L'art de l'action, c'est celui de publier, après des affres, un album affriolant et affreux. L'action est artistique, même si l'objet ne l'est pas. Je décris par là la sortie récente de Blackout de Britney Spears, contre ou pour qui je n'ai rien de particulier je tiens à le préciser. Incidemment j'ai appris que Libération, connu pour ses positions culturelles tranchées, avait publié un article flatteur pour la sortie de cet album. La structure de l'article en question , "Britney, soupirs tentants", me semble très révélatrice de la mention de responsabilité qui devrait être pris en compte plus souvent dans la critique de la critique : la vie (2/3), l'oeuvre considérée (1/3).
Depuis la polémique Sainte-Beuve contre Proust, on a peu à peu compris que l'art est dans le livre (ce qui relève in fine de l'oeuvre) et dans l'acte de l'écriture du livre (ce qui relève au fond de la personnalité, réelle ou phantasmée, de l'auteur). La musique est un art de l'interprétation, ce qui ajoute encore à l'intrication de l'oeuvre avec l'action du créateur de l'oeuvre. Britney est une oeuvre d'art, si son album ne l'est pas. Ou plus exactement, la sortie d'un album mi infernal mi salvateur est un acte fortement artistique même si sur le plan musical ce n'est pas auss inventif que du Schönberg ou du Boulez.
C'est une des raisons qui d'après moi, justifiaient l'étrange Palme d'Or cannoise attribuée à Farenheit 9/11 de Michael Moore. La palme n'est pas attribuée au produit filmique non-fictif, mais à l'action, je devrais dire à la geste de la démarche de l'auteur, aussi artistique (porteuse de significations plaisantes à acquérir et toujours renouvelées) que "jouée" avec sincérité.










