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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 02/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Un mot tout petit pour dire que, tandis que la télévision sur le cable aime rediffuser les événements de l'époque "comme en vrai", 10 ans de Diana, 20 ans de coupe du monde de Rugby, elle oublie de faire son travail de mise en perspective de ces événements. La rétrospective sans perspective, ça n'est que la moitié du chemin effectué par un documentaliste, un bibliothécaire ou un conservateur...
Publié le 01/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La rentrée politique est marquée par de grandes manoeuvres au PS. Et dès qu'il est question de manoeuvres, il y a de la "perte". J'avoue dans ma candeur n'avoir pas pensé que les deux Fêtes de la Rose, celle de Frangy et celle de Melle, seraient en fait concurrentes : les quadras (Montebourg, Valls) contre les Ségolénistes (Bianco, Najat Vallaub-Belkacem). Très honnêtement, je trouve ces positionnements particulièrement ridicules, tout simplement parce que dans les grandes lignes ces deux courants sont dominants au PS et s'entendraient très bien pour réinventer le hardware social-démocratique.

Suivant d'un oeil un reportage intéressant - et néanmoins simplet - sur les causes de la disparition des grands mammifères du pléistocène (mammouth, lémure géant, paresseux géant, castor géant), je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la disparition des éléphants socialistes. Les facteurs sont multiples (Sarkosaurus rex, changement du climat social, faiblesse de la fécondité intellectuelle, disparition de leur électorat naturel, stress dû aux attaques multiples, concurrence des nouvelles espèces prédatrices, la maladie d'ouverture/affaiblissement, en un mot le "Progrès" au sens positif comme, plus récent, négatif). Mais le constat est là : il n'y a plus de place, et la plupart d'ailleurs en prennent acte (absences nombreuses à l'université de La Rochelle).

Cela, qui arrive au PS comme, dans une moindre mesure, dans les autres partis de gauche, et qui serait arrivé à l'UMP en cas de défaite de Sarkozy aux présidentielles (la chute des Devedjian, Coppé, Gaudin, Juppé, Hortefeux, Bertrand, Bachelot ou Perben n'aurait pas fait de doute), cela donc est ici redoublé par une lamentable forfanterie chez de nombreux "nouveaux visages".

Que les dents de certains rayent le parquet, c'est logique étant donné l'altitude de la mission conférée à une personne qui entend, du moins partiellement, gouverner un pays de 60 millions d'habitants. Il n'y a donc rien de choquant. Mais ce qui me heurte particulièrement en ce moment, c'est la disproportion entre les ambitions et les objectifs. hérisser le poil comme un jeune lion, oui, c'est bien, mais pour quoi, contre qui ? Les quelques mesures fiscales discutables et rejetées par le conseil constitutionnel ? Non, contre d'autres gens de bonne volonté, désireux d'engager des réformes politiques et dans la société, afin de prendre les commandes d'un bateau aux multiples voies d'eau. Franchement, se tuer pour une carcasse, c'est absurde et indécent vis-à-vis de ceux qui pâtissent de l'orientation faussement - friedmanienne du gouvernement actuel.

Dans le domaine, c'est une bonne chose, je trouve, que Ségolène Royal en ait rabattu de sa volonté de "prendre le parti" personnellement : pour son objectif de 2012 elle serait plus avisée d'accompagner la candidature d'un Rebsamen par exemple, plus modeste que le très intéressant Manuel Valls et moins étiqueté "ancien socialisme" que Bertrand Delanoë ou Jean-Marc Ayrault. De toute façon, ce ne sont pas les personnes qui pourront recréer une opposition dynamique et constructive, mais les orientations politiques portées par certaines personnes. Heureux MoDem, qui devrait bénéficier de quelques "conversions" de socialistes déçus à la fois par Kouchner et par les "jeunes lions".
Publié le 31/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Terrible et pourtant relevant du vivant et de l'humain, l'humour noir est un piment de mon existence. Quand je vais assez bien, confronté aux drames humains proches et lointains, je ne peux m'empêcher de trouver moyen d'en rire. je m'en cache souvent, parce que cela ne serait pas compris, mais c'est une façon d'explorer l'événement tragique, d'en faire le tour pour essayer de le comprendre.

Ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul à rire de l'horreur portée à son paroxisme inhumain : en discutant avec mon épouse et une amie, nous évoquions le fait que de nombreuses personnes, même en France, se doutaient que les convois de déportés juifs n'étaient pas dirigés vers des lieux enchanteurs. Un des grands-pères, habitant vers une gare importante, racontait ainsi que tout cela était fort louche... "ça sentait le roussi" commente notre amie. Je n'ai pu m'empêcher de faire le lien avec l'holocauste en ironisant "ah bravo, c'est du joli de se moquer de la shoah comme ça, dans les camps ça sentait le roussi, c'est très fin comme humour". Evidemment, cette amie avait fait un lapsus, mais le fait de le souligner nous a plongé dans un rire jaune, où se mèlent le malaise et les manifestations extérieures de la joie (rire, paupières supérieures étrécies, agitation du haut du corps).

J'avoue avoir déjà demandé, faussement innocemment, "pourquoi les Serbes causent aux veaux ?" alors que les massacres faisaient rage dans la patrie de Rugova, le Kossovo. J'admets avoir cueilli des cassis en comptant le nombre d'Ethiopiens qui auraient ainsi pu être nourris. Je reconnais avoir aussi ri avec le clip de Kamini J'suis blanc, très "humour juif noir". C'est un fait, les malheurs ne me laissent jamais de marbre, et tantôt j'en pleure tantôt j'en ricane de désespoir.

Ne sommes-nous pourtant pas tous ainsi, devant les déboires des personnages de dessin animé (le coyote éternelle victime du bip-bip, le chasseur chassé par Bugs Bunny ou plus récemment l'espèce d'écureuil de L'Age de glace s'agrippant à sa noisette), devant les cérémonies pompeuses qui sont ruinées (4 Mariages et 1 enterrement), devant les accidents sans fin de Pierre Richard dans La Chèvre ?

L'avantage de se moquer des malheureux, c'est qu'on ne peut raisonnablement pas nous prendre au premier degré. Caricaturer les "méchants" et les "forts", comme Dieudonné prétend le faire, laisse toujours incertain : premier degré ou pas? C'est plus intéressant littérairement, mais voilà longtemps qu'on ne peut plus se comporter en société comme on se comporte dans les livres.
Publié le 30/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Il est sans doute l'un des plus grands attaquants que la France ait connu, et pourtant le seul moment où il fut titulaire indiscutable fut une catastrophe nationale pour cause de silence offensif (Coupe du Monde 2002, 0 buts marqués, et deux frappes sur les montants pour David Trezeguet). Avec seulement 69 sélections, il compte déjà 34 buts, soit près d'un but tous les deux matches. Plus encore, en nombre de minutes passées sur le terrain, il a été très peu présent même dans les grands rendez-vous (remplaçant lors de la finale de l'Euro 2000 où il marque le but en or, remplaçant, remplaçant, remplaçant presque à chaque fois qu'il a été efficace, comme lors que ce France-Îles Feroë où, entré à la 61° minute, il marque 2 buts, ou comme dans cet étonnant France-Slovénie où il marque le but victorieux en fin de match alors que la France était menée 2-0 au bout de 10 minutes).

Avec donc une efficacité hors normes, David Trezeguet reste impossible à titulariser sérieusement. Quel paradoxe ! C'est sans doute dû à la qualité de son comparse Thierry Henry, équivalente mais reposant sur un physique plus consistant. Ce qui joue également, c'est le manque de bons passeurs longs dans les récentes équipes de France (ce n'était pas vraiment le cas de Zidane, et l'excellent Willy Sagnol n'a pas eu la possibilité de disputer beaucoup de matches avec Trezguet en pointe). Il y a aussi chez ce renard des surfaces une lacune dans le domaine de la percussion, très sensible en comparaison d'Henry, Anelka, Cissé et même Govou ou Saha, pourtant moins talentueux dans les 20 derniers mètres. Enfin les systèmes de jeux s'accommodent mal d'un duo d'attaquant globalement si peu mobiles (l'activité d'Henry, compensatrice de la posture statique de Trezeguet, a pu faire illusion contre la Suède, contre l'Ecosse lors du splendide 5-0 au SdF ou contre l'Allemagne à Gelsenkirchen).

Tout ceci fait qu'El Flaco (le maigre, tel qu'on l'appelait à Platense lors de ses premiers éclats) est aussi insatisfaisant au coup d'envoi d'un match de l'Equipe de France que nécessaire sur son banc. Et combien d'histoires pourra-t-on raconter sur la différence entre Henry et Trezeguet, comme entre Pelé et Garrincha en 1958, comme entre Papin et Cantona en 92, comme entre Viera et Makelele en 2006, comme entre Blanc et Desailly en 98... c'est cela qui me semble important et heureux de dire : Trezeguet fait partie du panthéon sportif français, et personne ne regrette qu'il ait choisi de défendre les couleurs de la France vers l'âge de 18 ans. Pas comme Gonzalo Higuain...
Publié le 29/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
L'Encyclopaedia Universalis, quelle oeuvre formidable ! Jamais on n'a traité avec autant de maturité les articles d'un ouvrage de référence. Pour tout lire, c'est bien plus d'un an qu'il faut, c'est presque une vie ! La densité fait qu'un article sur l'entropie amène à feuilleter aussi les articles thermodynamique, Poincaré, astrophysique, Big Bang, Planck, calcul intégral, mécanique des fluides, Leibnitz, et ainsi de suite...

Le reproche qui pointe peut-être en vous est : peut-on mettre sur le même plan l'art de l'Odyssée avec l'intérêt d'une encyclopédie, si encyclopédique soit-elle? Mais ne pouvait-on pas mettre sur un même plan Les Essais de Montaigne, Les Regrets de Du Bellay et Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil de Jean de Léry ?

L'humanisme recommande de dépasser les clivages de genre, et dans l'Encyclopaedia Universalis il y a l' "instruire", mais aussi le "plaire", et même le "toucher" de la littérature antique et de la Renaissance (je pense aux articles sur Rousseau ou sur la démocratie athénienne). Plaire, instruire, toucher, quel beau programme pour un ouvrage de référence, recevoir plaisir, informations et émotions, quel beau programme pour un lecteur ouvert !
Publié le 24/08/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

L’anaconda a encore frappé… L’anaconda, c’est Thierry Henry, le renard des moitiés de terrain (la surface n’est pas vraiment son jardin, il part de plus loin). Alors qu’en 2002 c’est Trezeguet qui semblait en mesure de battre le record de buts en sélection de Michel Platini, l’anaconda revient en 2007 sur les talons du furet nancéien avec 40 buts (contre 41).

Méditant la frappante similitude entre la puissance sinueuse et implacable des percées d’Henry et les ondoiements de l’anaconda amazonien, je me suis pris à imaginer le bestiaire aligné par Raymond Domenech, pas si mauvais sélectionneur qu’on a voulu le dire, face aux Bratisla Boys de la Slovaquie.

En second 9 (puisque, je suis d’accord avec Angel Marcos, il n’y a pas de 9 et demi, il y a des pointes et des milieux offensifs, qui bougent sans cesse sur le terrain), le petit Nicolas, plus jeune que moi depuis toujours, me fait penser au chamois de Trappes, connu pour ses fortes accélérations et ses coups de têtes intempestifs. Aucun problème pour monter, un déplacement naturellement performant, et avec de l’expérience beaucoup d’habileté pour temporiser, et repartir à l’attaque quand il le faut.

Pour moi, Florent Malouda est un crabe violoniste, avec sa patte gauche surpuissante et l’impression qu’il galope tout le match durant, toutes jambes dehors pendues à son cou. De l’autre côté, Franck Ribéry est un peu comme la roussette du bassin méditerranéen ou les plus petits requins qui viennent s’échouer sur les côtes de Boulogne-Sur-Mer : un profil taillé à la serpe, des dents de carnassier, un petit gabarit mais un énorme appétit, avec en prime la vivacité que les grands blancs leur envient.

Vieira, en forme, c’est le faucheux, qui vole deci - delà et ratisse tous les ballons avec ses grandes jambes ; en méforme, c’est un peu la faucheuse, qui découpe les jambes adverses, emportée par son élan. Claude Makélélé a la malice du vieux singe, mais la comparaison avec les primates a trop été employée par les racistes pour ne pas déranger les consciences. Il me semble que l’image de la fourmi solitaire lui va comme un gant : travailleur infatigable, il ne semble pourtant plus œuvrer pour le collectif mais pour la collectivité. Un ballon à remonter, il le fait remonter sans trop s’occuper des risques qu’il prend ; il assume seul ses responsabilités.

La défense inédite de ce Slovaquie – France de la rentrée 2007, c’était Patrice Evra le crapaud (son surnom monégasque vient de ses yeux écarquillés et de son ancienne posture d’attente, jambes ramassées), Eric Abidal le poisson-chat (toujours calme, aux petites moustaches esquissées, physiquement très fort, rapide et très très accrocheur), Philippe Mexès le loup (membre de l’équipe de la louve, il n’est pas un monstre physique mais tient bien sa place dans la troupe, donnant les coups de griffe qu’il faut pour contenir et contre-attaquer) et Socoroco le moineau (il volette sur tout le flanc droit, mais il m’est apparu bien léger, sans gros argument offensif, à la différence du grizzli Sagnol).

Enfin, qui de mieux pour garder les cages de l’équipe de France (en l’absence de Coupet) que Landreau le Panda ?

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