L'Encyclopaedia Universalis, quelle oeuvre formidable ! Jamais on n'a traité avec autant de maturité les articles d'un ouvrage de référence. Pour tout lire, c'est bien plus d'un an qu'il faut, c'est presque une vie ! La densité fait qu'un article sur l'entropie amène à feuilleter aussi les articles thermodynamique, Poincaré, astrophysique, Big Bang, Planck, calcul intégral, mécanique des fluides, Leibnitz, et ainsi de suite...
Le reproche qui pointe peut-être en vous est : peut-on mettre sur le même plan l'art de l'Odyssée avec l'intérêt d'une encyclopédie, si encyclopédique soit-elle? Mais ne pouvait-on pas mettre sur un même plan Les Essais de Montaigne, Les Regrets de Du Bellay et Histoire d'un voyage fait en terre du Brésil de Jean de Léry ?
L'humanisme recommande de dépasser les clivages de genre, et dans l'Encyclopaedia Universalis il y a l' "instruire", mais aussi le "plaire", et même le "toucher" de la littérature antique et de la Renaissance (je pense aux articles sur Rousseau ou sur la démocratie athénienne). Plaire, instruire, toucher, quel beau programme pour un ouvrage de référence, recevoir plaisir, informations et émotions, quel beau programme pour un lecteur ouvert !










