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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 27/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
C'est un peu faux de dire que le film The Constant Gardener (La Constance du jardinier en français) est très plaisant à voir. Il y a du dégoût, habilement suggéré devant les manipulations pharmaceutiques pratiquées sur les populations africaines et devant les trahisons de ceux qui sont censés les défendre, leur apporter soutien et humanité. Pourtant il y a aussi du plaisir, qu'Aristote prétendrait cathartique et que Brecht désignerait comme lié à l'interpellation directe du spectateur.
Une histoire d'amour qui résiste à la mort. L'art du contretemps sentimental.
Cette oeuvre est un bel enchevêtrement d'intimité (c'est une très belle histoire d'amour à contretemps) et de globalité (les très méchants sont légion, les très gentils sont tout seuls, et tout spectateur est poussé à choisir un camp).
Rachel Weisz, une femme occidentale enceinte, découvre la vie kenyane... et tourne un film.
C'est aussi, qualité principale du film selon moi, la rencontre de la fiction et du documentaire, dans la veine des travaux effectués par Kiarostami, très appréciable quand on repense à ce qu'en disait entre autres Jean-Louis Comolli. La fiction est donc double, sentimentale et politique; mais ce qui en renforce la qualité, c'est que de multiples séquences relèvent du travail documentaire. Un indice est révélateur de cette attention au documentaire : Justin Quayle filme à la webcam un pseudo documentaire du commandant Cousteau pour présenter le ventre énorme de... Rachel Weisz l'actrice (et non plus seulement celui de Tessa Quayle le personnage). Les croisements sont multiples, et atteignent leur plénitude lors des magnifiques scènes de foule, où les enfants font la fête à la caméra plus qu'ils ne jouent leur rôle.
Justin Quayle, les yeux enfin ouverts.
De ces scène de foule on retient la vie, la joie, les couleurs et l'énergie. Et la pensée retourne à l'histoire racontée, ce "Che" Muffin Quayle qui n'existera jamais, ces populations exploitées grâce à leur malheur (Three Bees peut dire merci à l'épidémie de SIDA !), des êtres tantôt faibles tantôt courageux. La mort de Tessa Quayle nous force à ouvrir les yeux comme elle a forcé son mari à prendre conscience qu'aucun jardin ne pousse en dehors d'une terre où poussent les mauvaises herbes. Il faut donc cultiver son jardin et aider son voisin à faire le sien.
Publié le 26/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Parmi tous les "Tamagochi-like" (jeux fonctionnant sur des mécanismes d'entretien d'être vivant virtuel, semblables à ceux de Tamagochi), je me suis pris d'affection pour 650 kilomètres, une sorte de simulateur de Robinson Crusoë.
Son évolution vers une version 2 n'est ni radicale ni suffisante. Toutefois on passe volontiers du temps dans ce jeu massivement solitaire en ligne, comme je l'appelais en titre. La proximité d'autres aventuriers n'y est pas pour grand chose, à cause du système de troc peu engageant et peu satisfaisant. J'ai du supprimer dernièrement une douzaine de pseudo - amis avec lesquels je n'avais jamais traité.
Le "leveling", le fait d'augmenter son niveau par des actions précises, est très présent, avec des objectifs clairs. Mais l'atout principal réside dans la finesse du détail : variété des ressources, des armes, des évolutions... ainsi cette charmante petite fronde :  . Alors comme le jardinier calme et méticuleux de The constant Gardener, on prend plaisir à suivre son propre petit chemin solitaire, à cultiver ses petites plantes, à faire évoluer son campement, à récolter des objets "modernes" éparpillés autour de la carcasse de l'avion qui s'est crashé, à éviter les mauvaises rencontres avec les tigres, ours et autres najas.
Ce jeu illustre aussi l'un des aspects qui m'est toujours apparu crucial dans la maturité du jeu vidéo : il fait la part belle au "non-jeu", c'est à dire à l'exploration d'un objet interactif sans présence de danger fondamental (ce danger qui est d'après moi la caractéristique du jeu). En effet le fait de tomber dans le coma, consécutif à tout combat perdu contre un animal sauvage, n'est qu'un délai dans le chemin suivi : pas de perte de denrées, pas de perte de capacité, retour au campement, bref ce n'est pas un danger très fort.
Ces jeux qui nous font "semblables aux dieux" (selon la belle idée de Villiers de l'Isle Adam dans L'Eve future), Sims, Spore, Tamagochi, Black & White, Age of the Empires, Populous, ou Powermonger, nous mettent en demeure de faire des choix personnels et non contraints, d'exercer notre (illusion de ?) liberté, en une expression ils nous font aussi devenir des humains.
Publié le 25/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
 On parle de l'heure où la France se lève, comme si la bonne heure était de bonne heure. Mais quel est le déshonneur dans les dernières heures ? Le temps de la montre est le symbole du progrès technique, de plus en plus précis et de plus en plus irrémédiable. A l'inverse, le temps du sommeil, le temps du repas, le temps des paroles est une extraordinaire résistance du vivant, de l'animal qui sommeille en nous.
Si on se réveille c'est bien pour devenir des humains et travailler à notre postérité. Mais pourquoi se couche-t-on? Certains se couchent pour se lever tôt, soit, mais on tourne en rond comme le long d'un cadran d'horloge... D'autres se couchent pour recevoir les conseils de la nuit, faire le point de façon expresse avant de réaliser de nouvelles observations au pays de Marianne ( ). D'autres encore se couchent parce qu'ils ne peuvent plus veiller. D'autres se couchent parce qu'ils s'ennuient. D'autres encore se couchent parce qu'il faut bien se coucher un jour. Aujourd'hui, ce soir ou ce matin, au choix, je fais partie de la dernière catégorie.
Le principal problème, c'est que l'obligation morale ne tient pas très bien la route face à un insatiable appétit de savoir, un rendez-vous tardif le lendemain et le temps pris durant la journée pour recevoir les conseils du jour (rendant donc la nuit moins payante, puisqu'en l'occurence les conseilleurs sont les payeurs ). Se lever tôt, oui, se coucher tôt, pas toujours ! Si je m'écoutais, si notre cher jogger de la République française s'écoutait, si tout le monde écoutait les principes du progrès technologiques, les heures de la nuit ne nuiraient pas au travail. Elles seraient simplement des heures pleines, sans creux d'activité, symbole de notre victoire sur le corps biologique. Ou symbole de notre incapacité à en tenir compte dans l'élaboration des sociétés de demain.
Publié le 24/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Le flot des images est intarissable, et nul ne peut plus suivre tout ce que l'univers médiatique produit. Alors l'humain a inventé le média 2.0, où les spectateurs deviennent à leur tour propagateurs d'images et sons de par le monde.
Ainsi les enfants qui aiment le rugby actuel peuvent-ils revoir des essais lointains dans le temps et dans l'espace, tel celui de Blanco en demi-finale de la coupe du monde 87.
Ceux qui ne connaissent rien au baseball peuvent aussi voir une explication très visuelle et sans équivoque de ce qu'est un "Homerun"
Mais ce tout par tous à tous est-il bien raisonnable ? Je laisse pour l'instant la question ouverte, mais j'y répondrai à l'occasion... Je parlerai par exemple des droits (les images filmées sont la propriété exclusive des réalisateurs qui les ont dirigées), car tyde ou thjoker2242, ou moi même ici, nous ne sommes pas très honnêtes en la matière...
Publié le 23/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
  C'est une chaîne très confidentielle, ce sont deux chaînes très confidentielles devrais-je dire, mais elles méritent des détours nombreux. Parce que rarement la parole politique a autant la possiblité de s'exprimer amplement, rarement les discussions sur la chose publique sont aussi poussées et pointues.
On trouve également un très bon magazine de sciences, un solide magazine de BD, et une étonnante émission littéraire menée par Jean-Pierre Elkabach, semblable à lui-même c'est à dire poussant faussement les interlocuteurs à l'audace du verbe, et Monique Canto-Sperber (oui, la directrice de l'ENS Fontenay !), silencieuse comme une intellectuelle devant des babillages médiatico-universitaires. La rédemption de Bruno Mazure ne passera peut-être pas directement par son émission Impertinence, mais cette émission a le mérite des questions qui grattent, comme par exemple un très bon "faut-il désigner les députés par tirage au sort?" avec un Etienne Chouard remonté et un constitutionnaliste pas démonté.
Ces deux chaînes dont le budget est sujet à critique proposent des programmes peu critiquables, parce qu'ils ont pour mission de diffuser l'information citoyenne au plus grand nombre, et pour peu qu'on s'attarde sur le canal on en sort souvent enrichi, mieux informé et plus décidé à participer à la vie publique.
Avis personnel  : si les téléspectateurs suivaient plus souvent les émissions proposées par ces chaînes, les élections de 2007 auraient sans doute eu des résultats un peu différents...
Publié le 22/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Dans le cadre du jeu sur les mots qui me plaît tant, je me suis amusé à combiner l'homophonie coeur / choeur / (Jacques) Coeur / qu'heurts /(ha)cker / (é)coeure avec les expressions qui utilisent ces mots homophones.
Comme dit le proverbe, "hacker vaillant rien d'impossible", donc je me suis lancé dans ce mixage vocal, à vous d'en retirer ce qui vous amuse: - Franck Michael, de salle en salle, chante en coeur - Dans la pièce d'Eschyle Les Perses, il y a un choeur qui bat (et flagelle le Grand Roi). - Charles VII est le roi de Coeur, contrairement à ce qui est écrit sur les cartes à jouer. - Les rugbymen français étaient 20 coeurs avant d'être vainqueurs face à l'Irlande. - "Oh l'écoeure", disaient les Lyonnais après l'amère défaite au Camp Nou, alors que d'habitude en coupe d'europe ils s'encourageaient à coups de "hauts les coeurs"... - Les historiens aimeraient bien avoir le Jacques Coeur à l'ouvrage. - Un chien qui bave derrière un coryphée, c'est le risque de voir la rage au choeur. - Dans l'univers du Neuromancien de Gibson, il n'est pas rare de voir une opération hacker ouvert. - Les chansons des Dix Commandements ont été apprises par choeur par de nombreux fans - A force de lui donner à manger, l'épouse de Jacques a fini par avoir le Coeur gros.
A suivre...
Publié le 22/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Toujours attentif aux vieux matchs diffusés par ESPN Classic, j’ai revu avec un plaisir énorme la demi-finale de la coupe du monde de rugby 1995. Très grand plaisir grâce aux joueurs monumentaux qui y prenaient part : au-delà du fade Will Carling, l’Angleterre pouvait jouer les premiers rôles à l’avant avec Justin Leonard, Rodber, Brian Moore ou le grand Martin « Jono » Johnson, et se défendait au mieux à l’arrière avec les deux Underwood, Guscot, et le très classe Rob Andrew à l’ouverture.
En face, c’était du très haut niveau, la meilleure équipe du tournoi sans doute : le roc Sean Fitzpatrick, Robin Brooke excellent capteur de ballons, Zinzan Brooke le stupéfiant flanker (quel drop de 35 mètres !), Kronfeld et son casque et ses percussions, Andrew Mertens le métronome (ici plutôt déréglé), Jeff Wilson le feu follet, Little, et un monstrueux, surhumain Jonah Lomu. 4 essais dans ce match, rien de moins, avec en particulier dès la 5ème minute le célèbre renversement de Mike Catt.
C’est l’une des scènes qui a fait sa légende, comme le tampon de Chabal sur le n°8 néo-zélandais fait actuellement la sienne. On repasse en boucle et on reste bouche bée devant tant de puissance. A l’époque, quand il atteint sa vitesse de croisière, rien ne peut l’arrêter, pas même un plaquage haut, une petite cuillère ou un corps « normal » en opposition. Vitesse, puissance mais aussi intelligence des trajectoires, l’homme montagne, comme on l’appelait, était au sommet de sa forme. La fin était débridée et prévisible, une Angleterre courageuse et une Nouvelle-Zélande dominatrice se disputant la domination du terrain à coups de grandes courses slalomées en direction de l’en-but. Et après la fin du match, la suite de la compétition allait montrer au monde entier que la décennie du rugby ne serait pas celle de l’essai mais du jeu au pied (de Stransky à Wilkinson en passant par Larkham).
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