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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 16/12/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Comme des attracteurs étranges de la statistique, les médias entrent en collusion en raison de ce qui les attire, mais aussi en raison de ce qui les repousse. Il a été crié sur tous les toits, non sans un fond de raison, que la trilogie TF1 - LCI (Bouygues) - Le Figaro (Dassault) se montrait particulièrement bienveillante vis-à-vis de Nicolas Sarkozy, avant et après l'élection présidentielle de 2007. De nombreux médias bien en place ont plus mis en opposition les qualités du candidat et les défauts de la candidate que l'inverse... Qui n'a jamais entendu Jacques Marseille, économiste au Point, éructer contre les préceptes économiques "absurdes" de tous ceux qui n'étaient pas dans la ligne sarkoziste ? Qui n'a jamais souri des envolées lyriques de Charles Tesson pour notre saint président avant même qu'il préside, et de ses coups de massue sur la moindre carte d'adhérent au PS ?

Mais la collusion appelle son contraire... la collusion ! Combien de fois le Nouvel Observateur et Libération ont-ils soutenu Ségolène Royal au-delà de leur raison pure ? Combien de fois le traitement des collaborateurs de Ruquier a-t-il été inégal entre les politiques de droite et les politiques de gauche? Comment ne pas voir une affection particulière des nouvelles structures médiatiques en ligne, Rue89, Mediapart évidemment (monté en partie par les ségolénistes Edwy Plenel et Benoît Thieulin, quoiqu'ils s'en défendent avec bonne volonté), La Télélibre de John-Paul Lepers, et même @rrêt sur image (pas pro-Ségo mais un brin anti-Sarko)? Les  experts eux-mêmes dérivent avec les continents médiatiques : Nicolas Baverez contre Dominique Reynié, Edwige Antier contre Dominique Méda, Thomas "Manyard" Piketty contre Jacques "Leverage Bonds" Marseille, les oppositions s'entretiennent et s'exacerbent.

Ce qui me frappe donc en cette période de digestion électorale (avant une collation consistante, les municipales et cantonales de 2008), c'est le besoin parallèle et de sens contraire :
* des médias institutionnels de ménager les institutions, d'anticiper en somme sur la moindre censure
* des médias marginaux de se démarquer des médias institutionnels en critiquant, plus ou moins ouvertement, à la fois les médias institutionnels et ceux qui y sont glorifiés

Tout se passe comme si pour exister et ne pas se faire gober par Charybde, les médias se jetaient sur les rocs de Scylla. C'est la double collusion, d'autrant plus forte que les médias, poussés en cascade comme des dominos, s'ancrent fortement dans tel ou tel courant de pensée, courant d'amitié, courant de développement. "Je ne veux, à cet égard, ni [les] blâmer, ni [les] absoudre" (librement tiré de Corinne ou l'Italie de Germaine de Staël).
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