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Tribune libre
Mon bloc perso.
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Publié le 14/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Les réunions publiques vécues "en vrai" on toujours une saveur particulière, et nous en apprennent toujours beaucoup sur ce qui englobe les discours politiques formatés par les médias de masse. C'est pourquoi, dès que je peux assister à une telle réunion, j'en fait le compte-rendu aussi subjectif et amusé que possible.

Lors de l'inauguration d'un nouveau bâtiment universitaire, se sont retrouvés sur la tribune:
- à ma gauche, Jean-Paul Bret maire de Villeurbanne, associé au représentant (socialiste) du Grand Lyon (communauté de communes) et au représentant (socialiste) de la région Rhône-Alpes,
- et à ma droite, Bernard Saint Girons, directeur général de l'enseignement supérieur, et Anne-Marie B. directrice de l'établissement rénové.

Mises à part les formalités et congratulations d'usage, il y eut quelques échanges feutrés mais vifs entre les collectivités territoriales, majoritairement liées à l'opposition parlementaire actuelle, et les représentants de l'état (indifféremment de leur orientation politique, même si tout porte à croire que c'est un gouvernement UMP qui les a nommés). Le problème était une pure broutille, mais une broutille symbolique : les différentes collectivités locales s'étant financièrement beaucoup investies dans le projet, elles n'ont pas apprécié de ne pas apparaître sur les cartons d'invitation envoyés. Le dépliant distribué le jour de l'inauguration rétablissait la coordination entre l'état et ces collectivités territoriales, mais les discours n'ont pas manqué de revenir sur cette anicroche. A titre personnel, je considère que l'affront n'était pas si manifeste; mais les hommes politiques ne l'ont pas entendu de cette oreille-là.

La notion de communication est essentielle pour comprendre cette situation assez risible. L'état communique sur sa capacité à rénover l'enseignement supérieur, la recherche et porte attention à l'urbanisme. Les collectivités territoriales communiquent sur leur activité de contre-pouvoir, d'action parallèle à l'état centralisé afin de s'en démarquer tout en donnant une image d'activité et d'efficacité. Ce que l'état peine à dire (par exemple au travers de ces cartons d'invitation "incomplets"), c'est qu'avec ses seuls finances et avec sa seule capacité de maîtrise d'ouvrage il ne serait pas très efficace. Ce que les collectivités territoriales n'aiment pas admettre, c'est qu'en matière d'établissements universitaires seul l'état est fondé à gérer les agrandissements, les réorientations, les regroupements, les décentralisations (d'où les mutliples rappels, dans les discours des collectivités, du lien "historique" entre l'établissement concerné et la vie locale).

Finalement, il est question de communication, en ce sens que ces chamailleries de détail démontrent la déplorable qualité de la coordination entre les différentes instances de décision, entre les échelons locaux et l'échelon national. L'année 2008 ne permettra pas, à coup sûr, de résoudre ces problèmes et d'améliorer cette image de "panier de crabes". Impossible de généraliser les torts de chacun, car chaque situation est nouvelle et changeante. Mais c'est regrettable, pour eux comme pour nous.
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