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Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture. - Et ça dure longtemps ? - C'est chronique. Publié le 17/08/2008
Humeur : Tendre
L’avantage d’utiliser un vieux jeu de football, c’est qu’on peut aisément refaire l’histoire plutôt que l’anticiper. La montée en ligue 1 de Montpellier, le doublé coupe-championnat pour le FC Sochaux avec la doublette Santos – Ilan en attaque, la revanche de Lyon l’année suivante malgré les départs d’Abidal, Essien et Caçapa, c’est prévisible mais cela ne s’est pas passé exactement ainsi.
J’endure avec calme les quolibets lorsque je dis que je suis dans une partie de FIFA 2005 en mode carrière. Déjà les modes « carrière » dans les jeux aussi orientés arcade c’est une peu oxymorique, le fun immédiat, à court terme, qui se marie avec l’investissement sur le temps long. De plus plus les années passent et plus l’écart à la réalité croustille. Pour ne citer que les transferts du mercato 2008 à Lyon, j’ai fait venir Puyol comme arrière droit pour remplacer Maicon pas impérial, j’ai pris aussi Evra qui ne vaut pas encore mon Raul Bravo (!). J’ai gardé Squillaci mais viré Boumsong pour faire la paire avec Juan. Pirlo reste mon capitaine et fait oublier sans problème Junhino qui s’est arrêté deux ans auparavant (c’est d’ailleurs pourquoi j’ai vendu Vieira qui approchait de la trentaine, trop dangereux). Benzema et Kallström, je ne peux que les garder étant donnée leur qualité (90% environ). Mais Ben Arfa reste scotché à 74 sur un maximum de 100 à 21 ans… je le vends sans hésiter à l’étranger malgré sa belle conduite de balle très efficace en percussion. Dans la transaction j’aurais voulu récupérer Steven Gerrard mais celui-ci ne veut pas quitter Liverpool (certaines choses ne changeront jamais, et heureusement). Avec Kenny, remarquez, j’ai un excellent milieu défensif : Kenny qui n’a aucune valeur dans la vie vraie actuelle, Kenny qui explose au niveau international dans FIFA 2005 après 4 ans… Enfin pour soutenir Reyes et Benzema, en plus de Christiano Ronaldo acheté très abordable en 2006, j’ai fait un petit échange Julio Baptista – Robinho (ou un 8 / 10 dans le genre, je ne me souviens plus car j’ai étudié tant de candidats potentiels et irréels, de Xavi à Van Der Vaart en passant par Duff, Fabregas, Gourcuff, Aimar ou Lampard). Avec Buffon dans les buts, Lyon sera difficile à battre ! C’est bien moins noble mais tout à fait semblable aux parties endiablées de Diplomacy qui se terminaient invariablement par une victoire des forces de l’Axe, aux batailles navales napoléoniennes durant lesquelles Nelson n’avait plus d’yeux pour pleurer sa cuisante défaite de Trafalgar, aux défaites posthumes de Lasker arrachées par des passionnés de parties mémorables. Le danger, que j’identifie toujours au mécanisme fondamental qui cause le jeu, est dans Fifa 2005, pour les joueurs de 2008, que la réalité de 2008 arrive… ou au contraire qu’elle n’arrive pas ! Une fois plongé dans les années 2009, 2010, etc., le plaisir et le danger seront liés à une progression dans la maîtrise des mécanismes du jeu, on va enfin voir si au-delà de la dimension anecdotique le moteur de gameplay tient la route (j’ai des doutes mais il ne faut jamais étiqueter à l’avance un jeu). Pendant ce temps, les tâtonnements de détails du processus de pacification du Caucase russo-géorgien font le lit de mort du droit international. Et à court comme à moyen terme ce genre de bière est amer. Dire qu’Ingrid Betancourt a été libérée il y a à peine plus d’un mois, symbole de l’espoir sortant du bois.
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Publié le 29/06/2008
Humeur : Souriante
J'ouvre ici une série de 7 articles, généralement courts, qui expliquent pourquoi j'ai choisi d'attribuer à chaque jour telle ou telle catégorie d'article...
Donc aujourd'hui : Pourquoi le dimanche ? Pourquoi le ludique prendrait-il la place du familial, qui caractérise si bien le dimanche ? J’y vois deux raisons : tout d’abord, le dimanche est jour de repos dans notre tradition. Jour de repos, détente, propice au loisir des loisirs : le jeu. Pourtant il faut l’admettre, le jeu est un des loisirs les plus stressants qui soient, en particulier si l’on considère comme moi que le fondement du jeu est de se mettre en danger dans un univers de règles définies (mais non forcément connues à l’avance). La seconde raison est plus construite : l’un de mes objectifs, lorsqu’à mon petit niveau je promeus le jeu, est de faire passer d’une pratique individualiste à une pratique tantôt personnelle tantôt familiale, tantôt même collective. Le dimanche dit « familial » se prête donc à l’épreuve de multiples jeux aux dispositifs d’interactions les plus divers. Publié le 13/04/2008
Humeur : En colère
Dans mon château de Knighthood, cette application Facebook à caractère ludique, le ludique disparaît de façon inexorable. Tout d'abord la progression est lente, ne jouant pas beaucoup sur la volonté de puissance et de vie nietzschéenne. Par ailleurs lorsqu'on a comme moi des "amis" normalement constitués, c'est à dire qui n'ont pas de tocade pour ce genre de komboloï informatique, on se retrouve rapidement avec des infrastructures énormes (12 bâtiments à 5 places minimum) mais pas assez de "personnel" pour les occuper totalement. La défense du château est un casse-tête insoluble. Du coup je viens de perdre encore 2 vassaux, et mon espoir de les récupérer est nul. Adieu Agnès, adieu Gérard, j'espère que vous ne vous présenterez pas dans la cour du chevalier Michaël, il ne vous mérite pas. Publié le 06/04/2008
Humeur : Ironique
Il n'y a pas de justice en ce bas-monde, surtout dans les sphères paradoxales de l'art vidéoludique (le monde des jeux vidéo, en clair). En effet l'art rend onéreux l'oeuvre la plus en phase avec les critères de qualité dans le plus grand nombre d'époques : si l'oeuvre est portée au pinacle "posthumément", ou pendant une longue période historique, la valeur marchande grimpe. Si cette oeuvre colle avec les critères financiers d'une société économique à forte capitalisation, le coût en est d'autant augmenté.
Mais quand on lit la liste des jeux les plus cotés du monde, ceux qui s'échangent à prix d'or en particulier à cause de leur caractère quasi-unique, on se dit : que de nullités ! Que de médiocrité insigne ! Et c'est ça qui retient l'intérêt des zélotes du jeu ? Soyons objectifs, il s'agit non d'oeuvres uniques, où la qualité fait le plus souvent foi, mais de tirages limités, et dès lors c'est la rareté qui fait monter les enchères. Mais tout de même, un "gold master" (CD ou DVD gravé de la préversion officielle d'un jeu) d'Ultima VII, la cartouche personnelle de Shigeru Miyamoto du jeu Ocarina of Time, ou même pour ceux qui ont un gros salon, le prototype de Steel Battalion avec sa manette de commande d'1 mètre cube, ça aurait donné un jour plus reluisant aux oeuvres ludiques... Allez faire comprendre ensuite à vos interlocuteurs interloqués que les jeux vidéo sont une voie extraordinaire d'innovation artistique et sociale... Publié le 30/03/2008
Humeur : En colère
J'ai un peu joué, je ne peux le nier, mais ce fut tant une routine que rien n'est digne d'être relaté.
Ah, si, un drame personnel vécu dans Knighthood, on m'a pris un vassal ! J'espère qu'un jour il reprendra sa liberté et qu'il reviendra dans mon giron bienveillant, parce que ça me fait vraiment du mal de le voir errer dans le château d'un autre, baron arriviste à la cote de maille rutilante. Moi le simple chevalier de province, je n'ai pas réussi, malgré 10 assauts sur ses murailles, à récupérer mon écuyer. Voilà bien le genre de drame moderne, perdre son vassal... Publié le 23/03/2008
Humeur : Maussade
Avec la création de logiciels symbiotiques, des parasites, sur les plates-formes d'échanges sociaux, les jeux se sont engouffrés dans la brèche de ces sites à forte consommation de temps. Car il faut l'avouer, l'un des gros défaut des jeux, les bons comme les moins bons, c'est de vampiriser le temps.
Parmi les mécanismes de fonctionnement des jeux, on prend souvent en compte les mécaniques internes (interactions, structure narrative, événements et bases de données dynamiques), qui se développent durant le temps du jeu. Mais il faut compter de plus en plus avec les mécanismes qui contraignent le temps du jeu, à cause de ce statut perpétuellement online. Déjà le fait de proposer un bonus de jetons dans un jeu de poker lors de la première connexion, chaque jour, est une incitation très... captatrice. Vous voulez votre bonus, jouez chaque jour. C'est peu de chose a priori, mais que de temps peut être perdu ainsi ! Surtout que ce bonus est une partie minime de ce qui peut être gagné en une grosse partie. Mais on rencontre par exemple maintenant des jeux, dont l'assez intéressant "Knighthood" sur Facebook, ou la plus discutable adaptation de la Guerre des Etoiles sur la même plate-forme, qui continuent de fonctionner lorsqu'on n'est pas connecté. C'est assez ancien, cela date même du début du web, mais l'échelle est bien différente, avec des milliers, voire des millions d'opposants potentiels. Dans Knighthood par exemple, on se doit de vider systématiquement les caisses régulièrement dans la journée si on ne veut pas se faire dévaliser par un chevalier indélicat; chaque jour quasiment il faut aussi lancer les constructions, impossibles à suivre de bout en bout (1 jour, 2 jours pour agrandir une tour de guet de niveau 5, cela commence à consommer du temps!). Autre mécanisme que personnellement je vomis, même en tant que victime consentante : l'invitation systématique, rendue nécessaire par les mécanismes même du jeu. Là encore, la comparaison entre le Poker et Knighthood est éclairante : alors que le fait de ne pas inviter d'amis, pour respecter leur liberté d'initiative, n'avait aucun impact négatif sur les possibilités du jeu, ce mécanisme est obligatoire dans le jeu d'ambiance médiévale si on souhaite suivre le rythme des constructions de fortifications et des améliorations de structure... Cela s'apparente à une prise d'otage. Même si le jeu est intéressant, sacrifier des amis sur son autel est désespérant. Publié le 09/03/2008
Humeur : Rebelle
Derrière des termes ronflants, la référence à la pensée des Lumières et l'emploi du latin de bibliothèque, c'est la question du rapport entre le joueur et le reste du monde qui est encore posé régulièrement par les jeux, par les joueurs, et par le monde. C'est un problème que connaissait Gary Gygax, feu le créateur de Donjons et Dragons, premier jeu de rôle papier au rayonnement planétaire et donc grand inspirateur des MMORPG actuels (lui-même était un habile plagiaire de Chrétien de Troyes, de John Ronald Reuel Tolkien et des compagnies d'assurances, mais ne l'ébruitez pas, la MAAF et Les MMA ne comprendraient pas).
Car un individu qui se plonge dans une oeuvre de l'esprit au point d'habiter plus que dans son corps, ce n'est pas nouveau ! Emma Bovary aurait-elle joué aux Sims ? Indubitablement. Dans la question de la responsabilité de l'utilisateur, forcément dépendante d'une majorité légale et d'une maturité normale, on ne doit pas écarter la responsabilité que nous impose notre existence dans un emploi, dans une famille, dans un cercle d'amis, dans une cité (impossible donc de dire "ça me regarde" à tout bout de champ). Mais cette responsabilité reste le critère essentiel, qui me fait dire que la pratique du jeu dans des conditions normales ne peut ni ne doit être traitée comme pathologique. JB Soufron, grand avocat du jeu vidéo, propose un point de vue fort bien construit, et que je ne refuse pas totalement totalement, sur cette page. |
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