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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 20/01/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Très peu connu, ce jeu heureusement offline place le joueur dans une situation fort fictive mais en même temps fort intriguante : l'utilisateur doit en effet faire ses preuves en tant que hacker. Mythique depuis le mythique et génial Neuromancer de William Gibson, le statut de hacker n'en est pas moins, dans les faits, peu reluisant : c'est de la flibusterie et non un métier de corsaire que de nuire virtuellement pour de la monnaie réelle.

Uplink (c) Introversion

Admettons que cela soit un jeu non "serious", oublions les articles fondés en partie sur l'existence de ce jeu pour mettre les lecteurs dans la peau d'un "intrus virtuel", et alors on prend un grand plaisir à se confronter aux timings serrés des détecteurs, aux choix profonds (mais rapidements réduits à des tactiques dominantes) de gestion de son arsenal pirate. En revanche, si bizarre que cela puisse paraître, j'en déconseillerais l'usage aux moins de 16 ans !!! La tentation du pouvoir sur le monde, l'appât du gain facile ont si vite fait de tirer nos enfants dans ce qui leur semble un jeu et qui est le prolongement des guerres vénales (seconde guerre du golfe, etc.).

NB: Sur le plan du game design le projet Uplink, à partir de sa genèse, mérite de l'attention : cette narration peut ainsi servir d'exemple à bon nombre de gens qui fourmillent d'idées, au risque de l'étouffement...
Publié le 13/01/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Marrant d'observer les croisements "contre nature" outre-atlantique entre les "libraries" et les "video games"... ces concours de Dance Dance Revolution qui côtoient les oeuvres de Henry James, ces tournois de WoWarcraft que ne vient pas troubler le bruit des pages d'un William Gibson, pourtant pionnier en matière de monde virtuel...

Côté américain, les jeux vidéo sont surtout, à part peut-être dans l'Illinois, un attrape-public. A Troyes, à la BNF, à Lyon, cela semble un autre esprit, plus "européen", fait de dialogue des cultures et d'apprentissage. Même si la carte des "serious games" sera peu productive, j'avoue que cela me rassure de voir ces démarches de mise en place des jeux en bibliothèque, plutôt que l'intrusion du jeu dans le monde des livres. Croisière pour un cadavre (Delphine Software) dans le rayon polars; Civilization (Microprose) dans le département sciences humaines; et Dune (Virgin) à côté des oeuvres de Nietzsche, c'est bon ça, coco...
Publié le 06/01/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Couverture du jeu - tous droits réservés même si c'est pas non plus une oeuvre picturale inoubliable.
Carcassonne. Très bon jeu de plateau... sans plateau ! Ce jeu créé par Klaus-Jürgen Wrede est intéressant en soi, mais on peut aussi tirer beaucoup d'enseignements de la comparaison avec son frère du même auteur, Entdecker. Justement, tandis que dans Entdecker le plateau est à compléter indifféremment des tuiles encore disponibles, dans Carcassonne (version de base) c'est le nombre de tuiles qui limite l'extension géographique du jeu. Un peu à la manière de Vinci, le fonctionnement de jeu le plus intéressant et le plus impliquant est cette nécessité d'investir des espaces, suffisamment pour en rester maître mais pas trop pour garder une capacité de colonisation en d'autres espaces; d'Entdecker à Carcassonne l'auteur a gardé cette caractéristique.

Avec cette dimension stratégique, avec l'expérience des joueurs, on atteind rapidement à la fois un grand plaisir de choix et une grande incertitude de résultat, ce qui avouons le n'est pas mal dans un jeu quel qu'il soit.

PS: pour les fans, il existe une version sur PC du jeu, à laquelle j'avais joué bien longtemps avant de pratiquer la version carton / sociale. Forcément moins bien, mais si on est en manque, c'est un bon substitut...

PS2: Je me demande si la ville de Carcassonne touche des droits d'utilisation de son nom, ou si au contraire elle bénéficie de la publicité faite par ce jeu superstar ?
Publié le 24/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
La neige qu'on rencontre en dehors des grandes stations de sport d'hiver invite aux jeux, aux balades, aux échanges avec la nature...

Des pas sur la neige (c) Didier Keus.


Mais le grand plaisir c'est de jouer avec ses enfants dans cette matière froide et souple, qui nous laisse faire des bonshommes, des igloos, des batailles suivant sa texture. Autant je n'aime pas trop faire des constructions de cubes, autant les constructions de glace sont passionantes : les blocs adhèrents, on peut avoir les plus grandes audaces architecturales, et les irrégularités laissent libre cours à notre imagination : colonnes serpentines, murs de visages grimaçants, etc.

Ces jeux simples, simplissimes même, deviennent intéressants parce qu'on est dans des environnements inconnus, où la vie humaine est en danger... Et évidemment, la dimension sociale des jeux est ici primordiale, on se dit que générations après générations, les parents et les enfants se sont amusé dans la neige pour apprendre à y vivre.

Puisque nous sommes le 24 décembre, en avance pour le 25, car je n'aurai pas le temps d'écrire d'article, je vous souhaite un excellent Noël / Aïd / Hannoucah / temps de fête familiale.
Publié le 17/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
L'addiction aux jeux est un phénomène de mieux en mieux cerné; avec la popularisation du poker en ligne, cette pathologie trouve un champ de développement particulièrement vaste. J'y réfléchissais ce matin même alors que j'augmentais mon petit pactole virtuel sur le Poker Hold'em de Facebook, grâce aux 200 jetons donné par visite quotidienne aux serveurs et surtout grâce à de bonnes mains (paire de 5 rencontrant une paire de dames, 10 et dame permettant une suite royale...). J'allais quitter la table, satisfait de mon gain de 100% (300 pour 150 investits dans la partie), quand tout à coup j'obtiens une paire de 8.

Je ne pouvais raisonnablement pas laisser passer l'occasion, surtout que ma table ne jouait pas très finement (moi y compris). Pour une poignée de jetons en plus... j'y ai échappé, mais combien d'inexorables chutes se sont produites, au poker comme aux courses ou en bourse, à cause de la dernière partie? Le mécanisme est toujours le même, parti pour partir, le joueur perd en ayant un énorme goût d'inachevé. Il ne peut s'empêcher de vouloir une revanche sur le sort qui l'a fait échouer. Et il reperd, souvent par excès d'une audace renforcée par la frustration. Et les pertes s'enchaînent, et c'est la descente inexorable au cimetière des ambitions ludiques (et souvent financières).

Je pense souvent à ce que Gilles Deleuze disait de l'alcoolique (dans son magnifique abécédaire) : "il ne vise pas le dernier verre, il vise toujours l'avant-dernier verre". L'avant-dernier verre, c'est celui qui procure la satisfaction (de boire) sans la frustration (de ne plus boire après). Or évidemment, nous le comprenons grâce à cette pensée lumineuse de Deleuze, chaque verre est l'avant-dernier, la série ne peut donc jamais s'achever.

Les mécanismes des addictions aux jeux sont multiples, mais je crois que cet effet-là est présent et opérant : le joueur accro ne vise pas la dernière partie, il vise l'avant-dernière partie: car s'il lui reste une partie à jouer après, il peut toujours espérer mieux. Si la chance est avec lui, elle peut lui apporter plus encore. Si la chance le fuit, elle peut tourner à la prochaine partie. Pour ma part j'ai intégré un principe très précieux, un garde-fou respectable et utile (que je n'ai pas respecté ce matin, c'est vrai... la preuve par le contre-exemple). Ce principe, c'est que si la mise de départ est de 100, il faut partir si on perd tout, et il faut partir si on atteint la somme de 200. Quand on double on quitte ! Simple logique statistique : du point de vue des tirages hasardeux, on a plus ou moins une chance sur 2 de tout perdre, une chance sur 2 de doubler; au-delà les chances s'amenuisent dramatiquement (cela sans prendre en compte, évidemment, la part de stratégie propre à de nombreux jeux de hasard, qui permet aux meilleurs de repousser sans trop de crainte cette barre des 100% de gains).
Publié le 10/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Dernier volet de mes 3 commentaires sur la vie à 650 kilomètres de la terre ferme et civilisée.

Ayant passé rapidement l'objectif fixé pour atteindre le 59ème niveau d'expérience (Déjà ? Seulement, depuis début 2006 !), je me suis retrouvé face à un mur. Des broutilles, genre être propre et nourri et ne pas avoir soif... et un morceau énorme, la construction d'un potager. Effroyables jardins (pardon à ceux qui cherchaient des informations sur le film avec Villeret et Dussolier).

C'est l'exemple typique de l'objectif à tiroirs qui fait le sel mais aussi le fastidieux de ces objectifs de niveaux. En effet un potager cache : 500 graines, 8 unités de fil de fer barbelé, 10 bêches. Et ce n'est pas tout, car les graines, les barbelés et les bêches ne tombent pas du ciel.

500 graines, c'est 5000 (!) feuilles et 5000 (!) fruits (et pourquoi les fruits ne suffisent pas à extraire les graines? Sans doute pour ne pas les perdre dans la nature). Au rythme de 15 par heure environ, vous imaginez déjà le temps mis. Attendez, c'est pas fini.

8 unités de fil de fer barbelé, c'est 8 x 200 os + 8 x 50 bûches de bois + 8 x 50 bobines de fil métalique. Evidement, le fil non plus ne pousse pas sur les arbres : chaque bobine de fil nécessite le traitement de 10 tôles. Donc dans mes barbelés, 8 x 500 tôles (au rythme de 10 - 12 par heure, faites encore le calcul).

Le plus savoureux pour la fin, c'est les 10 bêches, 10 outils simples... qui se décomposent comme suit : 10 x 5 silex c'est facile, 10 x 20 bûches c'est également facile (en 1 jour ça se fait du moins)... mais 10 x 50 pelotes de ficelle ! Chaque pelote de ficelle se fabriquant avec 10 feuilles, on atteint les 5000 feuilles à ramasser pour ces fichues bêches !

Bilan complet du coût de mon potager : 10 000 feuilles, 5000 fruits, 4000 tôles, 1600 os, 600 bûches, 50 silex. Grrrrr ! Effroyable jardin.
Publié le 03/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
La semaine dernière je désepérais de trouver une masse dans 650 kilomètres. J'ai encore accumulé des stocks énormes de barres de céréales, de bouteilles de thé glacé; j'ai eu la chance de tomber sur une statue grecque (que sont venus faire les Grecs dans cette île tropicale ? Ou bien quel gouverneur des empires espagnols, portugais ou anglais a pris dans ses bagages une statue de 500 kilos, certes à la mode durant la Renaissance, avant de faire naufrage sur cet archipel désolé ?). Puis est venu, par hasard, LA masse que je cherchais.

Comme je l'avais pensé, la chasse aux loups fut facile, et me voilà lancé vers de nouveaux objectifs, de type Facebook. Entendez par là, je récolte des amis comme Barak Obama et Hillary Clinton écument les réseaux sociaux pour faire parler d'eux plus que de "l'autre". D'ailleurs les pseudo-amis de 650 kilomètres ne sont pas plus proches de nous que les pseudo-amis de Facebook... Quoique. Alors que les interactions avec les amis de 650 kilomètres sont de trois types (discussion, troc, rupture), celles qui font vivre les relations entre facebookinistes sont très variées, du basic "hug" aux comparaisons de goûts musicaux, en passant par des échanges politiques et des... jeux online !

C'est une bonne surprise pour moi depuis quelques jours, de trouver du jeu dans le réseau (encore sur Facebook : Poker Hold'Em, Mind Jolt Games) plutôt que de chercher du réseau dans le jeu (650 Km).
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