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Tribune libre
Mon bloc perso.
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Publié le 23/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Les réunions sportives populaires ont toujours été l'occasion d'exacerber quelques bas instincts communautaires, tout en permettant de dépasser ce communautarisme devant un beau spectacle où chacun joue son jeu et le meilleur gagne. Mais dans notre société de plus en plus communautaire, le dépassement se fait de plus en plus difficile. Et devant un très spectaculaire et intéressant France-Maroc la semaine dernière, des sifflets injustes et injustifiés se sont élevés contre des joueurs "adverses" voire "adversaires" des supporters. Alors que, comme je l'avais écrit quelques heures auparavant, je trouvais formidable que ces deux pays liés par l'histoire et par l'avenir continuent leur dialogue autour d'un match de foot.

Peut-être imaginez-vous mon dépit devant tant d'abrutissement, tout d'abord, puis mon malaise en m'interrogeant sur les raisons poussant des gens sans doute très bien à mépriser l'autre parce qu'il est autre. je n'ai pas encore de réponse définitive à cette interrogation, mais je compte en trouver une satisfaisante sous peu.

Le sport ne donne pas toujours l'image de la sportivité, aussi cela rejaillit-il sur le comportement des spectateurs, des plus jeunes en particulier. Cela fait bien rire sur le coup mais beaucoup moins à l'usage, les joueurs qui se roulent par terre pour gagner des coups francs ou des penalties, ou même pour éviter un carton trop rouge après un acte litigieux, c'est de l'imitation pure et simple.
D'autre part ainsi que je l'ai écrit plus haut, nos communautés se barricadent au lieu d'échanger, de peur sans doute de se diluer dans un grand tout incertain. Pourtant si on prend du recul, on se rend compte que le pire ennemi de la communauté, c'est le communautarisme qui force les communautés à se concurrencer. Le métier de supporter de foot devrait intégrer cette maxime: la vie de mon équipe passe par la vie de l'équipe adverse. Si mon équipe joue contre un adversaire nullissime, mon équipe en ressort-elle grandie ? Non. Si mon équipe joue contre un rival à sa mesure, n'y a-t-il pas un double respect qui naît, pour l'adversaire ET pour sa propre équipe, capable de tenir tête à un tel adversaire ?

De quoi souffre Lyon cette année le plus : de n'avoir pas d'adversaire à sa mesure en championnat depuis trop d'années, les lyonnais se reposent donc sur leurs lauriers, et par exemple la défaite face à Marseille était sans doute bienvenue. Le niveau de jeu des deux équipes était très très agréable, et on peut penser que les supporters marseillais ont retrouvé de la fierté sans en vouloir aux lyonnais, tandis que les lyonnais ne pouvaient que reconnaître la qualité de la prestation marseillaise, donc les éléments positifs, aussi, dans une équipe de Lyon jeune, inexpérimentée, recomposée mais vive, créative, courageuse.
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