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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 23/01/2009
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
L'art oratoire, la rhétorique, est à mes yeux seulement un artisanat, la plupart du temps. La belle phrase bien sentie, le silence éloquent ne sont pas souvent dignes d'entrer en bibliothèque ou au musée, même si l'une et l'autre ont vu leurs missions beaucoup évoluer depuis quelques années. On peut faire une exception pour "Je sais que je ne sais rien", "La lune était sereine et jouait sur les flots", ou "Vous n'avez pas le monopole du coeur", la règle générale de l'élocution fait que nous ne sommes dans une production de masse, et dans la production de masse il n'y a que peu de grand art.

Pourquoi ce sujet, pourquoi maintenant? Le vendredi est le jour de l'art (et du poisson, dit-on, accessoirement), on est vendredi, donc je devais parler d'art, soit en général, soit à propos d'une oeuvre en particulier. Dans les propos généraux sur l'art, je trouve que les plus intéressants sont ceux qui interrogent les limites de l'art, qu'on parle du Pop Art, des arts décoratifs, des produits culturels industriels ou des muses modernes.

Parmi les vieilles muses on compte celle de l'éloquence, Calliope (Polymnie étant plutôt celle de la rhétorique, huhu, subtil). La compterait-on encore maintenant, garderait-on Clio la muse de l'histoire, renverrait-on Uranie dans l'espace lointain, donnerait-on une promotion à Pélisse, la muse de la BD inventée par Loisel et Letendre?


Toutes les muses sont mortelles, celle de la belle phrase comme les autres. La belle phrase fut un art, alors que les technologies de l'écriture n'avaient pas permis d'enregistrer les sons, les temps. Mais elle ne l'est plus.
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