus jeunes, Sébastien Folin, Sandra Larue ou Tania Young, ils resteront toujours présentateurs météo. Que fait Laurent Cabrol au téléshopping ? Il montre la dépression là dans ce ventre flasque, et l'anticyclone qui arrive, le gymtonic à impulsion, ah... le soleil dans nos têtes. Que fait Laurent Romejko dans Des Chiffres et des lettres ? Il décrit les perturbations vécues par tel joueur au moment de recevoir 3 "Y" dans les lettres, il montre au spectateur la pression qui monte pour le champion devant l'impossible calcul...
Michel Cardoze et ses fleurs et ses poèmes, qui était à Mistral ce que le soufflet est au vent de mistral, un léger rappel; Cécile Siméone qui fit l'un des plus gros "buzz" de toutes les présentatrices météo de Canal +... avant de disparaître dans les images d'images d'images que produit notre société médiatique; Laurent Boussié, qui avait un tel sérieux que ses traits d'humour faisaient ressembler les alto-stratus à des cumulo-nimbus chargés de pluie; tous ont été et resteront le symbole du temps qu'il fait... et du temps qui ne change rien, ou pas grand chose, dans la vie médiatique de ces îcones spécialisées.
Publié le 01/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
La télévision tue à feu moyen la PQR et surtout la PQN (pour les non-intimes, la presse quotidienne régionale et la presse quotidienne nationale). C'est sans doute parce que cela lui donne très mauvaise conscience qu'elle emploie à tour de bras, parmi ses experts souvent en toc, des femmes et des hommes tout auréolés de leur statut de représentant de la presse.
Car par définition, dans la mythologie télévisuelle, les journalistes de télévision animent, et les journalistes de presse analysent. De commentateurs les journalistes de presse deviennent auteurs de l'information secondaire, critiques, initiateurs, inventeurs. C'est un beau rôle porté par des gens qui ont de la classe intellectuelle supérieure, de Serge July à Sylvie Pierre-Brossolette en passant par le "bon client" Jean-François Kahn. Combien de Laurent Joffrin, de Claude Askolovitch, de Philippe Manière, de Christophe Barbier, de Joseph Macé-Scaron, d'Edwyn Plenel "parlent dans le poste" comme dit Jean-Claude Guillebaud (tiens, un autre homme de presse)?
Ils sont nombreux, mais dans le lot il y en a qui sont bien savoureux : la malice et les oeillères de Charles Tesson, dont je regrette la fin du travail de critique cinématographique. Le hochement et l'adoration de l'effet boomerang chez Eric Zemmour; et chez son compère de Marianne Nicolas Domenach la pratique régulière d'une forme de voyance politique. La grinchuosité pateline de Pierre Menez dans les émissions sur le football. La cassante simplicité d'Elisabeth Quin (même si son lien avec l'écriture d'un magazine de cinéma s'éloigne très vite). Ou encore le commentaire supra-analytique de Christophe Barbier, qui a officié longtemps avec pertinence dans C dans l'Air.
Elles sont souvent intéressantes, ces figures atypiques, sans doute parce qu'elles avaient un "truc en plus" par rapport à leurs collègues de l'écrit, qui les a amené jusqu'à la lumière télévisuelle. Et dans le paysage, avouons qu'elles ont une belle place, surfaite sans doute mais une belle place, ça nous rappelle la campagne (?!?).
Publié le 25/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
C'est une star du petit écran, et pourtant on ne la voit jamais. On examine son profil sans arrêt et pourtant on ne connaitra jamais son visage. Cet être autour de qui tourne la construction des grilles de programmes, laissons la tranquille, de toute façon ce n'est pas à ses yeux qu'on en veut, c'est à son porte-monnaie...
Tactiques, les spécialistes du marketing la délaissent d'ailleurs pour des cibles prétenduement plus précises (téléspectateurs de plus de 4 ans, ce n'est pas merveilleusement précis). Foule sentimentale à elle seule, elle se venge parfois, surtout quand elle refuse d'être gavée, surtout quand elle vit vraiment : soirée Maupassant tout à coup, le dégoût de TF1 soudain...
Adieu ménagère, et ne compte plus tes ans, passés à regarder des publicités et à consommer, d'autres vont prendre le relais...
Publié le 04/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
A la suite de la lecture d'un article intéressant (surtout dans ses constatations) de Jack Goody, j'ai saisi l'idée que les propriétés de la culture de l'écrit étaient en train de changer. Et même, plus précisément, les qualités et les défauts de la culture de l'écrit deviennent peu à peu ceux de la culture de l'oral ! En quelques mots c'est très simple (et un peu simplifié) : avant les cultures se transmettaient les histoires et les explications au moyen des narrations et des poèmes rythmés, rimés, psalmodiés. C'était l'oral. Avant aussi, mais souvent un peu après l'oral et parfois en même temps mais ailleurs, les histoires et les explications se transmettaient au moyen des textes, des documents, des inscriptions. C'était l'écrit.
Maintenant d'après moi nous ne sommes plus dans l'écrit durable, qu'on faisait tout pour conserver, archiver, stocker. Nos sociétés sont désormais fondées sur l'écrit volatile, qu'on peut transférer, découper, qu'on est obligé de copier pour transmettre (exactement comme les conteurs sont obligés de copier le discours pour le sauvegarder sur le temps long). C'est selon moi causé par la mise en question du support, effectué pour des raisons pratiques mais aux conséquences très importantes sur nos modes de vie. Qui n'a jamais transféré un mail sans y rajouter une ligne ? Qui ne s'est jamais envoyé un mail en guise de transfert des fichiers ou pour se souvenir de quelque chose ? Qui oserait prendre soin de copier à la main un document numérique important, pour éviter qu'une panne de disque dur ou le formatage du système pour cause de virus ne fasse irrémédiablement disparaître ce document ? Qui garde une version pérenne de ses articles de blog ?
Les arguments sont multiples qui me font dire euh, écrire, non, dire, que les écrits " modernes" sont aussi volatils que les paroles, avec les qualités de fécondité artistique que cela implique, mais aussi avec les défauts en matière de progrès scientifiques généraux.
Publié le 26/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Dans le grand tout du PAF, il y a toutes sortes d'êtres aux comportements et aux sens bien intéressants. En tant qu'ethnologue à la mode de Jean de Léry dans son Voyage Faict en Terre du Brésil, j'ai entrepris aujourd'hui une description personnelle et néanmoins très-vraye des habitants du paysage audiovisuel français.
Depuis que la science a pris le pas sur les humanités, durant le dernier quart du XXème siècle, les intellectuels ont laissé place aux experts. Et parmi les experts, il y en a qui méritent une attention toute tendre, ce sont les experts en toc. Ici comme de façon générale je me contenterai de quelques noms et quelques observations pour décrire des types d'acteurs du PAF très vastes et variés mais souvent évidents.
Lorsque j'entends Jacques Marseille parler d'économie, Marcel Conche écrire sur la philosophie, Philippe Val expliquer la politique, j'ai un sentiment étonnant, un mélange d'impression de déjà vu et une intuition que ce qui se joue devant mes yeux n'est pas un progrès de pensée mais un trou de la pensée. A de nombreuses reprises les experts sont convoqués pour donner leur avis. Tandis que certains font des propositions adaptées à la situation d'énonciation, d'autres s'en tiennent à leur éternelle ligne d'expertise, ce pour quoi on les engage en fait. Si Glücksmann devenait tout à coup favorable aux régimes autoritaires et si Baverez dressait de la France le portrait d'un pays qui rayonne dans le monde entier, on les jeterait par la fenètre illico.
Sans doute est-ce à cause de cela que les experts sont si souvent en toc. Car dans le genre experts, les plus intéressants sont souvent les moins bien adaptés aux plateaux télé : la culture de l'audimat s'accomode très mal de la rigueur scientifique. Il y a de très belles exceptions, comme Claude Halmos, toujours très pédagogique et pourtant très professionnelle. Mais les experts sont souvent en dissonance avec l'ensemble des émissions qui les accueillent, parce qu'ils ne sont pas assez médiatiques (ils sont alors tout excusés : cf. en astrophysique Hubert Reeves) ou insuffisamment scientifiques (ils sont dans l'air du temps, cf. en astrophysique les frères Bogdannov).
Le summum de l'expert en toc ne fut pas atteint dans une émission de débat, mais dans un reportage à destination des enfants. A la fin des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or, lorsque j'étais enfant on avait droit à un reportage souvent en relation avec les événements de l'épisode. Par exemple, le départ du bateau depuis Barcelonne est l'occasion de parler de Christophe Collomb, l'arrivée sur les îles Galapagos permet une description succinte de la faune et de la flore de l'archipel actuellement, etc. Or dans un des épisodes, Mendoza, Sancho, Pedro, Zia et Esteban sont sur une embarcation de fortune, et dans le brouillard au sommet du mat apparaît tout à coup un feu de Saint-Elme.
Reportage suivant l'épisode (retranscription approximative): la voix off interroge un navigateur japonais, disons monsieur Morikawa. On se dit, logiquement, il va expliquer cette histoire de feu de Saint-Elme... - Monsieur Morikawa, vous êtes un navigateur expérimenté. Avez-vous déjà vu un feu de Saint-Elme ? - [voix minable] Heuu... non, je n'en ai jamais vu. Mais j'avoue que je n'aimerais pas en voir un, on dit que c'est mauvais signe. - Merci monsieur Morikawa. [...] Puis la formule mythique de fin de reportage : - Au revoir, à bientôt.
C'est ce qu'on appelle un expert, un vrai, qui fait bien avancer nos connaissances sur le sujet. Mais force est de constater que ce n'est vraiment pas le seul expert en toc du PAF; certains, dans nos jurys de téléréalité de type radio-crochet, ne sont pas loin de cette nullité...
Publié le 19/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
C'est arrivé et ça arrivera encore, de plus en plus, alors préparons-nous à cela : le 2.0 peut tuer le 1.0, avant que le 1.0 prenne sa revanche, ou inversement, dans un affrontement digne de Romulus et Rémus, de Pompée et César, de Dupond et Dupont.
Le 1.0, pour mémoire, c'est le fonctionnement "normal" du web ou de tout média de communication. Le 2.0 c'est la version "participative", collaborative, du même média.
Ainsi le partage des avis sur les vendeurs et sur les acheteurs est une pratique 2.0 de plus en plus répandue, cela permet pour l'anecdote de jouer sur les externalités de réseaux comme pour tout autre bien informationnel. Mais, car dans toute histoire même courte il y a un mais, EBay a constaté, tenez-vous : que les acheteurs avaient peur de mal noter un gros vendeur (magasin, chaîne de distibution) de peur que le gros vendeur ne mette en répression une mauvaise note au petit acheteur, "grillant" de la sorte sa crédibilité pour des achats futurs.
Dans cette mise en partage de la confiance, évidemment, ce genre de pieux mensonge risque vite de dérégler tout le système dans un effet - papillon du tonnerre. Donc deux solutions s'offraient aux gens d'EBay, radicalement différentes : permettre un retour sur les retours, auprès de modérateurs particuliers ou auprès de l'ensemble de la communauté d'acheteurs et vendeurs. Ou supprimer simplement ce système 2.0.
C'est cette dernière option qui a été choisie par le futur président de la société, mais les vendeurs, évidemment, n'étaient pas d'accord. Comment l'ont-il fait savoir ? Par une bonne grêve 1.0, pas participative du tout ! Comme dans les guerres des Balkans, les fronts sont multiples et complexes, entre la communication de point à point et le collaboratif. Dans ce cas, je pense que le retour à un système 1.0 sera transitoire, le 2.0 ayant le vent en poupe et la dent dure... même si évidemment, le livre Infotopia le rappelle, sur le plan du jugement intellectuel on n'a pas encore trouvé le moyen de faire penser un groupe aussi ou plus pertinemment que l'ensemble de ses membres...
Bref, partisans du 2.0, méfiez-vous du 1.0 et des services qu'il peut encore très honnêtement vous rendre; et sectateurs du 1.0, vous n'imaginez pas tout ce que le 2.0 a déjà fait pour vous et fera contre vous !
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