En soi la guerre est une plaie, pour soi la guerre peut plaire. Il y a les arts martiaux, dont certains comme la capoeira ou le karaté démonstratif sont essentiellement à but spectaculaire. Il y a toutes ces oeuvres d'art ou d'artisanat qui traitent la question de l'humanité au travers de ce qu'elle a de moins humain, le combat pour le territoire, la puissance, la possession, la survie.
En peinture, Goya nous a fait quitter l'épique pour toucher du doigt la douleur des déchirements de la guerre civile. C'est une justice qui lui est rendue aussi au travers de la renommée et de la puissance évocatrice de Guernica de Picasso.
En littérature, on est submergé de références de romans de guerre, romans avec scènes de batailles, romans sur fond de combats réels ou imaginaires. Je laisse donc à nos chères études Littel, Claudel, Simon, Le Clézio, Robbe-Grillet, Tolstoï, Shakespeare, Hugo, Chrétien de Troyes, César, Homère, à regret souvent, pour passer à l'art qui fait la guerre telle qu'elle se présente : le cinéma. Je mets sous l'éteignoir, au passage, les BD de Tardi, Bilal, Moebius, Otomo, et consorts, ce qui n'est pas minable...
Full Metal Jacket était une fois présenté par la pub comme le plus grand film de guerre jamais réalisé. Au moins il ne me semble pas loin, car pour le coup, la guerre y revêt les habits les plus humains, avec tout ce que ça comporte d'absurdités, d'injustices, de luttes peu glorieuses. Mais il y a aussi, aux antipodes, l'implacable logique guerrière de La Guerre des Clones, la saleté d'Excalibur, le bruit d'Il faut sauver le sodat Ryan, le désenchantement de Kingdom of Heaven, la construction du mythe dans Les Deux Tours, l'obscurantisme d'Apocalyopse Now...
Tout ça pourquoi ? Plus de guerre ou moins de guerres ? Pour changer un peu l'homme, donc la guerre change aussi.










