Les derniers quarts de finale de la coupe du monde de rugby ont replacé les rugbymen français bien haut dans l'estime de la population, avec il est vrai une performance de premier plan face à la bête noire de la planète ovale. Cet enthousiasme légitime fait bien penser à la demi-finale époustouflante de Twichenham, en 1999, dont j'ai parlé sur ce blog il y a quelques semaines me semble-t-il. Mais deux différences s'imposent : d'une part il ne s'agit "que" d'un quart de finale, et d'autre part la victoire française n'est pas aussi éclatante que lors de ce triomphe mémorable sur les Blacks de Tana Umaga et Jonah Lomu.
La défense française a été au-delà de ce qu'elle a pu être durant les décennies qui ont précédé, étant donné le haut degré de technicité où les plaquages, regroupements et autres replacements sont parvenu actuellement. Mais l'attaque a du tirer parti d'un petit fait de jeu, l'oubli d'un en-avant de passe, pour permettre au french flair de Michalak, Traille et Jauzion de montrer le bout de son nez. Je me permets de saluer le fair-play des Néo-Zélandais, qui l'ont occasionnellement mentionné mais n'en on certainement pas fait LA raison de leur défaite. Ils ont été plus gentlemen que le plus sportif des sportifs français (qui n'est pas très sportif, il faut l'avouer, contrairement au célèbre oxymore qui vante "Le Coq Sportif" - marque déposée -).
Malgré tout, cet exploit aura, comme en 1999 (Nouvelle Zélande), comme en 1987 (Australie), des lendemains. Car si la France bat l'Angleterre samedi prochain à 21 h, ce sera une double victoire : l'arrivée en finale du tournoi pour la 3ème fois en 6 coupes, à l'égal de l'Australie (celle-ci comptant toutefois 2 victoires...); et la suprématie européenne pour les 4 ans à venir, dans les têtes du moins. Et si la France doit jouer la petite finale, ce match contre les blacks servira de référence, comme certains France-Galles (grand chelem dans les années 70), France-Australie (toujours 87), France-Nouvelle-Zélance (94, 99), France-Irlande (grand chelem dans les années 90), France-Ecosse (grand chelem dans les années 80, avec un essai aux multiples temps de jeu), France-Angleterre (tous), etc.
Pendant ce temps, à Torshvnodvtshnod... sur les Îles Feroë, quelques moutons admirent l'avenir radieux d'Hatem Ben Arfa et de son compère Benzema en équipe de France de rugby-avec-un-ballon-rond-et-sans-les-mains.










