Platon déclinait très bien, obéissant en cela à l'injonction de Nietzsche "il vous faut décliner". Il déclinait les concepts, à la suite de son maître Socrate. Mais dans La République et plus allusivement dans Les Lois, il expose le déclin des systèmes politiques de façon très pertinente. Je dirais même tragiquement pertinente, puisqu'il ne voyait pas comme possible la permanence du système démocratique, lui-même considéré comme une déviance de la bonne aristocratie.
Le déclin d'un système à l'autre est remarquablement bien pensé; mais je me dis qu'au coeur même de chaque système politique, l'évolution déclinante générale est à l'oeuvre. Dans la démocratie, qui nous concerne principalement, citoyens francophones, je vois 3 étapes successives et dégressives :
(} la politique du projet, structurée et orientée vers le long terme, constitutive d'un projet national commun.
(} la politique du fait, réactive plus que proactive, qui prend acte de ce qui est et agit en conséquence, de façon ad hoc : ce n'est plus une construction, c'est une tentative pour freiner la désagrégation de l'entité commune.
(} la politique du dit, rejetée pourtant par l'éthique, les citoyens et les personnalités politiques, elle consiste à se réduire au présent seul; à ce titre ce qui finit par devenir essentiel aux yeux de ceux qui font la politique, c'est de freiner la désagrégation de leur propre situation.
Je reconnais bien volontiers que cette trilogie est munie de gros sabots, mais à observer la vie politique présente et passée (et future?) depuis plusieurs mois, je me dis qu'il y a des traits bien reconnaissables dans certaines pratiques politiques (personnalités ou partis).










