... ça me met en colère. C'est étonnant comme des personnes, nombreuses au demeurant, frétillent d'aise quand des citoyens lambda s'écharpent et s'étripent. C'est l'effet Fight Club, l'adrénaline du danger pour les autres, je ne sais pas.
Mais moi de façon très générale ces attitudes stupides de combat de coq, ça me désespère de l'humanité. Je ne me considère quand même pas comme un partisan de l'angélisme, je ne vais pas commencer à excuser le terrorisme ou les invasions brutales et illégitimes. Cependant je trouve que l'énorme majorité des problèmes ne doit pas se résoudre par le recours à la force irréfléchie, par la guerre des insultes ou que sais-je encore. D'ailleurs c'est le fait de ne pas excuser le recours à la violence qui me rend si pointilleux sur son usage, quel que soit le camp concerné.
J'ai dit être généralement pacifiste. Et pourtant, un contre-exemple m'interroge au moment où j'écris ces lignes : on ne peut pas dire que le débat du 2 mai 2007 entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal ait été particulièrement pacifique. Or j'ai vraiment exulté aux échanges acérés auxquels se sont livrés les deux duelistes. Mais ce genre de violence, enrobée dans beaucoup d'habileté langagière, plongée dans un contexte qui rend l'opposition décisive et sans retour, respectueuse d'une politesse maximale, est-elle encore une violence semblable aux accrochages entre automobilistes ou rixes de comptoir ? Ressemble-t-elle même à cette violence qui me glace, quand j'entends les discours intellectuels racistes présents et passés (de la controverse de Valladolid à l'homme noir prétenduement resté hors de l'histoire en passant par le taux de judaïté mesuré pendant le III° Reich) ?










