Dans l'histoire assez récente des migrations des travailleurs qu'on nomme footballeurs professionnels, il y eut bon nombre d'échecs. La dimension psychologique est en cause pour la première catégorie d'échecs, les déceptions.
A l'image d'un "Sheva" Andei Shevchenko à Chelsea, d'un Philippe Christanval à Barcelone, d'un Thierry Henry à la Juventus, d'un Nicolas Anelka au Real Madrid, le joueur décevant avait un gros potentiel qui justifiait des attentes... et la situation a fait que cette qualité ne s'exprime pas assez, ou pas du tout. Dans les gros clubs il y a forcément plus de cas semblables, car ils font venir des travailleurs footballistiques très connus et attendus. Chelsea, avec Shevchenko, Ballack, Kezman et Crespo, a eu son lot de tuyaux percés, peut-être le bouquet le plus impressionnant. Veron à Manchester, Mendieta à la Lazio de Rome, Cannavaro, Owen et Cassano au Real Madrid ont également fait jeter beaucoup d'argent par les fenêtres. Surtout parce que l'argent ne fait pas le joueur.
Autre raison possible de l'échec d'un transfert, le caractère surfait d'un joueur. Et là aussi, des millions ont été engloutis en pure perte. Par respect pour leur dignité on peut éviter d'en citer trop : Aliadère et Christanval sont des cas d'école, dans des styles différents. Toto Squillaci devint en juin 1990 un grand joueur, puis fin juillet il était redevenu un attaquant moyen. On se souvient peut-être de Ortega, ancien futur successeur de Diago Maradonna, mais plus beaucoup à cause de son jeu. Ibrahim Ba ne put tenir le niveau de sa cote après son éviction de la sélection française en 1998. Djetou, lui aussi non-champion du monde en 1998, a erré longtemps de club en club à la recherche du niveau atteint temporairement à Monaco. Pour eux, quel que soit l'endroit, la situation n'est pas favorable... c'est donc que l'évaluation de leur valeur financière est exagérée.
Pour l'instant les leçons de ces échecs ne sont pas toujours tirées. Il faut dire qu'avec l'augmentation régulière des budgets, le climat n'est pas à la rationalité. En France, d'ailleurs, aucun gros club n'a été réellement mis en difficulté exclusivement par son échec de recrutement. Cela joue, mais c'est insuffisant. La Lazio de Rome, elle, ne s'en est sans doute pas remise.










