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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 04/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre

On se moque souvent des parents-poules, des pères possessifs et des mères dites 'juives'. Moi même je l'avoue, tout paternel que je sois, je ricane lorsqu'un téléfilm trop paresseux joue sur l'affection des parents pour leurs enfants afin de justifier leurs erreurs et leurs violences. J'ai souri ironiquement en entendant Ségolène Royal (qui d'ailleurs a signé lundi dans Le Monde une tribune très efficace) désirer pour tous les enfants des quartiers difficiles ce qu'elle a voulu pour ses propres enfants.


Mais voilà, pour une première opération avec anesthésie générale, même avec un caractère cynique, on s'inquiète pour son enfant. On est désemparé lorsqu'il a mal à son réveil et que la seule chose à faire c'est d'attendre. On aimerait vite lui retirer sa douleur, mais les médicaments tardent à faire effet, et la bonne idée de lui changer les idées est terriblement difficile à mettre en pratique. Il n'y a rien pour les enfants à 14h à la télé (surtout ne pas le rendre accro à Derrick, ce serait une catastrophe!). Quand on tente de faire un peu le clown on se rend compte qu'à 4 ans et demi et dans cet état-là, on ne rigole plus en voyant son père se cacher derrière un lit. Quand je m'approche de lui pour le cajoler je ne suis pas très convaincu dans mon ton prétendument rassurant.


Etres fragiles avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force de vivre ? Si mignons, ces petits oignons, ces choux, ces petits pois ressemblent parfois à la flamme d'un bougie, qu'il faut protéger contre vents et marées. Je comprends alors que certains préfèrent soigner une varicelle d'enfant plutôt que participer à un congrès. Et je dis à ceux qui espèrent être parents mais craignent les maladies d'enfants, allez-y, ce sont des occasions supplémentaires de bonheur, et en tout cas d'attendrissement.

Publié le 04/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Quand on parle de cubisme, nos mémoires bornées à l'occident pensent à Picasso, à la montagne Sainte Victoire chère à Cézanne, ou encore à Picabia. Pas une de nos pensées ne franchit l'Oural, ne navigue sur l'Amour, ne s'élève jusqu'au Toit du Monde, ne se réveille dans un Matin Calme ou ne fait halte dans l'Empire du Milieu. Pourtant, tout en gardant quelques spécificités culturelles, les artistes asiatiques ont apporté leur pierre au cubisme mondial.

Quelques exemples pour ne plus en douter (récoltés grâce à un ancien dossier publié sur L'Internaute):


Ta Ty, La Moisson, Vietnam, 1951 (Singapore Art Museum)
Je commence par l'oeuvre qui m'enthousiasme le moins, même si elle a des qualités. J'aime bien la rotation des visages, le traitement du blé sous forme de masse géométrique blonde semblable à une bâche. Une forme d'oiseau vu de face se dessine-t-elle en plein milieu de la toile ? Mystère...



Galo Ocampo, Crucifixion, Philippines, 1950.
Surprenant écrasement de Marie et Jean au pied de la croix, remarquables formes rondes sur les genoux des personnages et sur tout le corps de Jésus, ce tableau philippin à la croisée de 4 influences vaut le détour (en plus de l'art chrétien européen, on y perçoit l'influence cubiste, la pâleur de la peau asiatique, et les couleurs vestimentaires de l'Amérique du Sud).


Vicente Manansala, Etude de nu, Philippines, 1973.
Quelle subtilité dans le feuilleté des formes ! Ce cubisme transparent est une trouvaille graphique épatante, je suis sous le charme. Cela donne vraiment envie de voir d'autres oeuvres du peintre. Les pots "non-cubistes" sont étonnants également.



Ha In-Du, Autoportrait, Corée, 1957

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet autoportrait aux couleurs fauves est particulièrement "ramassé" ! L'artiste joue avec beaucoup de finesse sur la différence entre le plan et le volume, comme en témoigne le tableau en arrière plan dans la pièce cubique qui contient le sujet du tableau que nous regardons... Il y a sans doute aussi une référence aux statues de Rodin, très contorsionnées, ce qui renforce encore ce dialogue entre la peinture et les arts en volume.
On trouve aussi des peintres cubistes là où quelques nuages ronds suffisent à dépeindre une montagne, et la paix de l'esprit, à savoir au Japon.



Yorozu Tetsugorô, Femme accoudée, Japon, 1917.
Une mise en pièces assez classique, mais l'utilisation du rouge et du noir à l'exclusion des autres couleurs (un peu de marron pour le décor) donne un caractère violent à un nu "calme".


Kogua Harue, Femme assise sur véranda, Japon, 1920.
Mise en contraste magnifique, dont la simplicité s'oppose à la complexité des formes géométriques employées. En regardant longtemps ce tableau j'ai le vertige et je tombe, comme la femme semble devoir le faire.

On dit souvent que l'art est universel. Je ne le nie pas, et la grande profondeur de ces oeuvres le montre avec force. Mais que nos accès à la culture étaient, jsuqu'à la fin du XX° siècle, peu universels ! Cette globalisation actuelle des arts comporte un danger culturel mortel, celui de l'uniformisation, et une qualité irremplaçable, celle de l'accès du plus grand nombre possible à ce qui est destiné à tout le monde.
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