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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 12/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Après Le Mans-Lens il y a quelques semaines, le football de coupes nous a gratifié d'un autre sommet sportif, le quart de final retour de champion's league entre Liverpool et Arsenal. C'est l'occasion d'évoquer la passion française pour Arsenal, dont je dois avouer que je la partage.
"Je me remémorai longtemps cette chevauchée" aurait écrit Racine travaillant pour L'Equipe. La remontée de balle, à 7 minutes de la fin du temps réglementaire, de Theo Walcott sur tout le terrain, jusqu'au centre en retrait et au but d'Adebayor, fut un moment d'étonnement énorme et ouvrit la fin étourdissante de ce match splendide.
Les superlatifs sont un peu trop nombreux, mais il faut dire que pour une fois ils ont leur place. La qualité du jeu collectif n'est pas pour rien dans cette belle impression d'ensemble : les dédoublements, les jeux en triangle, les feintes de passe et les appels / contre-appels font partie de... l'arsenal connu de presque tous les joueurs d'Arsenal (y compris les latéraux, très mobiles), et Liverpool s'est haussé à ce niveau-là.
Mais pouquoi les Wenger Boys intéressent-ils tant la France ? Déjà un bon entraîneur qui réussit à l'étranger parce qu'il est personnellement bon, c'est un plus précieux. D'autre part, quand on donne un bel avenir à Diaby, Clichy, Sagna, Flamini, "little" Diarra, et Thierry Henry bien sûr, et même Nicolas Anelka, malgré l'échec d'Aliadère, c'est le genre de travail qui intéresse l'équipe de France et ses supporters. Miser sur les jeunes, aussi, donne un cachet sympathique à cette équipe londonnienne.
En plus, Arsenal fait exprès d'être au sommet de l'Europe depuis plusieurs années... sans jamais gagner finalement. C'est encore plus beau, ça attise le désir, comme Lyon de la même façon, ou Poulidor dans une catégorie totalement différente.
Publié le 11/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
J'emploie ce titre chargé d'histoire et d'émotion parce qu'Aimé Césaire semble sur la fin de sa vie, et je souhaitais évoquer sa figure en guise d'ouverture aux douleurs et splendeurs d'Haïti.
Car c'est bien d'Haïti qu'il sera question ici, et plus précisément de l'art haïtien. Pays des symboles forts et dramatiques, Haïti-la-pauvre ou Haïti-le-lessivé est encore capable, toujours, de sourire, peindre, chanter.
Les récentes émeutes de la faim ne sont qu'une péripétie de plus dans le torrent de larmes qui coule depuis la découverte d'Hispaniola par Colomb (Christophe, pas Gérard, qui a deux ailes d'ailleurs) jusqu'à la tutelle nécessaire mais étouffante sur cette partie exténuée de l'île. Mais en guise de mini "journal des bonnes nouvelles", on peut dire que l'art haïtien prend une grande place dans le paysage mondial globalisé. Une place bien supérieure, belle revanche, à la place économique, industrielle, commerciale, politique.
Il n'y a aucun hasard à ce que l'un des plus grands artistes du demi-siècle écoulé, Jean-Michel Basquiat, soit né d'Haïti. Le plus grand conflit qui anime Haïti est en effet un générateur d'art : Eros et Thanatos, la pulsion de vie et la pulsion de mort sont omniprésentes, d'où des oeuvres qui chantent et qui pleurent, des oeuvres qui explorent toutes les extrémités de l'âme humaine, des oeuvres qui montrent les choses telles qu'elles sont mais aussi telles qu'elles pourraient être, ou telles qu'elles ne devraient pas être.
Cette présence forte de l'humanité dans les oeuvres haïtiennes, c'est une âme qui n'est pas prête de s'éteindre parce que tout a déjà essayé de l'éteindre, sans succès. Le simple commentaire d'une exposition à Montréal peut donner une idée de ces contrastes étonnants et puissants entre reste de force vive et forces de destruction.
Le grand regret que j'ai, c'est de ne pouvoir mettre un nom sur les décos d'un taptap, sur cette plaque martelée et peinte, sur ce marché bondé peint sur un carré d'un mètre de toile... c'est là qu'on se sent inculte (et non pas en ne se souvenant pas du prénom du baron de Charlus), c'est là qu'on se dit qu'il faudrait mieux connaître ce beau pays, et ces gens, des "esclaves au paradis", des "zanmi lotbodlo".
Publié le 10/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Langage et politique, quel programme ! Si on prend le menu, cela s'articule comme cela:
Le dialogue entre les pro-Thibétains modérés du Dalaï Lama et les autorités chinoises, voilà le principal enjeu des tractations au sommet à propos des jeux olympiques de Pékin. La liberté de parole pour certains dissidents et opposants, voilà la principale revendication à court terme pour les pompiers de la flamme olympique. L'absence de concertation entre Chinois et Français, voilà la raison de l'image politique ridicule et désastreuse donnée par les sbires du comité d'organisation chinois en France, qui éteignent la flamme sous les yeux abasourdis de David Douillet alors que tant d'efforts sont déployés pour la maintenir en vie !
De langage il est aussi question à propos de Nathalie Kosciuzko-Morizet (que j'appelle miss papillon depuis son premier plateau télé après sa nomination au secrétariat d'état à l'écologie, durant lequel ses yeux n'arrêtaient pas de papillonner sous le coup de la pression médiatique et de la responsabilité nouvelle). Avec des mots sans doute sincères et justifiés, elle a fait pousser des hauts cris, des cris d'orfraie, à une partie de son camp politique. Puis elle a du dire des mots qui ramaient dans l'autre sens, mais le "mal" était fait. Ces mots d'excuse, reçus par un perpétuel "l'incident est clos" (10 à 15 occurrences au minimum dans les commentaires des membres de l'UMP), sonnent en effet assez faux, tout autant que sonnaient assez justes les mots incriminés... L'action politique étant avant tout linguistique, on voit se dessiner régulièrement les roueries de certains et la fraîcheur d'autres, au travers des effets de certaines phrases.
Mais la politique ne peut pas, loin de là, et de moins en moins, se payer uniquement de mots. C'est pourquoi les discours sur les évolutions de la situation d'Ingrid Betancourt dans la forêt des FARC deviennent agaçants lorsqu'on suit avec inquiétude et crainte cette affaire de vie ou de mort. assez de suppositions, il faut des progrès sensibles, au plus vite. Alors on pourra être attentifs à ce qui s'est échangé entre Uribe, Washington, Chavez, les FARC, Sarkozy...
Des mots, rien que des mots, que s'envoient à la figure et de façon attristante, partisans du "réajustement budgétaire" et opposants au "plan de rigueur", citoyens impatients que la situation change et citoyens impatients que le mouvement du changement ne s'infléchisse pas...
La vie politique n'est pas très réjouissante, par exemple, au hasard, pour les titulaires potentiels du RSA; mais lorsqu'on joue avec les mots des discours politiques, comme Bruno Candida (http://brunocandida.com/), on se réconcilie bien vite avec ces gens qui "ont toujours été attachés à une vieille" (sic).
Publié le 09/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Non seulement je n'ai pas le temps de parler de moi, mais en plus je n'en ai pas l'envie ! Imaginez un peu mon désarroi, tout entier porté vers l'analyse de Science de la science de Bourdieu et rejetant ce travail de réflexivité de mon blog ce faisant...
Tiens, c'est amusant, les écrivains qui forment oeuvre d'autobiographie se dépeignent en pleine action ! C'est très sensible chez Sarraute, par exemple, dans Enfance. Cette action de l'écriture, rendue sensible par la présentation des processus qu'elle implique, c'est un intérêt bien universitaire, bien franco-bobo; mais en même temps, quel plaisir de se sentir investi d'une mission par l'auteur ! Si on reste les pigeons des écrivains les plus habiles, au moins on n'est pas des oies qu'on gave de romance !
C'est toujours plus facile de dire des choses de soi au travers de ce qu'on dit des autres, de ce qui nous entoure... Un jour peut-être je ferai ce recueil de biographies qui constituerait, en creux, un travail autobiographique...
Publié le 08/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Chaussé de mes gros sabots j'évoque en quelques mots le sort de toutes ces présentatrices et de tous ces présentateurs de météo, qui le restent à vie, malgré parfois des efforts désespérés et louables pour sortir de cette condition dévolue éternellement.
Des ancêtres, Alain Gillot-Pétré, Nathalie Rihouet, Patrice Drevet, aux plus jeunes, Sébastien Folin, Sandra Larue ou Tania Young, ils resteront toujours présentateurs météo. Que fait Laurent Cabrol au téléshopping ? Il montre la dépression là dans ce ventre flasque, et l'anticyclone qui arrive, le gymtonic à impulsion, ah... le soleil dans nos têtes. Que fait Laurent Romejko dans Des Chiffres et des lettres ? Il décrit les perturbations vécues par tel joueur au moment de recevoir 3 "Y" dans les lettres, il montre au spectateur la pression qui monte pour le champion devant l'impossible calcul...
Michel Cardoze et ses fleurs et ses poèmes, qui était à Mistral ce que le soufflet est au vent de mistral, un léger rappel; Cécile Siméone qui fit l'un des plus gros "buzz" de toutes les présentatrices météo de Canal +... avant de disparaître dans les images d'images d'images que produit notre société médiatique; Laurent Boussié, qui avait un tel sérieux que ses traits d'humour faisaient ressembler les alto-stratus à des cumulo-nimbus chargés de pluie; tous ont été et resteront le symbole du temps qu'il fait... et du temps qui ne change rien, ou pas grand chose, dans la vie médiatique de ces îcones spécialisées.
Publié le 07/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Je me permets seulement de vous exposer deux traits qui ont égayé ma journée du lundi 07/04/08 (qui n'était pas triste, il faut l'avouer).
Tout d'abord, alors que la flamme olympique est souffreteuse, une situation : Une collègue se prend malencontreusement le bras dans un exctincteur à proximité de la porte qu'elle visait. Devant le constat, collectif, de la difficulté de faire ami-ami avec ce gros appareil de métal et plastique, j'ose acquiesser en disant : "C'est un costaud, oui... c'est un dur à cuire". Recevant en retour un compliment sur ma forme, j'ajoute qu'en effet "je pète le feu"...
Plus tard et beaucoup plus longuement j'ai assisté à un conseil de type administratif pour un établissement scolaire... un CA donc. La question des temps et des modes d'ouverture dans tous les établissements est une question, qui n'a pas toujours réponse simple, bref. Des élèves entrent avec de la nourriture cachée sous leurs vêtements, ce qui est répréhensible dans des quantités et des fréquences si élevées. Soit. Plus tard il est question d'employer un chien détecteur de substances addictives, apparemment plutôt pour dissuader les pratiques licencieuses. J'ai suggéré à ma voisine d'envisager des passages du chien pour détecter non la cocaïne ou le "chocolat"... mais le coca et le chocolat !
Publié le 06/04/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Il n'y a pas de justice en ce bas-monde, surtout dans les sphères paradoxales de l'art vidéoludique (le monde des jeux vidéo, en clair). En effet l'art rend onéreux l'oeuvre la plus en phase avec les critères de qualité dans le plus grand nombre d'époques : si l'oeuvre est portée au pinacle "posthumément", ou pendant une longue période historique, la valeur marchande grimpe. Si cette oeuvre colle avec les critères financiers d'une société économique à forte capitalisation, le coût en est d'autant augmenté.
Mais quand on lit la liste des jeux les plus cotés du monde, ceux qui s'échangent à prix d'or en particulier à cause de leur caractère quasi-unique, on se dit : que de nullités ! Que de médiocrité insigne ! Et c'est ça qui retient l'intérêt des zélotes du jeu ?
Soyons objectifs, il s'agit non d'oeuvres uniques, où la qualité fait le plus souvent foi, mais de tirages limités, et dès lors c'est la rareté qui fait monter les enchères. Mais tout de même, un "gold master" (CD ou DVD gravé de la préversion officielle d'un jeu) d'Ultima VII, la cartouche personnelle de Shigeru Miyamoto du jeu Ocarina of Time, ou même pour ceux qui ont un gros salon, le prototype de Steel Battalion avec sa manette de commande d'1 mètre cube, ça aurait donné un jour plus reluisant aux oeuvres ludiques... Allez faire comprendre ensuite à vos interlocuteurs interloqués que les jeux vidéo sont une voie extraordinaire d'innovation artistique et sociale...
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