Je suis étonné par la propension du poker à se charger de canaillerie. Même sans porter lunettes noires, sans pratiquer le Texas Hold'Em, évidemment sans jouer la variante "strip", on se laisse porter par la posture du joueur.
En famille, avec les enfants, on commence par distribuer calmement, on indique le moment de retourner les cartes. les premières mains apparaissent, du basique, paires de 5 ou de valets, quatres cartes d'une même couleur. Et dès qu'il sagit d'échanger des cartes, les mains se recroquevillent un peu pour attraper, le geste se fait saccadé comme pour dire "voyez j'ai de l'expérience, je vais vous conseiller, hehe".
Au bout de deux-trois parties, quand la simplicité du jeu et la part hasardeuse évidente rendent la concentration inutile, on s'imagine. On vient de retirer tout l'argent de son compte de Lehman Brothers, et on fait all-in sur une suite royale putative... Le 4 de malheur casse la baraque et tout le monde tombe d'accord pour une manche de plus. On devient Al Capone et ses enfants-sbires, jouant faussement détendus dans un sous-sol de la prohibition. Et on reprend un verre de jus d'orange, très bonne marque, j'en rachèterai au supermarché. Fin de partie, la canaille s'évapore. Jusqu'à la prochaine.










