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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
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Publié le 02/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Mes souvenirs de Of Mice and men ne sont peut-être pas assez précis, mais il me semble que les googles en anglais sont des grosses lunettes portées pas les fermiers ou les aviateurs pour éviter d'être ralentis dans leur travail par des poussières ou du sable dans les yeux.

En d'autre termes, appliquer des "googles" sur une partie de ses "outils de travail" (en l'occurence, sur ses yeux) permet
1) de les préserver
2) de continuer à travailler

Cela tombe bien, Google propose de préserver tous les livres de toutes les bibliothèques du monde en les numérisant, tout en n'empêchant pas les bibliothèques de continuer à travailler.

Le fait que la Bibliothèque Municipale de Lyon souhaite passer un accord de numérisation massive avec Google m'aurait rendu perplexe il y a quelques semaines. Mais allez savoir quel grain de sable s'est fourré dans ma réflexion ronronnante, je crois que les arguments du directeur de ladite BML ont une plus longue vue qu'il n'y paraît. A court terme, c'est plus intéressant évidemment d'accepter l'argent du monstre des nouvelles technologies pour mieux sauvegarder les anciennes. Surtout qu'en contrepartie le fond de la bibliothèque restera frais et dispo.

A moyen terme, en revanche, on se dit que faire le jeu de Google et couper l'herbe sous les pieds d'Europeana, la structure européenne concurrente du numérisateur américain fou, c'est très individualiste et non dénué de risque de dérive liée à la rentabilisation à tout prix.

En dernière analyse toutefois, à plus long terme, une grande bibliothèque ne pourra proposer des services modernes, et ne sera incluse dans la galaxie Volta-Gutenberg, que en se reposant sur un fond riche et numérique. Or il n'est jamais trop tôt pour commencer les évolutions qui seront nécessaires; quoi qu'on dise il est toujours plus facile de remonter d'un niveau technologique après une première progression plutôt que de faire le grand saut brusquement (les difficultés du blu-ray tendraient à me donner tort, mais passons). D'une certaine façon la musique le prouve: si la musique anglo-saxone et anglophone a connu un tel succès et continue à faire la course en tête, c'est bien parce qu'elle était portée au départ par une transmission technologiquement plus élevée que ses concurrentes (radios, vinyles, émissions de télévision, CD, téléphones portables, sites internet, Myspace, etc.).

Voilà pourquoi la BML aurait tort de vendre son âme à ce diable de Google, mais pourquoi aussi elle a raison de constater qu'elle ne peut pas faire autrement pour garder une longueur d'avance.
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