Incongruité de l'art, de l'art cinématographique en particulier, de l'art cinématographique hollywoodien plus précisément.
Après avoir profité de l'opération 1000 films à 1 € (hélas, comme le diraient les Nuls, on peut pas voir 1000 films pour 1 €, on ne veut pas voir 1 film pour 1000 €, mais on peut voir 1000 films pour 1000 €... si on a 2000 heures devant soi!) pour voir Starship Troopers, c'est la question de l'ironie qui m'est advenue.
Car après ce film gros machin, aux propos parafascistes, aux acteurs barbisés (bravo à Denise Richards) et kenisés (bravo à Casper Van Dien), on peut difficilement croire à la franchise du vieux roublard Paul Verhoeven. Et alors que la veille Sin City n'avait pas généré de débat particulier, la machine à commentaire, à analyse, s'est mise en marche après ce film au message explicite épais comme l'espérance de vie d'un troufion dans une colonie d'insectes géants.
C'est dans ce genre de film qu'on se rend compte de la différence entre les oeuvres "à blanc", qui tiennent debout sans la moindre intervention du spectateur. Et les oeuvres qui donnent une place et même un rôle au spectateur. Ici, le fauteuil est tout chaud, il tend les bras... la place de celui qui voit le corps mutilé du vérificateur des engagements. La place de celui qui se choque, seul, des cris de joie des fantassins entendant que la grosse bestiole "intelligente" est terrorisée. La place de celui qui se demande pourquoi ils continuent à lutter, à guerroyer, à mourir, alors que trouver le "cerveau" semblait le gage d'une victoire décisive?
Il y a des films surfaits, Starship Troopers a des chances d'être "sousfait" !











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