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Tribune libre
aterai bel : resehershe
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 09/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
On fait parfois le lien entre les résultats électoraux aux présidentielles et aux législatives cette année et les résultats à venir aux municipales : continuité de majorité, retour du balancier électoral, etc. ?

Mais de fait, chaque élection est le savant mélange du "paquet personnel" et de l'étiquette accolée aux candidats : quand on apprend suffisamment de choses sur la personnalité, sur les actions passées, sur les projets, sur les idées et sur les collaborateurs d'un ou candidat(e), c'est ce "paquet personnel" qui préside surtout au choix, l'étiquette devenant secondaire. Les présidentielles sont un exemple typique de ce vote que je dirais "en conscience".

Les législatives sont un cocktail étonnant entre la mise en avant d'une étiquette (pour soutenir la majorité, pour la tempérer, pour s'y opposer) et, ponctuellement, la dimension particulière du candidat ou de la candidate. Les dernières législatives ont plus été nationales (à étiquette) que locales, comme le prouvent par exemple les échecs d'Alain Juppé et de Najat Vallaud-Belkacem ou les réussites du Nouveau centre et du benjamin de l'assemblée (Dussopt). A contrario, l'élection d'Arnaud Montebourg par exemple relève plutôt d'une évaluation de son "paquet personnel". Seules les personnalités politiques déjà bien connues et identifiées par les quidams de la rue ont eu un impact, à cause du temps très court entre la campagne présidentielle et la campagne des municipales.

Enfin les municipales à venir donnent plus de temps pour s'intéresser aux personnalités en lice. Certes la situation politique générale française aura un impact, peut-être décisif si les positions sont serrées, mais relativement faible. Le travail du terrain, les marchés, les commerçants, les associations de défense, les inaugurations, voilà ce qui fera les maires et mairesses de la plupart des 36 000 communes. C'est là qu'on comprend que la démocratie athénienne, essentiellement attachée à mettre en valeur le "paquet personnel", ne put fonctionner qu'à l'échelle de la cité. C'est au niveau de cette extension géographique réduite qu'est vraiment palpable la santé de la démocratie, ce sera donc très intéressant de vivre cela pour moi qui n'ai jamais connu d'élection municipale en tant qu'habitant durablement installé.
Publié le 08/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie


Le grand bonhomme est mort depuis trop longtemps déjà, mais son humour me hante encore. Je ne faisais rien, je me suis demandé : "mais qu'est-ce que tu fais ?".

M'est alors revenu en mémoire ce magnifique sketch du danger de voir ce qui n'existe pas : la bouteille qui fait tituber, le risque de rester à tout jamais dans l'imaginaire, et ce splendide passage où Devos raconte avoir joué un mime qui devait ne rien faire. Légèrement angoissant, tutoyant l'absurde, linguistiquement génial, c'est du grand Devos, du Devos tout simplement.

De mémoire d'internet, je restitue le passage du mime, saccadé mais avec un mouvement d'ensemble encore perceptible :

On dit qu’un mime sait tout faire.

C’est faux !
Un mime ne peut tout faire.
Exemple :
Un jour …
Je devais mimer un personnage
Qui n’avait rien à faire …
Eh bien… je n’ai rien pu faire,
Parce que ne rien faire,
Ca peut se dire.
Ca ne peut pas se faire. (…)
Paradoxalement, plus je ne faisais rien
plus les gens, dans la salle, disaient :
“Qu’est-ce qu’il fait ? Mais qu'est-ce qu'il fait ? (…) “


A rappeler aussi, la remarque du directeur du théâtre : "Non seulement je paye un mime pour ne rien faire, et il ne le fait pas, mais en plus il parle !"

Devos, si tu existes (encore), envoie-nous une preuve de ton existence !
Publié le 07/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
La mémoire s'expurge souvent des scories inutiles (caprices de stars et appétit gargantuesque) lorsque sonne le glas des grands artistes. De Luciano Pavarotti il restera une voix, au timbre italien très marqué, mais à l'ampleur unique. Sa mort est l'occasion de redécouvrir son double visage de chanteur lyrique et de chanteur populaire, alliage impensable après 1870 et avant 1980: il a chanté avec des confrères de grand talent (Domingo, Carreras) mais aussi des artistes d'une autre planète que la sienne, James Brown ou Barry White. Honorable et respectable démarche de rencontre de l'autre pour créer ensemble, même si les puristes lui reprocheront d'avoir donné envie à Florent Pagny d'avoir fait l'orgueilleux Baryton.

Bien que désespéré par la faute d'orthographe dans le nom de Schubert dans le titre de la vidéo, je propose donc comme oraison funèbre cet Ave Maria chanté par "Il Maestro", l'homme de Modène, l'homme - baryton, l'homme - chanteur.


Publié le 06/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les Australiens étaient sur les genoux, dès le début de ce Australie France mémorable de 1987. On perçoit après coup la valeur de cette aurore du rugby moderne, le courage de ces Rodriguez, Lorieux (quel match splendide !), Herbani, Hondarts, Camberabero, Garuet, Dubroca, Charvet, Mesnel, Berbizier, sans oublier le génie de Sella et Blanco (quel porté de balle aérien sur l'essai de Lagisquet !). La détermination, les bourre-pifs et le french flair étaient des facteurs essentiels, et le fait de lever de la fonte n'aurait rien donné de plus à Campese, Far-Jones ou Lynnagh. Evidemment tout n'était pas rose, mais la dimension humaine du rugby alors était semblable au football de Saint-Etienne en 1976, ou de Nantes au milieu des années 80.

Ce n'était alors qu'un territoire, c'est maintenant une planète à part entière, l'ovalie. Les exploits y sont encore possible, comme cette demi-finale de Twickenham où Dominici et Bernat-Salles avaient assommé les monstrueux All Blacks. Mais ils s'y font de plus en plus rares, presque plus rares proportionellement que dans le football (que la Grêce ait gagné le championnat d'Europe, c'est comme si l'Italie gagnait le tournoi des 6 nations avant 2010 !!!).

On dit souvent que le rugby sera le sport du XXI° siècle comme le football aura été celui du XX° siècle. 2 remarques s'imposent : le football n'est vraiment devenu sport dominant que dans la seconde moitié du XX° siècle, c'est donc exagéré de lui donner tout le siècle. D'autre part, la place prise par le football n'a pas empêché une vraie passion populaire émerger pour la NBA par exemple. Enfin la domination du rugby, si domination il y a, n'ira sans doute pas au-delà de 2050, si les e-sports ou le poker n'ont pas pris le dessus d'ici là...

Ca n'empêche pas d'apprécier à leur juste saveur les chaleureux moments d'engouement partagé que ce sport apporte régulièrement.
Publié le 05/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Nous sommes vous et moi sur la toile, et pourtant, par la magie de l'ubiquité électronique, je suis aussi sur une île "déserte" à 650 kilomètres de toute vie moderne. Je précise entre guillemets "déserte", parce qu'avec plus de 100 amis sur l'île et quelques 220 000 inscrits, on se sent pas vraiment seul...

Actuellement, je suis fatigué d'avoir décollé de la tôle de la carlingue de l'avion qui s'est écrasé en m'amenant là-bas. Je me repose, avant de reprendre ce travail long et stupide. Pourquoi tant de personnes sont-elles attachées à ces tamagochis pour adultes, ces êtres virtuels qui forment comme une seconde vie (Second Life n'est effectivement pas loin) ? Certains jouent à la poupée pour se sentir des dieux, comme dans Popoulous, Ages of the Empires, Black & White, Les Sims (excellente référence d'ailleurs, dans le premier du nom, avec le jeu pour adulte "Maison de poupée"). D'autres, je pense, font des expériences par procuration, comme les lionceaux se chamaillent "comme si" pour savoir ce que ça fait d'être aux prises avec un ennemi en vrai. C'est sans doute l'objectif visé par la plupart des survivants de 650 kilomètres, ce jeu sympathique où il faut tout bricoler comme si l'on était seul au monde.

Mais pour d'autres, j'en fait partie, il y a la curiosité de savoir jusqu'où nous emmènent les concepteurs. En l'occurence, je crois qu'ils naviguent un peu à vue, par tâtonnements, mais par exemple le passage de la version 1 du moteur à la version 2 était intéressant pour savoir justement où Omegames (attention à ne pas confondre avec Omegame, la société de Nicolas Perret) en était de ses plans. Le jeu évolue vers plus de complexité des gestions de ressources, vers plus de suspens. En contrepartie, je pense que la mise en place de quêtes, et tout ce qui ne relève pas du "leveling" (augmentation de niveau), va devenir soit inaccessible soit accessoire. Dommage. Mais à suivre...
Publié le 04/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
On parle souvent de l'Age d'Or de la science-fiction à propos des Asimov, Bradbury, etc. du début du dernier demi-sciècle du XX° sicèle (les années 50, en clair). Pour moi, l'âge d'or est aussi celui des Herbert, Gibson, Moebius (oui, le dessinateur) et K Dick.

Autant Gibson a apporté beaucoup sur le plan des notions de personne humaine, d'entité virtuelle, d'interaction, autant son écriture poétique reste dans les limites du "talenteux". Mais K Dick apporte chaque année la fécondité de sa vision, qui se traduit très exactement dans la richesse de son écriture. Parmi ses ouvrages, je souhaitais en choisir un pour l'emmener sur mon île déserte. Il y a tant de variété dans Ubik, tant de force émotionnelle dans Do Androïds dream of electonic sheep ? (qui donna à l'écran Blade Runner), tant de virtuosité dans Total Recall, tant de désenchantement dans la nouvelle Minority Report ou dans Running Man...

Finalement c'est Le Maître du haut château qui retient toute mon attention. D'abord parce que c'est un titre splendide, égal en qualité à La Chartreuse de Parme (et tout aussi surprenant par rapport au contenu). Ensuite parce que l'uchronie est la plus belle des luttes contre le fil du temps et développe toute la puissance de l'acte de lire. Enfin parce que ces histoires croisées, ces destins profondément humains sont traités avec juste ce qu'il faut d'allusif pour que le lecteur prenne une place prépondérante dans l'écriture de cette histoire doublement imaginaire.

K Dick était sans doute un illuminé, mais de ce fait il reflétait à merveille le passé, le présent de son écriture, l'avenir de son écriture (donc notre présent de lecteur et notre avenir). Il avait un côté ésotérique, mais de ce fait nous avons une agréable responsabilité dans le puzzle de ces histoires. Il a laissé volontiers des béances dans ses univers, mais de ce fait nos esprits sont tout à coup aspirés et notre imagination, tant bridée par nos existences "fonctionnelles", prend le pouvoir.
Publié le 03/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Après Les Bienveillantes, avec le dernier livre du remarquable Claudel, tout comme à l'époque de Né en 17 à Leidenstadt, Comme toi, Nuit et Brouillard, Le Chagrin et la pitié, Shoah, De Nurenberg à Nurenberg, La Vie est belle, La Liste de Schindler, je me retrouve face à la question : et toi, qu'aurais-tu fait?

On a beau avoir une belle confiance en sa propre bienveillance, dans le panel (plus large qu'on ne le dit) entre les héros et les salauds on ne sait jamais très bien où le sort, le caractère, la nature humaine, l'intelligence et l'imagination nous auraient placés.
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