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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 13/04/2008
Par fxboffy
Humeur : En colère

Dans mon château de Knighthood, cette application Facebook à caractère ludique, le ludique disparaît de façon inexorable. Tout d'abord la progression est lente, ne jouant pas beaucoup sur la volonté de puissance et de vie nietzschéenne. Par ailleurs lorsqu'on a comme moi des "amis" normalement constitués, c'est à dire qui n'ont pas de tocade pour ce genre de komboloï informatique, on se retrouve rapidement avec des infrastructures énormes (12 bâtiments à 5 places minimum) mais pas assez de "personnel" pour les occuper totalement. La défense du château est un casse-tête insoluble. Du coup je viens de perdre encore 2 vassaux, et mon espoir de les récupérer est nul. Adieu Agnès, adieu Gérard, j'espère que vous ne vous présenterez pas dans la cour du chevalier Michaël, il ne vous mérite pas.

J'envisage on ne peut plus sérieusement de me retirer de cette vaine campagne, j'en ai assez d'inviter sans arrêt mes contacts à jouer à ce jeu, par intérêt ludique, en leur déconseillant de se lancer dans l'aventure, par honnêteté.

Publié le 06/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Il n'y a pas de justice en ce bas-monde, surtout dans les sphères paradoxales de l'art vidéoludique (le monde des jeux vidéo, en clair). En effet l'art rend onéreux l'oeuvre la plus en phase avec les critères de qualité dans le plus grand nombre d'époques : si l'oeuvre est portée au pinacle "posthumément", ou pendant une longue période historique, la valeur marchande grimpe. Si cette oeuvre colle avec les critères financiers d'une société économique à forte capitalisation, le coût en est d'autant augmenté.

Mais quand on lit la liste des jeux les plus cotés du monde, ceux qui s'échangent à prix d'or en particulier à cause de leur caractère quasi-unique, on se dit : que de nullités ! Que de médiocrité insigne ! Et c'est ça qui retient l'intérêt des zélotes du jeu ?

Soyons objectifs, il s'agit non d'oeuvres uniques, où la qualité fait le plus souvent foi, mais de tirages limités, et dès lors c'est la rareté qui fait monter les enchères. Mais tout de même, un "gold master" (CD ou DVD gravé de la préversion officielle d'un jeu) d'Ultima VII, la cartouche personnelle de Shigeru Miyamoto du jeu Ocarina of Time, ou même pour ceux qui ont un gros salon, le prototype de Steel Battalion avec sa manette de commande d'1 mètre cube, ça aurait donné un jour plus reluisant aux oeuvres ludiques... Allez faire comprendre ensuite à vos interlocuteurs interloqués que les jeux vidéo sont une voie extraordinaire d'innovation artistique et sociale...
Publié le 30/03/2008
Par fxboffy
Humeur : En colère
J'ai un peu joué, je ne peux le nier, mais ce fut tant une routine que rien n'est digne d'être relaté.

Ah, si, un drame personnel vécu dans Knighthood, on m'a pris un vassal ! J'espère qu'un jour il reprendra sa liberté et qu'il reviendra dans mon giron bienveillant, parce que ça me fait vraiment du mal de le voir errer dans le château d'un autre, baron arriviste à la cote de maille rutilante. Moi le simple chevalier de province, je n'ai pas réussi, malgré 10 assauts sur ses murailles, à récupérer mon écuyer.

Voilà bien le genre de drame moderne, perdre son vassal...
Publié le 23/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Avec la création de logiciels symbiotiques, des parasites, sur les plates-formes d'échanges sociaux, les jeux se sont engouffrés dans la brèche de ces sites à forte consommation de temps. Car il faut l'avouer, l'un des gros défaut des jeux, les bons comme les moins bons, c'est de vampiriser le temps.

Parmi les mécanismes de fonctionnement des jeux, on prend souvent en compte les mécaniques internes (interactions, structure narrative, événements et bases de données dynamiques), qui se développent durant le temps du jeu. Mais il faut compter de plus en plus avec les mécanismes qui contraignent le temps du jeu, à cause de ce statut perpétuellement online.

Déjà le fait de proposer un bonus de jetons dans un jeu de poker lors de la première connexion, chaque jour, est une incitation très... captatrice. Vous voulez votre bonus, jouez chaque jour. C'est peu de chose a priori, mais que de temps peut être perdu ainsi ! Surtout que ce bonus est une partie minime de ce qui peut être gagné en une grosse partie.

Mais on rencontre par exemple maintenant des jeux, dont l'assez intéressant "Knighthood" sur Facebook, ou la plus discutable adaptation de la Guerre des Etoiles sur la même plate-forme, qui continuent de fonctionner lorsqu'on n'est pas connecté. C'est assez ancien, cela date même du début du web, mais l'échelle est bien différente, avec des milliers, voire des millions d'opposants potentiels. Dans Knighthood par exemple, on se doit de vider systématiquement les caisses régulièrement dans la journée si on ne veut pas se faire dévaliser par un chevalier indélicat; chaque jour quasiment il faut aussi lancer les constructions, impossibles à suivre de bout en bout (1 jour, 2 jours pour agrandir une tour de guet de niveau 5, cela commence à consommer du temps!).

Autre mécanisme que personnellement je vomis, même en tant que victime consentante : l'invitation systématique, rendue nécessaire par les mécanismes même du jeu. Là encore, la comparaison entre le Poker et Knighthood est éclairante : alors que le fait de ne pas inviter d'amis, pour respecter leur liberté d'initiative, n'avait aucun impact négatif sur les possibilités du jeu, ce mécanisme est obligatoire dans le jeu d'ambiance médiévale si on souhaite suivre le rythme des constructions de fortifications et des améliorations de structure... Cela s'apparente à une prise d'otage.

Même si le jeu est intéressant, sacrifier des amis sur son autel est désespérant.
Publié le 09/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Derrière des termes ronflants, la référence à la pensée des Lumières et l'emploi du latin de bibliothèque, c'est la question du rapport entre le joueur et le reste du monde qui est encore posé régulièrement par les jeux, par les joueurs, et par le monde. C'est un problème que connaissait Gary Gygax, feu le créateur de Donjons et Dragons, premier jeu de rôle papier au rayonnement planétaire et donc grand inspirateur des MMORPG actuels (lui-même était un habile plagiaire de Chrétien de Troyes, de John Ronald Reuel Tolkien et des compagnies d'assurances, mais ne l'ébruitez pas, la MAAF et Les MMA ne comprendraient pas).

Car un individu qui se plonge dans une oeuvre de l'esprit au point d'habiter plus que dans son corps, ce n'est pas nouveau ! Emma Bovary aurait-elle joué aux Sims ? Indubitablement. Dans la question de la responsabilité de l'utilisateur, forcément dépendante d'une majorité légale et d'une maturité normale, on ne doit pas écarter la responsabilité que nous impose notre existence dans un emploi, dans une famille, dans un cercle d'amis, dans une cité (impossible donc de dire "ça me regarde" à tout bout de champ). Mais cette responsabilité reste le critère essentiel, qui me fait dire que la pratique du jeu dans des conditions normales ne peut ni ne doit être traitée comme pathologique.

JB Soufron, grand avocat du jeu vidéo, propose un point de vue fort bien construit, et que je ne refuse pas totalement totalement, sur cette page.
Publié le 02/03/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Lorsque je prends part à une manche de jeu de société stratégique, comme par exemple le poker ou les échecs, il m'arrive d'être mis malgré moi en "cuisson douce". La cuisson douce, c'est ce long temps durant lequel on sait qu'on est cuit, mais le verdict final se fait un peu attendre. Par exemple, quand j'ai les mêmes pièces que mon adversaire au jeu d'échecs... sauf la dame, perdue à cause d'une erreur grossière. Tout l'enjeu devient alors de forcer la partie nulle, même si l'adversaire a toutes les chances de m'éliminer à petit feu.

C'est un peu la même chose dans une courte partie de poker, où parti de 250$ je perds 10, 20, 50$ à chaque tour, et je me retrouve avec 40 $ et une main minable (6 de trèfle et 2 de carreau), à me demander si je mets "tapis" (all in en anglais) en priant pour un invraisemblable concours de chances. C'est souvent ce que je fais, préférant hâter la fin de la cuisson, pour achever mon agonie ludique.

Etonnant réflexe, tout de même, inverse de la pulsion de vie qui nous fait remonter à la surface de toutes nos forces quand on fait de l'apnée : c'est tout ce qui distingue le danger, consubstanciel au jeu, du péril, qui anime nos vies. Le danger s'affronte dans l'impatience, le péril provoque la fuite commandée par notre cerveau reptilien. Evidemment la frontière entre l'un et l'autre est placée par chacun en fonction de son expérience et du contexte. Mais quand on se plaît dans le danger, c'est un jeu dont les règles sont connues à l'avance (y compris la règle d'imprévisibilité des événements
Clin d'oeil).
Publié le 25/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Je suis de façon paradoxale une tête brûlée des échecs ! Je dis paradoxale car l'expression brutale "tête brûlée" colle assez rarement à l'activité feutrée et intellectuelle du jeu déchec. C'est aussi paradoxal dans le sens où de façon générale je suis extrêmement prudent dans ma façon de jouer.

Je parle de tentation de l'échange car dans un début de partie, on peut rapidement faire des mouvements et des prises qui retirent du plateau de jeu, à égalité pour chaque adversaire, soit des fous ou des cavaliers, soit des pions, soit des tours, soit même les dames... Et souvent entre deux options, je choisis celle où s'effectue un échange de prises de pièces. Alors pourquoi cette tentation irrépressible de l'échange dans mes débuts de partie ? Je ressens fortement, je crois, le côté très théorique des pertes; de plus je n'aime pas l'énorme quantité de possibilités offerte par les débuts de partie, donc j'accélère la partie pour arriver au milieu ou surtout à la fin. A la fin de partie en effet, on n'a qu'un nombre restreint de coups, et il devient possible de vraiment anticiper loin le déroulement de la partie.

A l'inverse, dans les jeux où une stratégie gagnante, un chemin unique sont offerts aux joueurs, je suis très - trop prudent pour ne pas me "rater". Je ralentis le jeu autant que possible pour garder le contrôle de mes actions et des conséquences de mes actions. Ce qui fait que par exemple dans les jeux de stratégie en temps réel ou dans les FPS (first person shooter), je me fais ruiner par les adversaires partisans du "squirmish", l'attaque précoce avec une troupe légère.
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