Précédent Créer son blog Suivant Signaler un abus Noter :  
Ma photo
Badauderies
Contactez-moi
Mail :
Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 11/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Dans le monde des médias on aime bien parler de la galaxie Gutenberg, en référence à l'inventeur de l'imprimerie, pour désigner l'industrie du livre, les publications périodiques et tout ce qui prend comme support le papier et comme vecteur l'écriture.

Mais une réflexion m'est venue il y a peu, sans doute déjà examinée, validée ou invalidée par d'autres, mais qui devrait faire pièce aux sirènes hurlantes prédisant la mort de Gutenberg dans les prochaines décennies. Cette réflexion, c'est que Gutenberg n'a pas inventé l'écriture: cela peut paraître stupide, mais on a trop tendance à penser que Gutenberg est le garant de l'écriture dans notre monde. Saint Gutenberg, comme pourraient l'appeler certains conservateurs trop conservateurs, a simplement permis à un média de se diffuser plus largement et facilement. Il s'agissait en l'occurence de textes, mais s'il avait inventé une machine à reproduire les eaux-fortes il serait révéré à la FEMIS ou à l'Ecole Louis Lumière et non à l'ENSSIB ou à l'Ecole des Chartes.



La galaxie Gutenberg est en fait la galaxie des médias de masse, par opposition aux médias directs en "peer to peer". Dans la galaxie Gutenberg je fais rentrer l'édition de monographies, la publication de périodiques, les libraires et les bibliothèques, les sites de vente de livres en ligne, mais aussi la distribution de films, la location de DVD / VHS, la télévision hertzienne / TNT / ADSL, la radio hertzienne / web, l'édition musicale, la vente de produits culturels, les sites web sans profil d'utilisateur !

Je l'admets, c'est un fourre-tout qui ne rime plus à rien. Mais Gutenberg ne rime à rien, sinon dans le phantasme des auteurs et des consommateurs. Gutenberg ne peut pas mourir, parce qu'il n'a jamais vécu ailleurs que dans les catégories économiques des spécialistes.  Ou bien Gutenberg est mort le jour où Volta a créé la première pile : sous Gutenberg la reproduction était analogique, sous Volta elle sera logique / numérique. Sous Gutenberg on mesurait la quantité à l'aune de la qualité, sous Volta on mesurera la qualité à l'aune de la quantité.

Quoi qu'il en soit, il faut pour sauver l'acte de lire dissocier lecture et papier, sans quoi nous allons droit au clash, entre les gutenbergiens qui s'arrogent la lecture et les voltaïques qui l'abandonnent de guerre lasse, au profit de médias plus accessibles aux cerveaux CocaKola. Une des meilleures inventions à perfectionner dans les années à venir, c'est le livre USB au contenu flashable : on lit, et c'est ça l'essentiel, tout en se pliant aux exigences technologiques croissantes de nos sociétés. Avec par exemple la bibliothèque du Congrès dans ma poche (sacrilège lèse-Europeana !), je n'ai besoin que de l'électricité pour comprendre, savoir mieux, enrichir mes compétences de citoyen. Plutôt que de regarder le digest simplet diffusé au 13 heures de Jean-Pierre Pernaut, on pourra se reporter au rapport Baker sur la situation américaine en Irak.

La lutte pour que lise le "Tiers Instruit" (décrit par l'homme aux sourcils plume d'oie, Michel Serres) ne sera sans doute jamais achevée. Mais il ne faudrait pas se tromper d'adversaire : l'anti-lire n'est pas l'anti-livre. Des délires des livres livrons encore des livres sur page ou sur pixel, tant que lire reste l'ivresse de ceux qui élisent et de ceux qu'on élit.
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Mon calendrier
< Nov. 2007 >
L M M J V S D
   1234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930  
Trafic
1 connecté
21259 visiteurs