Je ne veux et ne peux faire les sujets de philo du bac 2008, mais la question de la constitution de l'identité n'est certainement pas qu'une interrogation théorique sans lien avec notre expérience quotidienne : les êtres humains se connectent de plus en plus les uns aux autres par le biais des nouvelles technologies. Parallèlement, les humains ont de moins en moins de contact direct avec leurs prochains (voisins, boulanger, postier, conducteur de bus). Que cela soit un bien ou un mal, cela ne nous regarde pas... ici du moins. Surtout qu'entre nous je suis plutôt favorable à une dématérialisation de l'humanité, ce qui n'est pas franchement bien-pensant.
Mais à propos de ce qui constitue une personne, l'idée du "self-made-man" (ou "self-made-woman") n'est qu'une figure théorique. Personne ne se fait seul, une personne ne se fait pas seule. C'est avant tout dans les échanges langagiers que la personnalité se constitue, et tout le monde en fait l'expérience à un moment ou à un autre : chercher la reconnaissance d'autrui, s'identifier à quelqu'un, lancer des projets collectifs, se retrouver seul face à une difficulté, tout cela nous montre le besoin de se construire dans un tissu social.
A la recherche d'un tissu social, nous les humains le reconstruisons dans le cybermonde, au travers de Myspace, de Second Life ou de Facebook. Il ne faut qu'y voir un substitut de la vie de quartier si chère à nos grands-parents. Alors qu'ils faisaient un tour pour acheter un kilo de pommes, nous échangeons nos résultats à un quizz sur le cinéma iranien avec une célébrité inconnue (850 amis, c'est une célébrité, mais Jules Piton, c'est un inconnu). C'est tout aussi chouette.










