C'est tout de même beau le processus tant de fois renouvelé de l'acquisition, du traitement et de la diffusion des savoirs: J'ai, par une circonstance très banale qui n'arrive qu'une fois dans une vie, acquis un livre. Il traite de livres. Qui traitent de livres. Dont certains traitent de livres.
La question de la diffusion se pose avec toute son ironie: quel savoir diffuse, finalement, ce dispositif de livres en chaînes? Il faut que je lise, lise, lise et lise pour enfin savoir... Et quel public achète un livre sur les livres sur les livres sur les livres? Pas moi en tout cas. Parce, digression finale, qu'on le veuille ou non, c'est parce qu'il a lu tous les livres que l'auteur de ce vers magnifique trouve que la chair est "tristehélas":
La chair est triste, hélas, et j'ai lu tous les livres
Fuir! Là-bas, fuir!J'entends que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux
(la citation est approximative, souvenir imprécis et néanmoins vif de ce poème de Mallarmé).
PS du 14-01-09 : parfois les circonstances, le devoir et la curiosité délicieuse nous amènent à faire des choses extravagantes, comme par exemple s'intéresser aux livres sur les livres sur les livres.










