Alfred Nobel inventa, entre autres merveilleuses armes de destruction massive, la dynamite. Mais ce n'est pas pour cette raison qu'une déflagration retentit dans tout mon être vers le milieu de la journée. Le comité Nobel venait de décerner son prestigieux prix de littérature à un admirable et passionnant auteur, Jean-Marie-Gustave Le CLézio.
Depuis la liste d'ouvrages conseillés de monsieur Guin en 3°, et la découverte à cette occasion de Mondo et autres histoires (plus Le Seigneur des anneaux, qui prendrait lui aussi une place particulière dans ma bibliothèque) j'ai suivi le chemin exigeant et précieux de la littérature de Le Clézio. Je parle vraiment de littérature, car son oeuvre multiple couvre la plupart des champs de la littérature, abordant aussi bien le roman traditionnel que le journal de voyage (Voyage à Rodrigues, Gens des nuages), l'essai (La Guerre, Haï), la nouvelle (la série des "... et autres...") la biographie (Diego et Frida), le commentaire de texte (Vers les Icebergs), le palimpseste (Pawana) ou la traduction (Relation de Michoacan).
Tant de choses pourraient être dites, sur Mydriase par exemple, sorte de poème en prose dense, initiatique, qui nous replace dans l'écarquillement fondamental de l'enfant découvrant les mondes de lumières. Sur ce rôle peu à peu acquis par l'auteur vis-à-vis du lecteur et du monde, que je mesurais il y a déjà 10 ans, passant de l'auteur présent face au lecteur (Le Procès verbal, mais aussi La Fièvre, Les Géants), à l'auteur narrateur du monde (jusqu'à Désert environ), puis à l'auteur "haut parleur" du monde (jusqu'à présent, par exemple Onitsha, ou Revolutions).
Mais au crédit de JMG Le Clézio il faut porter la capacité de se taire et de ne pas prendre parole alors que d'autres en abusent. Ses silences ont la force de phrases. Je tâche donc de suivre son exemple et de ne pas trop en dire, sinon "lisez" !










