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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 30/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie

C'est amusant de revoir ma candeur d'il y a quelques mois sur le plan politique... Alors que je me retrouve de plus en plus en situation de "partir", "d'y aller" comme on dit dans dans le jargon politique, je mesure le chemin emprunté depuis la dernière campagne présidentielle. En revanche, je suis toujours étonné par le côté "mauvais élèves qui discutent" des personnalités politiques. C'est peut-être mon côté "bon élève qui écoute". J'enrichis avec quelques photographies prises sur le fait.

NB : Cet article a été publié pour la première fois le 20/04/2007.

 

Il y a une semaine exactement, j’assistais à mon premier meeting politique. Evidemment, c’était à celui de Ségolène Royal , contexte oblige. J’y ai compris pourquoi, à mon grand étonnement, de nombreux hommes et femmes politiques conversent durant les interventions des autres, au lieu d’écouter religieusement leur parole afin d’en tirer le meilleur parti. Tout simplement parce qu’ils connaissent déjà pas mal la « musique » qui y est jouée.

Moi-même durant ce meeting, je n’ai écouté le discours de Madame Royal que de temps à autres, comme lorsqu’elle a abordé le thème du Darfour par exemple. J’étais bien plus intéressé par ce qui se passait là devant mes yeux, et qui n’est quasiment jamais montré (sauf dans quelques excellents reportages récents, ainsi celui de la campagne interne sur Canal+) : les coulisses de la vie politique. J’insiste sur le terme de « vie » politique, au sens d’organisme vivant, avec ses organes, ses régulations, ses systèmes en équilibre perpétuel.

 

Il y a d’abord le service d’ordre, je devrais dire le service d’ordre juste, car il prépare le terrain, s’impose fermement mais sans vouloir casser les rêves des militants en furie. Il y a la furie des militants, joyeuse et bon enfant, mais très instinctive. Des frémissements traversaient la foule lorsqu’une rumeur d’arrivée prochaine de la candidate aux présidentielles partait d’un coin de la salle. L’objet d’attente est retardé, alors on siffle des gens au demeurant fort respectables (Moscovici, serein, Peillon, flamboyant, etc.). Puis elle arrive, et c’est l’extase presque béate. Elle est leader, elle fend la foule et prend sa place, tout en haut tout en blanc.

 

 

Moi pendant ce temps je capture quelques images bousculées, je cherche des yeux le bras droit Monsieur Mennucci . Car il y a tous les autres, ballet incroyable de personnes imposantes noyées dans la masse et sous la candidate. Forni, président de région à l’égal de Ségolène ? Chevènement , Empereur de Belfort, co-fondateur du PS, candidat en 2002 et de nombreuses fois ministre ? Moscovici , député européen, légat de Dominique Strauss-Kahn, ministre rompu aux questions européennes ? Rebsamen et Fousseret , maires de capitales régionales mais aux rôles cruellement dissemblables (l’un directeur de campagne, l’autre hôte d’un meeting régional) ? Claude Bartolone , incarnation du courant fabiusien ? Peillon , jumeau brillant de Montebourg et futur poids lourd du parti ? Paulette Guinchard , très respectable secrétaire fédérale chargée de dossiers pointus par le conseil national du PS ? Ils n’existent plus aux yeux des fans de Ségolène.

Je l’avoue, j’étais moi aussi venu pour l’approcher, pour avoir pourquoi pas une dédicace de son livre Maintenant. Mais finalement, à cette signature obtenue avec force opiniâtreté (ne croyez jamais un responsable de la sécurité qui vous dit que derrière lui il n’y qu’une salle de presse et que Ségolène Royal n’est plus là), je préfère presque l’annotation de Vincent Peillon, l’intérêt faussement vif de Bartolone pour la veste du même Peillon, la discussion à 4 avec Pierre Moscovici, un jeune du quartier dubitatif et une mère de famille enflammée (à propos du temps en Franche-Comté, du rôle de Dominique Strauss-Kahn dans la campagne et de la réaction des femmes à la candidature de Ségolène) ou encore les allées et venues incessantes des attachées de presse entre la zone mixte et la salle de presse.

 

 

C’est la vie politique. Et cela n’empêche pas d’être attentif au rôle crucial d’une sélectivité des aides publiques aux entreprises pour la relance de l’emploi dans les PME innovantes, et d’imaginer le menu choisi par Ségolène R. et son fils Thomas H. à l’excellent restaurant Le Champagney (traiteur de mon mariage, c’est un gage de qualité Clin d'oeil).
Publié le 29/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Le titre de l'époque est le suivant :
Du cal en bourre ou de la corne en coton de couche ?

L'article a pris quelques rides, en particulier parce qu'on était juste après l'élection présidentielle de mai dernier.


J’avoue un faible pour les jeux de mots tortueux et réservés à quelques initiés. Les stations de métro, par exemple, qui sont surtout connues par les habitants de la ville concernée, c’est un terrain d’exercice de grande qualité, même si on tire parfois par les cheveux. Une petite histoire introduit le jeu de mots, et ce calembour sert en quelque sort de conclusion, parfois de morale, à cette histoire.


Quelques exemples, à Paris :


« Pendant la période communiste, en URSS, c’était absolument interdit de représenter des symboles religieux en public, c’était passible du goulag, dans les régions loin au nord de la Sibérie. Or un jour un koulak du nom de Sebast dessina sur un mur du Kremlin un disque solaire avec un œil et des rayons, symbole du dieu du soleil chez les Egyptiens. Très logiquement, Ré au mur, Sebast au pôle (Réaumur – Sebastopol). »


« Une jeune femme se faisait très très souvent de multiples fractures ; ses parents s’inquiétaient, et ne comprenaient pas pourquoi en rentrant chez eux le soir ils la trouvaient si souvent avec un bras, une jambe ou une côte brisés. Désespérés, ils appelèrent un médecin italien, avec un fort accent mais très réputé dans son expertise du squelette. Le médecin passa une journée à observer la jeune fille, et constata qu’elle se jetait du haut des escaliers, qu’elle plongeait la tête la première sur le carrelage, etc. A leur retour, les parents demandèrent, affolés : « alors, alors, pourquoi elle a un problème aux os, docteur ? ». Et lui de répondre : « Ma ! c’i pas les os, c’est la tête qui va pas ! » (Massy – Palaiseau). »


Georges Perec et quelques collègues de l’Oulipo ont porté cet art à un haut sommet, avec entre autres les variations sur la chanteuse lyrique Monserra Caballié (je ne suis plus sûr de l’orthographe de son nom). Les références au capitaine Achab ou à Munch sont fines et savoureuses comme des pizzas, mais en plus elles nourrissent la réflexion. M’inspirant de ce modèle, je garde toujours quelques temps de réflexions pour mettre en histoire les noms que je rencontre. Exemples en exclusivité pour la toile :


« Vous connaissez tous l’histoire du Golem, cet être fait de terre évoqué dans l’ancien testament. Mais vous ne savez pas que plusieurs grades existent, du plus faible au plus puissant. Si vous souhaitez faire peur à un chat, invoquez Golem citadin. Pour le déminage d’un champ de 4 hectares, ayez recours à Golem provincial. Enfin pour vous aider à accéder aux plus hautes responsabilités, c’est Golem royal qu’il vous faut ! (Ségolène Royal) »


« Que le futur président désire un peu de repos après cette longue campagne, c’est normal. Qu’un riche homme d’affaire invite depuis de nombreuses années un homme politique à venir sur son yacht, c’est normal également. Mais que la réponse à l’invitation dans un lieu cosy tombe juste à ce moment là, pardon de faire un anglicisme, c’est ce qu’on appelle un « hasard cosy » ! (Sarkozy) »


« Pourquoi le Front National est-il verrouillé par la famille de Jean-Marie ? Tout simplement parce que c’est très difficile de forcer le pêne à s’ouvrir ! (Le Pen ; pour mémoire, le pêne est la partie métallique qui sert à fermer une serrure) »


J’essaierai de présenter, de temps à autre, un ou deux calembours du même genre, voire de relayer ceux qui me seront indiqués par des proches ou des moins proches.
Publié le 28/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Les Français sont parmi les 5 premiers mondiaux, et ils viennent d'écraser de leur classe la dernière compétition. Le British Open, ce n'est pas rien ! Serait-ce une forme de revanche pour Jean Van de Velde et le dernier trou dramatique de son British Open ? Non, il ne s'agit pas de golf. Cela fait deux éternités que les garçons français n'ont pas été aussi à la fête en golf, en tennis ou en cyclisme. Un petit indice visuel pour commencer:

Ancien numéro 1 mondial, le trentenaire a de beaux restes comme en atteste sa dernière finale.

Bon, ce n'est pas sûr que cela vous aide vraiment... Tout le monde ne connait pas Thierry Lincou, malgré son palmarès splendide. Si ce nom, Thierry Lincou, ne vous dit rien, peut-être reconnaitrez-vous le sport qu'il pratique grâce à la photo en pleine action de l'autre Français finaliste du British Open :

Grégory Gaultier, l'un des meilleurs joueurs de squash au monde.

Je ne fais pas une recherche désespérée de la France sportive qui gagne, du genre après le foot, le basket, le rugby, le volley, le judo ouf !, Je souligne juste que d'autres sports existent, et que les champions du monde ou vainqueurs de trophée ne sont pas moins méritants que ceux des sports majeurs à partir du moment où la compétition regroupe des professionnels du monde entier.



Vive la France qui squashe, elle a le double mérite de gagner et de ne pas être rétribuée au mérite...
Publié le 28/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Une notulette pour dire (écrire plutôt) mon admiration du superbe spectacle donné par les équipes de Monaco (L1) et Nantes (L2, bientôt de retour en L1) lors du 16ème de finale de la coupe de la Ligue... autant dire un match sans intérêt théorique.

Mais dans les faits, quelles belles actions, des frappes soudaines cadrées, des arrêts solides, des beaux mouvements collectifs (surtout côté nantais), des beaux gestes (surtout côté monégasque, avec un Meriem étincelant et un Nenê des grands jours). Peut-être même en garderais-je des souvenirs, pourtant mon tiroir "mémoire de matches" est bien chargé.

Comme le grand Nantes de 95 contre le grand Monaco de 99
Publié le 27/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre

C'est un peu faux de dire que le film The Constant Gardener (La Constance du jardinier en français) est très plaisant à voir. Il y a du dégoût, habilement suggéré devant les manipulations pharmaceutiques pratiquées sur les populations africaines et devant les trahisons de ceux qui sont censés les défendre, leur apporter soutien et humanité. Pourtant il y a aussi du plaisir, qu'Aristote prétendrait cathartique et que Brecht désignerait comme lié à l'interpellation directe du spectateur.

Une histoire d'amour qui résiste à la mort. L'art du contretemps sentimental.

Cette oeuvre est un bel enchevêtrement d'intimité (c'est une très belle histoire d'amour à contretemps) et de globalité (les très méchants sont légion, les très gentils sont tout seuls, et tout spectateur est poussé à choisir un camp).

Rachel Weisz, une femme occidentale enceinte, découvre la vie kenyane... et tourne un film.

C'est aussi, qualité principale du film selon moi, la rencontre de la fiction et du documentaire, dans la veine des travaux effectués par Kiarostami, très appréciable quand on repense à ce qu'en disait entre autres Jean-Louis Comolli. La fiction est donc double, sentimentale et politique; mais ce qui en renforce la qualité, c'est que de multiples séquences relèvent du travail documentaire. Un indice est révélateur de cette attention au documentaire : Justin Quayle filme à la webcam un pseudo documentaire du commandant Cousteau pour présenter le ventre énorme de... Rachel Weisz l'actrice (et non plus seulement celui de Tessa Quayle le personnage). Les croisements sont multiples, et atteignent leur plénitude lors des magnifiques scènes de foule, où les enfants font la fête à la caméra plus qu'ils ne jouent leur rôle.

Justin Quayle, les yeux enfin ouverts.

De ces scène de foule on retient la vie, la joie, les couleurs et l'énergie. Et la pensée retourne à l'histoire racontée, ce "Che" Muffin Quayle qui n'existera jamais, ces populations exploitées grâce à leur malheur (Three Bees peut dire merci à l'épidémie de SIDA !), des êtres tantôt faibles tantôt courageux. La mort de Tessa Quayle nous force à ouvrir les yeux comme elle a forcé son mari à prendre conscience qu'aucun jardin ne pousse en dehors d'une terre où poussent les mauvaises herbes. Il faut donc cultiver son jardin et aider son voisin à faire le sien.
Publié le 26/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Parmi tous les "Tamagochi-like" (jeux fonctionnant sur des mécanismes d'entretien d'être vivant virtuel, semblables à ceux de Tamagochi), je me suis pris d'affection pour 650 kilomètres, une sorte de simulateur de Robinson Crusoë.

Son évolution vers une version 2 n'est ni radicale ni suffisante. Toutefois on passe volontiers du temps dans ce jeu massivement solitaire en ligne, comme je l'appelais en titre. La proximité d'autres aventuriers n'y est pas pour grand chose, à cause du système de troc peu engageant et peu satisfaisant. J'ai du supprimer dernièrement une douzaine de pseudo - amis avec lesquels je n'avais jamais traité.

Le "leveling", le fait d'augmenter son niveau par des actions précises, est très présent, avec des objectifs clairs. Mais l'atout principal réside dans la finesse du détail : variété des ressources, des armes, des évolutions... ainsi cette charmante petite fronde :
Fronde. Alors comme le jardinier calme et méticuleux de The constant Gardener, on prend plaisir à suivre son propre petit chemin solitaire, à cultiver ses petites plantes, à faire évoluer son campement, à récolter des objets "modernes" éparpillés autour de la carcasse de l'avion qui s'est crashé, à éviter les mauvaises rencontres avec les tigres, ours et autres najas.

Ce jeu illustre aussi l'un des aspects qui m'est toujours apparu crucial dans la maturité du jeu vidéo : il fait la part belle au "non-jeu", c'est à dire à l'exploration d'un objet interactif sans présence de danger fondamental (ce danger qui est d'après moi la caractéristique du jeu). En effet le fait de tomber dans le coma, consécutif à tout combat perdu contre un animal sauvage, n'est qu'un délai dans le chemin suivi : pas de perte de denrées, pas de perte de capacité, retour au campement, bref ce n'est pas un danger très fort.

Ces jeux qui nous font "semblables aux dieux" (selon la belle idée de Villiers de l'Isle Adam dans L'Eve future), Sims, Spore, Tamagochi, Black & White, Age of the Empires, Populous, ou Powermonger, nous mettent en demeure de faire des choix personnels et non contraints, d'exercer notre (illusion de ?) liberté, en une expression ils nous font aussi devenir des humains.

Publié le 25/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle


On parle de l'heure où la France se lève, comme si la bonne heure était de bonne heure. Mais quel est le déshonneur dans les dernières heures ? Le temps de la montre est le symbole du progrès technique, de plus en plus précis et de plus en plus irrémédiable. A l'inverse, le temps du sommeil, le temps du repas, le temps des paroles est une extraordinaire résistance du vivant, de l'animal qui sommeille en nous.

Si on se réveille c'est bien pour devenir des humains et travailler à notre postérité. Mais pourquoi se couche-t-on? Certains se couchent pour se lever tôt, soit, mais on tourne en rond comme le long d'un cadran d'horloge... D'autres se couchent pour recevoir les conseils de la nuit, faire le point de façon expresse avant de réaliser de nouvelles observations au pays de Marianne (Clin d'oeil). D'autres encore se couchent parce qu'ils ne peuvent plus veiller. D'autres se couchent parce qu'ils s'ennuient. D'autres encore se couchent parce qu'il faut bien se coucher un jour. Aujourd'hui, ce soir ou ce matin, au choix, je fais partie de la dernière catégorie.

Le principal problème, c'est que l'obligation morale ne tient pas très bien la route face à un insatiable appétit de savoir, un rendez-vous tardif le lendemain et le temps pris durant la journée pour recevoir les conseils du jour (rendant donc la nuit moins payante, puisqu'en l'occurence les conseilleurs sont les payeurs Perplexe).


Horloge


Se lever tôt, oui, se coucher tôt, pas toujours ! Si je m'écoutais, si notre cher jogger de la République française s'écoutait, si tout le monde écoutait les principes du progrès technologiques, les heures de la nuit ne nuiraient pas au travail. Elles seraient simplement des heures pleines, sans creux d'activité, symbole de notre victoire sur le corps biologique. Ou symbole de notre incapacité à en tenir compte dans l'élaboration des sociétés de demain.
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