L'enfant cherche sans doute à gagner l'admiration de son parent, et inversement l'adulte cherche à se rassurer sur sa capacité à transposer dans d'autres domaines que la parentalité son expérience, sa prééminence. En plus de ce petit jeu de modèle réciproque, l'apprentissage est évidemment l'occasion d'un tissage de souvenir communs, qui renforce le sentiment de filiation, de proximité.
Mais lorsque l'élève apprend très très vite, quand (toujours par exemple) il profite d'une faiblesse manifeste du maître pour l'égaler ou le dépasser plus vite que prévu, que se passe-t-il? En tant que père, je l'avoue, je me pose des questions : mon fils ne va-t-il pas me trouver bidon d'avoir été mis pat (partie nulle) lors de notre troisième partie seulement, alors que j'étais en avance d'une reine et d'un pion? Serai-je à ses yeux encore son "superpapa"? Dois-je lutter pour continuer à lui enseigner les échecs, comme un père-entraîneur de joueuse de tennis incapable de gagner un échange contre sa fille mais toujours "maître infantilisant" (Williams, Pierce, Bartoli, Rezai, etc.)? Ou comme un monsieur Zidane en foot, un monsieur Federer en tennis, dois-je plutôt laisser tomber la carte scolaire (
) pour ne jouer que celle, fragile à l'adolescence, de père ?Quoi qu'il en soit, je ne serai pas avare de félicitations, au moins la reconnaissance moteur d'action sociale (dont il était question hier matin sur France Inter entre deux points trafic-grèves), je la lui donne de bon coeur.










