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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 16/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La politique a toujours été un combat des slogans, comme les bannières s'affrontaient sur les champs de bataille au Moyen-Age. Ce sont en effet des symboles qui frappent, des armes verbales pour renverser l'adversaire et imposer son leadership. Le nom même de certains partis est un slogan : "Debout la République" dit Nicolas Dupont-Aignan, érigeons un "Front National" s'exclame Le Pen, faisons une répartition "socialiste" des richesses disent les socialistes, prenons le "Parti des Travailleurs" proclamaient Gluckstein ou Schivardi.
Parmi les phrases ou expressions échangées durant la dernière campagne présidentielle, certaines resteront dans l'histoire. Par exemple, chez Ségolène Royal, on retiendra son "Ordre juste" (forcément opposé à un ordre injuste, incarné à ses yeux par Nicolas Sarkozy) et ses variations sur le thème "donnant-donnant // gagnant-gagnant" (pour que cessent les défaites individuelles, les sacrifices des employés sans contrepartie...).
Du côté de Nicolas Sarkozy, le choix de mots ou expressions dures lui a permis d'être à l'offensive perpétuellement. Il est cependant intéressant et instructif de décortiquer ces slogans de campagne. Si on prend par exemple le célèbre "travailler plus pour gagner plus", c'est une publicité hyperbolique sinon mensongère : travailler plus, c'est augmenter la production, mais cela ne garantit pas que la consommation suivra; d'autre part, les salariés souhaitent évidemment gagner plus, il admettent donc le principe de travailler plus (mais combien de temps en plus ? et en fonction des désirs de qui, l'employeur ou les salariés ?) sans mesurer les implications pour leur vie quotidienne et pour les autres membres de la collectivité, qui ne se laisseront pas faire s'il sont lésés.
Une autre formule donne beaucoup de coups quand elle est prononcée par le garant de la doctrine sarkoziste, Brice Hortefeux : "Nous n'avons pas la possibilité d'accueillir tout le monde". C'est très poli (plus que "nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde"), c'est très logique, et pourtant derrière on peut et on doit entendre : "Nous refusons d'accueillir ceux que nous ne souhaitons pas". La question est complexe, mais justement derrière la simplicité et l'apparent bon sens on masque une réalité du cas par cas. Jouer la carte du tout interdit / tout répressif, c'est risquer l'apparition de réseaux clandestins plus nombreux. Par ailleurs, le fait de choisir certains et pas d'autres se fait soit selon des quotas (les premiers arrivés sont servis, au prix d'une injustice évidente) soit selon des critères précis qui ne prennent en compte ni la globalité de la personne ni les évolutions passées et à venir du candidat à l'immigration. Enfin, pour le tourisme nous avons vocation à accueillir tout le monde; quand fait-on un séjour, quand séjourne-t-on dans un pays ?
Le "Ensemble tout devient possible" est une trouvaille remarquable, parce qu'elle prend le contre-pied du principal défaut de politique intérieure de Nicolas Sarkozy, sa propension à casser le "ensemble" pour faire du "nous et eux".
Le temps manque pour analyser tous les slogans échangés dans les médias, qui font beaucoup de mal dans la vie réelle (ou seraient destructeurs en cas de mise en application). Mais les partis de droite n'ont évidemment pas l'apanage des simplifications dramatiques et publicitaires. A l'inverse, parfois la vérité est anti-publicitaire et fait fuir, ce qui est terriblement regrettable dans une démocratie médiatique, censée informer correctement tous les citoyens (je pense par exemple au "Mon programme n'est pas socialiste" de Jospin en 2002, ce qui était rigoureusement exact économiquement mais suicidaire électoralement). Et la vie politique laissera sans doute d'autres occasions d'y revenir.
Publié le 15/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
S. Chabal (c) L'Equipe C'est ce que pourrait dire le troisième ligne centre All Black à son vis-à-vis français à la fin du match. Mais que la personne qui partage sa vie se rassure, on ne fait pas ici dans le sentimental, je vous en laisse juge :
Pourquoi c'est assez drôle, cette séquence, et pas seulement effrayant de violence autorisée ? Tout d'abord, le n° 8 néo-zélandais va bien. Ensuite, graphiquement on est plus dans le mécanique (on imagine la silhouette de Chabal s'imprimer sur la pelouse du stade, avec le kiwi collé dans l'empreinte) que dans le vivant. Enfin, un troisième ligne All Black, ce n'est pas un enfant de coeur ou une allumette, c'est une montagne puissante : on imagine donc qu'il faut un autobus lancé à pleine vitesse pour le faire reculer. Il faut Sébastien Chabal.
PS : On en fait des louches sur Chabal, on monte en épingle le personnage qu'il se crée, mais avec l'évolution actuelle du rugby il n'est pas très loin des standards. Seuls sa "gueule" cro-magnonesque et un indice de masse musculaire au-dessus de la normale rendent son jeu médiatiquement attrayant. Pour ne pas faire de saturation médiatique (comme Christophe Dominici l'a fait avant lui), il faudra en particulier qu'il ne reste pas prisonnier toute sa vie de ce personnage du Chabal cannibal.
Publié le 14/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Bien évidemment il y a les Poèmes Saturniens de Verlaine; certes les Stèles de Victor Segalen resteront toujours une grande source d'inspiration pour moi (en particulier dans le dialogue que l'auteur engage avec la langue chinoise); Les Orientales de Victor Hugo, Les Regrets de Du Bellay, Yvain le Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes ou Les Illuminations de Rimbaud auraient mérité meilleur sort. Mais le recueil de poèmes que je relis et relis avec un intérêt toujours intact, surtout perdu au milieu de l'océan, maussade sur une île déserte, c'est Les Fleurs du Mal de Charles, Baudelaire pour les non-familiers.
"L'Invitation au voyage", "A Une passante", "L'Albatros", "La Chevelure", quelles merveilles ! La langue de Baudelaire et les émotions qu'elle porte sont uniques, et pourtant nous semblent encore familières, en ce début de XXI° siècle désenchanté et pourtant idéaliste... C'est peut-être du à l'union des contraires réalisée au détour de chaque page, joie et tristesse, plaisir et douleur, révolte et découragement, force et hésitations, qui renvoie en miroir les mélanges sans fin du Monde. Platon ne prônait pas autre chose que cet alliage subtil et magique de l'unité dans la diversité et de la diversité dans une unité, ce bouquet de Fleurs du Mal.
S'il faut chercher une illustration graphique de ce recueil, on est tenté d'associer deux images fortes, le sujet (le narrateur qui perçoit) très comme il faut et l'objet (ce qui est perçu) très comme il ne faudrait pas...
 
Publié le 13/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Trop forte, cette Tartan Army, trop grands ces défenseurs centraux écossais, trop tonique sur ses appuis ce gardien transféré en Premiere League pour 13 millions d'€, trop déterminés ces milieux athlétiques, trop inattendue cette frappe soudaine de McFadden...
J'ai rappelé il y a quelques jours que la titularisation de Trezeguet me remettait en mémoire la stérilité offensive de la coupe du monde 2002. Le goût était bien là hier soir pour ce match à 6 points en vue des qualifications pour l'Euro 2008 de football. Beaucoup de jolis mouvements, dont certains conclus par Trezeguet, mais aucun but pour l'équipe de France. Ce n'est pas faute d'avoir aligné des joueurs offensifs, capables de faire des vraies différences individuelles (Makélélé, Ribéry, Anelka, Malouda, avec en plus Nasri et Benzema vers la fin du match) !
Mais le mur écossais n'a pas flanché, et a renvoyé l'animation offensive française à ses chères études.
Pendant ce temps, Michael Owen perçait la Russie avec 2 buts splendides et menait l'Angleterre à la renaissance. Le contraste était terrible avec les espaces minuscules dont disposaient les français; le scotch était plus fort que la vodka en cette soirée, mais il y avait la possibilité de faire plus, avec peut-être un peu plus d'audace dans la conduite de balle. Ah, les dribbles de Zidane... Le dispositif en 4-2-3-1 aurait pu être utilisé pour jouer plus "naturellement" en vitesse sur les côtés et en finesse dans l'axe.
Quelle composition alors ? Trop tard pour souhaiter une défense Malouda - Abidal - Thuram - L. Diarra, un milieu défensif avec Viera et Makélélé, un trident offensif Anelka - Nasri - Ribéry et une pointe en la personne de Trézéguet. Mais le premier but aurait sans doute été français, avec au final un match nul (l'Ecosse marquant sur coup de pied arrêté par exemple) plus intéressant du point de vue comptable.
Bref, sur le plan du football ce fut une soirée à ne pas plus oublier que le 5-0 du Stade de France en mars 2002, pour des raisons diamétralement opposées.
PS : Sans vouloir me comparer à lui, je remarque à l'instant qu'Angel Marcos formule le même souhait rétrospectif, concernant la présence d'un milieu axial derrière un attaquant unique en pointe... Je ne suis pas toujours d'accord avec lui, mais force est de constater que là, il est d'accord avec moi  !
Publié le 12/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Franc amateur de jeux les plus divers, très intéressé par l'antiquité gréco-latine, je me suis laissé convaincre par une petite partie du jeu tiré de Roman Mysteries.
Ne me demandez pas ce qu'est cette série de la BBC, je n'en connaissais rien avant ce midi. Visiblement, à en juger par la moyenne d'âge des héros, c'est une sorte de version infantile de Rome, la série historique diffusée au cours de l'année par Canal +.
Le jeu est un point & clic très classique, il faut trouver dans les décors des objets et arriver à les combiner avec d'autres pour débloquer des passages, obtenir d'autres objets ou des informations. Il s'adresse à ceux : qui aiment résoudre des énigmes ET qui aiment l'antiquité romaine ET qui ne sont pas regardants sur la vraisemblance des personnages ET qui ont une âme d'enfant ET qui sont à l'aise avec le maniement d'une souris. Cela fait beaucoup de conditions, j'avoue douter que ce jeu rencontre vraiment son propre public. De mon point de vue il est bien, mais pas top.
Mais je ne m'inquiète pas outre mesure pour les développeurs, tant il me semble que ce jeu n'est qu'un "effet collatéral" de la série télévisée qui l'inspire. Avec la diffusion plus large du jeu vidéo, les modules ludiques (Cd de jeu dans des céréales, memory sur le thème d'une boisson, quizz en ligne pour gagner des cadeaux...) sont devenus un argument marketing de plus autour du produit, dans l'arsenal déjà existant. On peut s'en réjouir, parce que cela désacralise l'acte de jouer, ce n'est pas une pratique satanique mais une activité semblable à la lecture, à l'écriture ou à l'observation.Mais on peut aussi se lamenter de voir ainsi ridiculisé le potentiel pédagogique et émotionnel des "vrais" jeux : "si c'est ça les jeux, c'est bon pour les gamins, alors pourquoi ce trentenaire se passionne-t-il pour un Fallout, un Age of the Empires, un Ultima VII ou un Day of the Tentacle ?". L'art ludique est jeune, mais il commence à être perçu, en tout cas à partir de la génération des 30 - 35 ans, comme une industrie artistique semblable au cinéma.
Publié le 11/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
C'est vrai qu'on a bien besoin de la nuit pour tempérer les ardeurs de notre ami le soleil. Mais quelle barbe cette nuit quand le Marchand de sable passe ! De plus, la nuit est souvent belle, alors la quitter serait trop bête !
Donc comme souvent, je veille en tapant un article de blog. Ce faisant je dépense de l'énergie, ce qui aura un impact sur la consommation globale de la planète, rejettera un peu plus de CO2 dans l'atmosphère, fera fondre les glaces du Pôle Nord et expulsera de facto les Inuits de leur habitat traditionnel.
La nuit nuit donc aux Inuits. Mais je ne regrette pas de me coucher tard. Hélas.
Publié le 10/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Les sites de commentaire, les sites d'information, les blog d'information continue se raffinent à mesure que le temps passe. C'est l'arrivée et la diffusion d'un Internet 2, qui intègre non seulement des hyperliens mais surtout des hyperobjets, cadres complexes important directement les données décodées ou cadres réactualisés en temps réel. L'excellent site de eDémocratie par exemple, pour excellent qu'il soit, est une usine à gaz.
Mais tout le monde est-il apte à afficher et naviguer en Internet 2 ? Quand je dis tout le monde, je ne parle pas qu'en France, je pense aussi à Shangaï, à Lagos, à Sao Paulo, à Bogota, à Pretoria, à Bombay, à Islamabad ou à Talinn. Pour beaucoup, ce genre de site est illisible parce qu'en langue française, mais également parce que trop "indigeste" pour des connexions et des machines aux capacités modestes. C'est une antienne digne de notre cher Jean-Claude Guillebaud, mais si les médias se scindent entre médias de masse, "cheap", et médias bien informés, denses, il y a une injustice contraire à l'idéal journalistique d'information du plus grand nombre.
Il y a quelques années, de nombreux sites proposaient une alternative d'affichage entre 800x600 et 650x480, et même parfois, comble du luxe, 1024x768. Pourquoi ne plus proposer en guise d'entrée en matière un choix entre avec frames et sans frames, ou statique / dynamique ? La technicité croissante des détecteurs de configuration pourrait être mise à contribution également pour adapter automatiquement la richesse de la "décoration" d'un site, mais ces détecteurs sont des outils dangereux pour la sécurité de navigation.
Gardons les portes ouvertes à un public plus large !
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