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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 19/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Cela peut sembler étonnant d'en parler puisque c'est une histoire vieille de moins de 30 ans, mais il y a urgence à organiser la mise en mémoire des expériences ludiques, comme l'INA compile les souvenirs audiovisuels et les grandes bibliothèques accumulent les traces littéraires, scientifiques et iconographiques. Le cinéma français a eu son Henri Langlois, le jeu vidéo attend encore le sien...
Les supports d'origine se sont souvent beaucoup dégradé, et donc tout le monde n'a pas la chance comme moi de pouvoir rejouer à North & South d'Infogrames ou SuperSprint sur un Atari 520 STFM en état de marche.
De l'autre côté de l'océan Atlantique en tout cas, il y a du mouvement : à partir du 1er janvier 2008, tous les jeux seront mis en archive grâce à la librairie du Congrès. Une interview d'ABC fait le point sur le sujet, donc que les anglophones n'hésitent pas à la consulter pour plus d'explications.
L'archivage des jeux pose des problèmes nouveaux à l'indexation, mais j'aurai sans doute le plaisir d'en reparler plus longuement; ce qui compte pour l'heure, pour vous lecteurs, c'est de conserver toutes traces utiles des expériences vidéo ludiques passées et présentes.
Publié le 18/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Je ne connaissais pas l'expression, mais elle me fait bien sourire. C'est une utilisation très elliptique et ponctuelle du verbe aller. J'ai un peu hésité, devant la complexité supplémentaire que l'année à venir apporterait si j'y allais. Mais lorsqu'on se sent investit d'une petite énergie dans le domaine, alliée à une affection grandissante pour ses voisins proches ou lointains, ses amis, ses connaissances locales, la tentation de donner un coup de main est trop forte.
Alors allons-y.
Publié le 17/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
C'est avec une grande joie et un grand soulagement que j'ai accueilli la renaissance d'Arrêt sur Image !
J'avoue apprécier moyennement la rubrique "ils ne veulent plus d'ASI", parce que c'est un peu une incitation à la haine médiatique... mais pour le reste, quel bonheur de retrouver sur ce site (puisque la renaissance se fera sur le web) les chroniques et papiers qui grattent derrière les images lisses de la télévision officielle !
Longue seconde vie à Daniel Schneidermann et à son équipe.
Publié le 16/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
L'article précédent (sur les slogans) ayant été rédigé avant que ne naisse la levée de boucliers contre le test d'ADN pour le regroupement familial, je suis invité par le ministre de l'immigration et de la pureté nationale... pardon, de l'identité nationale (je ne vois pas ce qui me fait faire ce genre de lapsus ) à réagir.
J'aime beaucoup le film Bienvenue à Gattaca, pas seulement pour la musique sublime de Miles Nyman, ou pour la géniale palette de couleurs utilisée par l'équipe de réalisation. Il y a aussi une intéressante réflexion sur ce qu'on est quand on naît et ce qu'on peut être au mérite.
Mosaïque d'images tirées de Gattaca
La question est aussi au coeur du débat sur le test ADN d'entrée en France, à propos duquel Axel Kahn livrait ce matin même sur France Info une analyse claire et intelligente. Dans Gattaca, on ne prend pas en compte l'affect et l'acquis pour déterminer une personne : un "parfait" ne peut pas faire du mal, un "invalide génétique" ne peut pas faire les choses bien. En France, et c'est tout à l'honneur de ce pays, on pense qu'une personne peut dignement élever un enfant, l'aimer et lui permettre de faire des choses utiles à la société même s'il n'est pas génétiquement son enfant (cf. les familles d'accueil, la reconnaissance d'enfants "bâtards", les adoptions dont celle de Jade, vous savez, la fille de Johnny et Laeticia Halliday, l'ami du président qui est l'ami de Brice Hortefeux).
Donc à Gattaca, chaque personne est prisonnière de sa cellule (biologique et non familiale), mais pas en France.
Jerome (Ethan Hawke) et Irene (Uma Thurman) prisonniers de leurs gênes
Axel Kahn soulignait le manque de cohérence d'une loi qui interdit à ceux qui ont "vocation à résider en France" d'avoir les mêmes droits humains que les autres français. "Ca se fait ailleurs" peut-on entendre en guise de défense de ce projet de loi. A Gattaca, oui, ça se fait; dans l'Allemagne nazie, cela se serait sans doute fait; les dictatures nationalistes de tout poil procéderaient sans doute de même. Mais un pays qui réclame le droit au mérite individuel, qui prône la liberté de chacun à participer activement et individuellement au bonheur du pays, qui met en avant l'immigration choisie, qui se rêve les Etats Unis de la Beauce, du sillon rhodanien et de Sophia Antipolis, ne peut pas accepter de gâcher ainsi des énergies et des synergies familiales potentielles.
Après la validation des acquis, la France va-t-elle essayer la validation de l'inné ?
A la fin de Bienvenue à Gattaca, la volonté humaine triomphe des déterminismes injustes parce qu'ils sont injustes (le technicien de vérification d'identité laisse passer "l'invalide" parce que lui aussi est victime de ce système inique, les gênes humains ne garantissant jamais l'adaptation des individus). Dans le monde entier, y compris en France, les êtres humains évoluent, ils sont en cours d'adaptation à leur environnement toujours changeant. Chaque hôtel de tourisme est un hôtel des invalides, handicapés de la langue ou de la culture ou des sentiments ou mental ou physique. Canguilhem notait d'ailleurs avec raison que le normal et le pathologique sont des notions relatives l'une à l'autre, sans passage clair de l'un à l'autre. Chaque résidence du troisième âge, chaque école, chaque centre d'hébergement recueille des êtres sans doute moins utiles à la population active française ou européenne que des immigrés en quête de travail déqualifié, et pourtant ils sont recueillis, et il n'y a rien de plus normal.
C'est sans doute parce que tout homme n'est pas qu'un "individu", c'est aussi une personne prise dans un échange permanent avec autrui (en linguistique, "je", "tu" et "il/elle" n'existent qu'en rapport les uns avec les autres). Il a donc besoin de ses parents et grands-parents, de ses enfants. Il a donc besoin d'aider les autres en sachant que ces services pourraient lui être rendus en cas de problème personnel. Il a donc besoin qu'on lui donne la chance de changer pour faire mieux, pour lui comme pour les autres, par-delà les déterminismes génétiques.
 On ne naît pas homme, on le devient
Tout ceci peut sembler loin de la question très simple du caractère biologique ou non de la filiation des immigrés, mais les implications de cette question sont graves et amènent à comprendre le caractère inefficace de ce projet de loi, vérifier dans le cadre d'un regroupement familial que les enfants d'un immigré sont bien ses enfants biologiques. Si ce projet passe, ce sera la victoire des gagas et ce sera la cata. Bienvenue à Gagacata.
Publié le 16/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La politique a toujours été un combat des slogans, comme les bannières s'affrontaient sur les champs de bataille au Moyen-Age. Ce sont en effet des symboles qui frappent, des armes verbales pour renverser l'adversaire et imposer son leadership. Le nom même de certains partis est un slogan : "Debout la République" dit Nicolas Dupont-Aignan, érigeons un "Front National" s'exclame Le Pen, faisons une répartition "socialiste" des richesses disent les socialistes, prenons le "Parti des Travailleurs" proclamaient Gluckstein ou Schivardi.
Parmi les phrases ou expressions échangées durant la dernière campagne présidentielle, certaines resteront dans l'histoire. Par exemple, chez Ségolène Royal, on retiendra son "Ordre juste" (forcément opposé à un ordre injuste, incarné à ses yeux par Nicolas Sarkozy) et ses variations sur le thème "donnant-donnant // gagnant-gagnant" (pour que cessent les défaites individuelles, les sacrifices des employés sans contrepartie...).
Du côté de Nicolas Sarkozy, le choix de mots ou expressions dures lui a permis d'être à l'offensive perpétuellement. Il est cependant intéressant et instructif de décortiquer ces slogans de campagne. Si on prend par exemple le célèbre "travailler plus pour gagner plus", c'est une publicité hyperbolique sinon mensongère : travailler plus, c'est augmenter la production, mais cela ne garantit pas que la consommation suivra; d'autre part, les salariés souhaitent évidemment gagner plus, il admettent donc le principe de travailler plus (mais combien de temps en plus ? et en fonction des désirs de qui, l'employeur ou les salariés ?) sans mesurer les implications pour leur vie quotidienne et pour les autres membres de la collectivité, qui ne se laisseront pas faire s'il sont lésés.
Une autre formule donne beaucoup de coups quand elle est prononcée par le garant de la doctrine sarkoziste, Brice Hortefeux : "Nous n'avons pas la possibilité d'accueillir tout le monde". C'est très poli (plus que "nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde"), c'est très logique, et pourtant derrière on peut et on doit entendre : "Nous refusons d'accueillir ceux que nous ne souhaitons pas". La question est complexe, mais justement derrière la simplicité et l'apparent bon sens on masque une réalité du cas par cas. Jouer la carte du tout interdit / tout répressif, c'est risquer l'apparition de réseaux clandestins plus nombreux. Par ailleurs, le fait de choisir certains et pas d'autres se fait soit selon des quotas (les premiers arrivés sont servis, au prix d'une injustice évidente) soit selon des critères précis qui ne prennent en compte ni la globalité de la personne ni les évolutions passées et à venir du candidat à l'immigration. Enfin, pour le tourisme nous avons vocation à accueillir tout le monde; quand fait-on un séjour, quand séjourne-t-on dans un pays ?
Le "Ensemble tout devient possible" est une trouvaille remarquable, parce qu'elle prend le contre-pied du principal défaut de politique intérieure de Nicolas Sarkozy, sa propension à casser le "ensemble" pour faire du "nous et eux".
Le temps manque pour analyser tous les slogans échangés dans les médias, qui font beaucoup de mal dans la vie réelle (ou seraient destructeurs en cas de mise en application). Mais les partis de droite n'ont évidemment pas l'apanage des simplifications dramatiques et publicitaires. A l'inverse, parfois la vérité est anti-publicitaire et fait fuir, ce qui est terriblement regrettable dans une démocratie médiatique, censée informer correctement tous les citoyens (je pense par exemple au "Mon programme n'est pas socialiste" de Jospin en 2002, ce qui était rigoureusement exact économiquement mais suicidaire électoralement). Et la vie politique laissera sans doute d'autres occasions d'y revenir.
Publié le 15/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
S. Chabal (c) L'Equipe C'est ce que pourrait dire le troisième ligne centre All Black à son vis-à-vis français à la fin du match. Mais que la personne qui partage sa vie se rassure, on ne fait pas ici dans le sentimental, je vous en laisse juge :
Pourquoi c'est assez drôle, cette séquence, et pas seulement effrayant de violence autorisée ? Tout d'abord, le n° 8 néo-zélandais va bien. Ensuite, graphiquement on est plus dans le mécanique (on imagine la silhouette de Chabal s'imprimer sur la pelouse du stade, avec le kiwi collé dans l'empreinte) que dans le vivant. Enfin, un troisième ligne All Black, ce n'est pas un enfant de coeur ou une allumette, c'est une montagne puissante : on imagine donc qu'il faut un autobus lancé à pleine vitesse pour le faire reculer. Il faut Sébastien Chabal.
PS : On en fait des louches sur Chabal, on monte en épingle le personnage qu'il se crée, mais avec l'évolution actuelle du rugby il n'est pas très loin des standards. Seuls sa "gueule" cro-magnonesque et un indice de masse musculaire au-dessus de la normale rendent son jeu médiatiquement attrayant. Pour ne pas faire de saturation médiatique (comme Christophe Dominici l'a fait avant lui), il faudra en particulier qu'il ne reste pas prisonnier toute sa vie de ce personnage du Chabal cannibal.
Publié le 14/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Bien évidemment il y a les Poèmes Saturniens de Verlaine; certes les Stèles de Victor Segalen resteront toujours une grande source d'inspiration pour moi (en particulier dans le dialogue que l'auteur engage avec la langue chinoise); Les Orientales de Victor Hugo, Les Regrets de Du Bellay, Yvain le Chevalier au Lion de Chrétien de Troyes ou Les Illuminations de Rimbaud auraient mérité meilleur sort. Mais le recueil de poèmes que je relis et relis avec un intérêt toujours intact, surtout perdu au milieu de l'océan, maussade sur une île déserte, c'est Les Fleurs du Mal de Charles, Baudelaire pour les non-familiers.
"L'Invitation au voyage", "A Une passante", "L'Albatros", "La Chevelure", quelles merveilles ! La langue de Baudelaire et les émotions qu'elle porte sont uniques, et pourtant nous semblent encore familières, en ce début de XXI° siècle désenchanté et pourtant idéaliste... C'est peut-être du à l'union des contraires réalisée au détour de chaque page, joie et tristesse, plaisir et douleur, révolte et découragement, force et hésitations, qui renvoie en miroir les mélanges sans fin du Monde. Platon ne prônait pas autre chose que cet alliage subtil et magique de l'unité dans la diversité et de la diversité dans une unité, ce bouquet de Fleurs du Mal.
S'il faut chercher une illustration graphique de ce recueil, on est tenté d'associer deux images fortes, le sujet (le narrateur qui perçoit) très comme il faut et l'objet (ce qui est perçu) très comme il ne faudrait pas...
 
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