Venant de voir à l'instant La Môme d'Olivier Dahan, je ne peux qu'en recommander très vivement l'expérience. Car c'est une vraie expérience, riche d'une pépite qu'on n'est pas près d'oublier de sitôt : Marion Cotillard, actrice.
Je me rappelle encore son sourire malicieux dans Taxi premier du nom, où elle ne jouait pas quelque chose mais était là. Quel grand écart avec ce jeu extraordinaire, cette présence étonnante double que Diderot aurait adoré : elle est là et elle laisse place à Piaf, elle l'imite et en même temps joue la comédie, elle la présente et en même temps la représente.
Les américains vont adorer ce type de jeu, et pour une fois on peut avec raison être d'accord avec eux. J'aimerais parodier à la fois Resnais et Les Cahiers du cinéma époque Antoine de Baecque et Serge Toubiana pour dire : La Môme, c'est un documentaire sur une actrice (cf. L'Année dernière à Marienbad, "Un documentaire sur une statue").
Certes le film est très bien pour plein d'autres choses, la déconstruction narrative qui donne envie de reconstruire, les seconds rôles très justes, la lumière, les dialogues (enfin on n'entend pas correctement les paroles échangées dans le quotidien des p'tites gens !), la mise en scène parfois intéressante malgré quelques grossièretés (la sublimation de la mort de Cerdan par la scène est un peu simpliste). Mais s'il faut une raison de le voir, la présence de Marion Cotillard suffit.










