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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 29/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Ainsi l'homme né en 1922 à Brest, artiste, ingénieur (agronome), dont certains prisent et d'autres méprisent la valeur, s'est éteint comme une image, comme une icône, dans un instantané. Alain Robbe-Grillet, comme tous les grands auteurs, a à la fois (pour reprendre la dichotomie de Proust) toujours fait le même livre ET fait un grand livre qui contient toute son oeuvre. Pauvre Marcel, se retournant dans sa tombe comme s'est peut-être retourné dans sa tombe François-René de Châteaubriand lorsqu'il fut évoqué dans l'autobiographie en 3 tomes de l'érotomane sadique Robbe-Grillet (dans un désordre ordonné, Angélique ou l'enchantement, Les Derniers jours de Corinthe, Le Miroir qui revient). Mais avec Robbe-Grillet, les catégories deviennent fausses, les étiquettes volent et on peut y trouver d'éternelles sources d'étonnement, d'émerveillement, d'énervement, de réflexion.
De toutes les oeuvres magnifiques d'Alain Robbe-Grillet, s'il fallait n'en retenir qu'une ce serait : La Maison de Rendez-Vous et La Jalousie pour les romans et L'Homme qui ment pour les films. Toutes ces oeuvres, toutes ses oeuvres, mettent en scène un vaudeville incroyable, où les rôles de la femme, du mari et de l'amant sont tenus respectivement par l'écriture, le temps et l'image.
Mon premier contact avec son écriture fut la rencontre du décompte des rangs de bananiers dans la Jalousie : si vous passez outre cette expérience avec intérêt et plaisir, il est probable que vous restiez attaché aux écrits du bonhomme. Dans le froid et la sécheresse de Dans le labyrinthe, j'ai continué à participer à la construction de son oeuvre (souvenez-vous, "l'aventure d'une écriture"). Découvrant le "Documentaire sur une statue" de Resnais qu'on appelle affectueusement ADAM (L'Année Dernière A Marienbad) j'ai compris que le dénommé Alain Robbe-Grillet aurait une place dans ma bibliothèque aussi importante que celle de Jean-Marie-Gustave Le Clézio, dans un rayon totalement différent (quoiqu'en cherchant bien... j'en ferai peut-être un commentaire à l'occasion).
Vieux buffonnien, je reste partagé sur la période dite "érotique" de Robbe-Grillet : quand on pense que "le style c'est l'homme", on pense aussi que l'écriture n'est pas le fait de répandre sa nature mais sa culture, non sa passion mais son action, non sa personnalité mais sa personne. On est un peu trop près d'Alain et trop loin de Robbe-Grillet. Pourtant je dois admettre qu'à l'origine de cete période on trouve des pépites, comme le balayeur de La Maison de rendez-vous poussant dans le caniveau le journal illustré d'une photo dans laquelle se déroulaient les scènes précédentes, ou Jean-Louis Trintignant, héros soit mythomane soit créateur de L'Homme qui ment, racontant off une histoire qui ne colle pas avec les images en train de se générer dans nos yeux.
Comme toutes les vieilles Morgan, l'auteur a de très bonnes Reprises et dans un geste très symbolique il a livré l'autobiographie d'un romancier qu'on avait précocement et hâtivement attaché à la théorie structuraliste de la "mort de l'auteur" (Roland Barthes, lui-même moins assassin quand il parla de Sade, Fourier, Loyola). Intitulée par jeu Romanesques, elle dévoile à ceux qui en doutaient encore que son travail romanesque se fondait sur les siècles passés du roman, y compris le plus immatérialiste.
Bref pour faire court, à mes yeux lui ne l'était pas, mais son oeuvre est... Immortelle (titre de son premier film personnel et de son second ciné-roman, forme très intéressante qu'il convient de distinguer du scénario car...).
Publié le 28/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Politique, politiques...
Habituellement le jeudi je médite sur un aspect de la vie politique française ou internationale. Mais cette semaine plusieurs motifs d'un grand intérêt à mes yeux sont très présents. Et leur égale importance rend le choix de la ligne éditoriale de ce billet impossible à déterminer. Je vous indique, pour information, ce que l'actualité a souligné plus fort encore cette semaine : # l'avance croissante d'Obama et les déboires de la première dame Hillary. # les entêtements fautifs et inquiétants des Turcs, des Palestiniens, des Israéliens... # l'âge comme indiscutable élément de discrimination pour la vie politique : à 25-35 ans à moins d'être un professionnel on a beaucoup de mal à libérer du temps pour l'action politique # l'espoir de retour de la Dame de la Forêt, Ingrid Betancourt grâce à la libération des parlementaires par les FARC. Mais aussi la peur devant leurs témoignages alarmants sur son état de santé.
Publié le 27/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
C'est par une citation de notre cher visiteur joyeux du salon de l'agriculture, Jacques Chirac, que j'ouvre ce très court commentaire sur ma fonction actuelle de chef de projet.
Quel emploi contre-nature, moi le chef qui ne cheffe jamais, comment pourrais-je ? Pourtant de plus en plus de magazines de management soulignent le retour des "gentils" dans les entreprises. Entre nous, c'est un peu une illusion : lesdits gentils sont tolérés dans la mesure où ils gagnent un peu en poigne, qu'ils se comportent quand même en pros responsables des résultats et des réussites d'équipe.
Mais bon, c'est une expérience très enrichissante, pour moi l'hésitant, de devoir prendre rapidement et arbitrairement des décisions qui impliquent les autres. Après, je pense que ce sera une question d'expérience, et dans trois mois déjà je serai "master and commander" à la façon d'un Russel Crowe sur son bateau au bout du monde.
Publié le 26/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Dans le grand tout du PAF, il y a toutes sortes d'êtres aux comportements et aux sens bien intéressants. En tant qu'ethnologue à la mode de Jean de Léry dans son Voyage Faict en Terre du Brésil, j'ai entrepris aujourd'hui une description personnelle et néanmoins très-vraye des habitants du paysage audiovisuel français.
Depuis que la science a pris le pas sur les humanités, durant le dernier quart du XXème siècle, les intellectuels ont laissé place aux experts. Et parmi les experts, il y en a qui méritent une attention toute tendre, ce sont les experts en toc. Ici comme de façon générale je me contenterai de quelques noms et quelques observations pour décrire des types d'acteurs du PAF très vastes et variés mais souvent évidents.
Lorsque j'entends Jacques Marseille parler d'économie, Marcel Conche écrire sur la philosophie, Philippe Val expliquer la politique, j'ai un sentiment étonnant, un mélange d'impression de déjà vu et une intuition que ce qui se joue devant mes yeux n'est pas un progrès de pensée mais un trou de la pensée. A de nombreuses reprises les experts sont convoqués pour donner leur avis. Tandis que certains font des propositions adaptées à la situation d'énonciation, d'autres s'en tiennent à leur éternelle ligne d'expertise, ce pour quoi on les engage en fait. Si Glücksmann devenait tout à coup favorable aux régimes autoritaires et si Baverez dressait de la France le portrait d'un pays qui rayonne dans le monde entier, on les jeterait par la fenètre illico.
Sans doute est-ce à cause de cela que les experts sont si souvent en toc. Car dans le genre experts, les plus intéressants sont souvent les moins bien adaptés aux plateaux télé : la culture de l'audimat s'accomode très mal de la rigueur scientifique. Il y a de très belles exceptions, comme Claude Halmos, toujours très pédagogique et pourtant très professionnelle. Mais les experts sont souvent en dissonance avec l'ensemble des émissions qui les accueillent, parce qu'ils ne sont pas assez médiatiques (ils sont alors tout excusés : cf. en astrophysique Hubert Reeves) ou insuffisamment scientifiques (ils sont dans l'air du temps, cf. en astrophysique les frères Bogdannov).
Le summum de l'expert en toc ne fut pas atteint dans une émission de débat, mais dans un reportage à destination des enfants. A la fin des épisodes des Mystérieuses Cités d'Or, lorsque j'étais enfant on avait droit à un reportage souvent en relation avec les événements de l'épisode. Par exemple, le départ du bateau depuis Barcelonne est l'occasion de parler de Christophe Collomb, l'arrivée sur les îles Galapagos permet une description succinte de la faune et de la flore de l'archipel actuellement, etc. Or dans un des épisodes, Mendoza, Sancho, Pedro, Zia et Esteban sont sur une embarcation de fortune, et dans le brouillard au sommet du mat apparaît tout à coup un feu de Saint-Elme.
Reportage suivant l'épisode (retranscription approximative): la voix off interroge un navigateur japonais, disons monsieur Morikawa. On se dit, logiquement, il va expliquer cette histoire de feu de Saint-Elme... - Monsieur Morikawa, vous êtes un navigateur expérimenté. Avez-vous déjà vu un feu de Saint-Elme ? - [voix minable] Heuu... non, je n'en ai jamais vu. Mais j'avoue que je n'aimerais pas en voir un, on dit que c'est mauvais signe. - Merci monsieur Morikawa. [...] Puis la formule mythique de fin de reportage : - Au revoir, à bientôt.
C'est ce qu'on appelle un expert, un vrai, qui fait bien avancer nos connaissances sur le sujet. Mais force est de constater que ce n'est vraiment pas le seul expert en toc du PAF; certains, dans nos jurys de téléréalité de type radio-crochet, ne sont pas loin de cette nullité...
Publié le 25/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
En deux ou trois épisodes, je vous proposerai des blagues "faites maison" ancrées dans les métiers de spécialiste de l'info, de documentaliste, et surtout de bibliothécaire. Tout d'abord l'adaptation d'une blague connue.
C'est l'histoire d'une entreprise qui recrute pour un poste important, avec des candidats triés sur le volet : une polytechnicienne, un diplômé d'école de commerce, une bibliothécaire et un doctorant. Et à chaque candidat, ils posent une question décisive : "pourriez-vous compter jusqu'à 10 ?".
Réponse de la polytechnicienne : - Bien sûr ! 1, 2,... 1, 2, 1, 2, 1, 2... - Merci mademoiselle, on vous rappellera
Réponse du diplômé d'école de commerce : - Bien sûr ! 1 KEuros, 2 KEuros, 3 KEuros... - Merci monsieur, on vous rappellera
Réponse de la bibliothécaire : - bien sûr ! 1-0-0, 2-0-0, 3-0-0, 4-0-0, 5-0-0, 6-0-0, 7-0-0, 8-0-0, 9-0-0... 9-9-9... Je peux pas aller plus loin, la Dewey s'arrête à 9-9-9 ! - Merci mademoiselle, on vous rappellera
Réponse du doctorant : - Bien sûr ! 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, ... - Très bien monsieur... - Attendez, je connais la suite : 10, valet, dame, roi !
Publié le 25/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Je suis de façon paradoxale une tête brûlée des échecs ! Je dis paradoxale car l'expression brutale "tête brûlée" colle assez rarement à l'activité feutrée et intellectuelle du jeu déchec. C'est aussi paradoxal dans le sens où de façon générale je suis extrêmement prudent dans ma façon de jouer.
Je parle de tentation de l'échange car dans un début de partie, on peut rapidement faire des mouvements et des prises qui retirent du plateau de jeu, à égalité pour chaque adversaire, soit des fous ou des cavaliers, soit des pions, soit des tours, soit même les dames... Et souvent entre deux options, je choisis celle où s'effectue un échange de prises de pièces. Alors pourquoi cette tentation irrépressible de l'échange dans mes débuts de partie ? Je ressens fortement, je crois, le côté très théorique des pertes; de plus je n'aime pas l'énorme quantité de possibilités offerte par les débuts de partie, donc j'accélère la partie pour arriver au milieu ou surtout à la fin. A la fin de partie en effet, on n'a qu'un nombre restreint de coups, et il devient possible de vraiment anticiper loin le déroulement de la partie.
A l'inverse, dans les jeux où une stratégie gagnante, un chemin unique sont offerts aux joueurs, je suis très - trop prudent pour ne pas me "rater". Je ralentis le jeu autant que possible pour garder le contrôle de mes actions et des conséquences de mes actions. Ce qui fait que par exemple dans les jeux de stratégie en temps réel ou dans les FPS (first person shooter), je me fais ruiner par les adversaires partisans du "squirmish", l'attaque précoce avec une troupe légère.
Publié le 23/02/2008
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
L'homme au panama chantait avec son éternel sourire : le lion est mort ce soir.
Pour beaucoup de spectateurs du samedi et du dimanche, le grand Lyon, club des années 2000, subit actuellement une épreuve qui pourrait le laisser mort pour de nombreuses années. Bon, soyons honnêtes, le match de ce soir contre Metz n'est pas le plus dur que l'équipe ait eut depuis 2001 et sa victoire contre le Bayern. Même un piteux match nul n'hypothèquerait pas la saison des coéquipiers de Ben Arfa et Coupet.
Pourtant, quelque chose s'est fêlé dans l'armure léonine du sextuple champion de France. Mercredi, c'était le "big match", la confrontation à ne pas rater, le summum de tension et d'attention pour toute l'équipe. Et malgré une belle performance collective, malgré du talent à toutes les lignes, le sort n'a pas souri aux audacieux lyonnais. Ce qui inquiète, maintenant, c'est que le dépit gagne les joueurs, faisant beaucoup d'effort et mettant beaucoup d'énergie et de concentration... pour un résultat légèrement amer. Le Lyon des années précédentes était parfois puni de ses errances, mais quand il faisait un aussi grand match le succès était à la clé, ou au moins le 0-0 plus porteur d'espoir.
Les dirigeants lyonnais seront très très très fort s'ils parviennent à conserver leur titre de champion de France, tout simplement. Car désormais, ils sont dans une dynamique où "tout conspire et [leur] nuit et consipre à [leur] nuire". Plus grave, si un trophée majeur n'est pas au bout de la saison, on peut être sûr que les rats vont quitter le navire : pas Boumsong, qui retrouve enfin sa qualité de la période auxerroise, mais Ben Arfa, Clerc, Toulalan, peut-être même Benzema ou Cris ou Squilacci, iront là où le vent n'est pas contraire.
Comment Lyon peut-il rester Lyon ? En gagnant ce soir face à la lanterne rouge. Puis en ayant l'honneur de ne pas perdre contre Manchester la semaine prochaine. Ensuite, avec la confiance, ces diables de Lyon sont capable de toutes les audaces.
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