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Publié le 26/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

 

Roger Federer archidomine le tennis mondial depuis plusieurs années. Les All Blacks (malgré leur échec régulier en coupe du monde) resteront à jamais l’équipe référence en rugby. Lyon va briguer un septième titre de champion de France de football en 2007/2008. Arsenal, Manchester United et Chelsea règnent sans partage depuis plus de 10 ans sur la Premiere League. Miguel Indurain a remporté 5 fois le Tour de France au début des années 90. Tony Estanguet a ajouté un championnat du monde à ses deux titres olympiques. Michaël Chang, un inconnu de 17 ans, paralysé par les crampes, a battu en 5 sets Ivan Lendl sur la terre battue de Roland Garros.


Cherchez l’intrus… Lorsqu’une domination est éclatante en sport, et qu’il n’est pas directement et viscéralement concerné par le sort d’un des adversaires, le spectateur peut adopter deux postures radicalement opposées : soit il aimerait que la domination dure encore, histoire d’étoffer encore le mythe de l’équipe ou du sportif légendaire. Soit il rêve que cette domination soit brisée, autant que possible par un « petit poucet », un « David » face au « Goliath » invincible.


Demandez-vous de quel côté vous vous placez le plus souvent, et vous serez peut-être surpris. Moi par exemple, qui suis très attentif à un partage équitable des richesses, des bonheurs et des réussites, je suis presque toujours pour que le dominant reste dominant, ne laissant que des miettes à ses rivaux. J’ai été déçu de voir que Schumacher avait échoué dans sa tentative de conquête d’un huitième titre mondial. Chaque année, j’espère toujours plus de suprématie de Lyon en Ligue 1. J’ai hâte que Tiger Woods enfile comme des perles les tournois du Grand Chelem pour dépasser Jack Nicklaus au plus tôt. Si Nadal reste invincible sur terre battue jusqu’à la fin de sa carrière, ça me va ; pourvu qu’il laisse à Federer l’occasion de gagner une fois Roland Garros, et si possible de faire un grand chelem !


Je donne un dernier exemple, qui illustre aussi la position inverse. En 1993, j’étais évidemment derrière l’OM de Tapie, pour que les championnats et les C1 s’accumulent dans leur vitrine. Un ami me disait qu’au contraire, la chute de la maison phocéenne (affaire OM-VA) lui plaisait beaucoup, parce qu’ils « avaient trop gagné ». Peut-être êtes-vous comme lui, à aimer Calais, Nîmes et Gueugnon en coupe, à soutenir Mark Pernfors ou Thierry Champion à Roland Garros, à encourager L’Italie dans le tournoi des VI nations, à vous enflammer pour le Steua de Bucarest en C1, à vibrer aux exploits de la Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002, à évoquer avec émotion le maillot jaune porté par Luc Leblanc ou Thomas Voeckler.


Bien sûr ces deux positions extrêmes sont toujours modulées par la sympathie qu’on peut avoir pour l’un ou l’autre des adversaires : je n’aimais pas vraiment Lendl, alors j’étais pour Chang. A cause de Wenger, Henry, Diaby, Clichy, j’aurais préféré que ce soit Arsenal et non MU qui fasse la course en tête de la Premiere League en 2006-2007. Entre Ole Gunnar Bjoerndalen, le maître du biathlon, et Vincent Defrasne au palmarès assez maigre, j’optais clairement pour ce dernier lors de la dernière ligne droite du sprint à Turin. Tout récemment Dallas, archidominateur de la conférence Ouest en NBA, m’a fait bien plaisir en tombant contre les Golden State Warriors de Mike Piétrus.


J’aurai peut-être un jour l’occasion d’en reparler, mais je crois que cet attachement aux légendes, aux entités éternelles, aux monstres sacrés, aux ogres du souvenir, aux puissances indiscutables et indiscutées, se retrouve chez moi dans d’autres domaines : histoire, économie, politique peut-être, arts…


Bon je vais siroter un Coca-Cola en regardant Titanic, puis je couperai avec mon Opinel une rose rouge que j’offrirai à ma femme, et enfin on prendra la F40 d’un passant pour visiter les forteresses de Vauban. Sur un air des Beattles, on pourra pousser jusqu’à la place du Capitole de Toulouse, la place de la Comédie à Montpellier, la Canebière à Marseille, les Champs à Paris, Bellecour à Lyon et la porte de Brandebourg à Berlin. Et si Mozart joue encore la Symphonie Concertante, il sera temps, en pleine canicule historique, de rendre visite au Père Lachaise et à la mère Joconde.
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