Je le craignais sincèrement, amèrement, tristement, mais les derniers jours me donnent raison: Hatem Ben Arfa a gagné la liberté qu'il espérait en s'engageant pour l'OM. Mais avait-il raison de l'espérer, sur un plan strictement sportif j'entends? C'est vrai, avant lui la folie d'un Ribéry, le génie d'un Maradonna ou le talent incontestable d'un Cristiano Ronaldo ont pu s'accommoder de liberté laissée à leur expression. Ce n'est pas Claude Puel, par ailleurs grand entraîneur autant à Lille qu'à Monaco ou à Lyon, qui aurait laissé le talent de Ben Arfa s'exprimer pleinement.
Malgré toutes ces nuances, il faut noter que les grands, les très grands, n'ont pu s'affranchir de quasiment tout collectif que lorsqu'ils étaient suffisamment mûrs pour ne pas "s'enflammer" inutilement. Voyez Garrincha, parfois passeur décisif alors qu'il avait hypnotisé toute la défense sauf le gardien. Hatem Ben Arfa a beaucoup appris, mais cette maturité lui manque encore. Il est très libre, il s'envole, mais il est trop libre, personne ne le suit plus, il ne fait plus partie d'une équipe.
Si on regarde le but marqué contre Le Mans, c'est très éclairant. Il perfore les défenses, bien, mais alors il se retrouve seul. S'il peut marquer, tant mieux, sinon, l'effort est totalement vain. Marseille qui était prêt à l'adorer risque, s'il ne prend pas sur lui de restreindre sa propre liberté, de le maudire. Il fut excellent lors du dernier match nul de l'OM? L'équipe, elle, a abandonné deux points précieux dans l'optique du championnat.
Je suis désolé de cet échec de plus en plus patent, car au fond, des grandes choses, Hatem pourrait les faire, s'il attendait seulement le bon moment... Il les fera, soyons optimistes.










