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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 06/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Les Australiens étaient sur les genoux, dès le début de ce Australie France mémorable de 1987. On perçoit après coup la valeur de cette aurore du rugby moderne, le courage de ces Rodriguez, Lorieux (quel match splendide !), Herbani, Hondarts, Camberabero, Garuet, Dubroca, Charvet, Mesnel, Berbizier, sans oublier le génie de Sella et Blanco (quel porté de balle aérien sur l'essai de Lagisquet !). La détermination, les bourre-pifs et le french flair étaient des facteurs essentiels, et le fait de lever de la fonte n'aurait rien donné de plus à Campese, Far-Jones ou Lynnagh. Evidemment tout n'était pas rose, mais la dimension humaine du rugby alors était semblable au football de Saint-Etienne en 1976, ou de Nantes au milieu des années 80.

Ce n'était alors qu'un territoire, c'est maintenant une planète à part entière, l'ovalie. Les exploits y sont encore possible, comme cette demi-finale de Twickenham où Dominici et Bernat-Salles avaient assommé les monstrueux All Blacks. Mais ils s'y font de plus en plus rares, presque plus rares proportionellement que dans le football (que la Grêce ait gagné le championnat d'Europe, c'est comme si l'Italie gagnait le tournoi des 6 nations avant 2010 !!!).

On dit souvent que le rugby sera le sport du XXI° siècle comme le football aura été celui du XX° siècle. 2 remarques s'imposent : le football n'est vraiment devenu sport dominant que dans la seconde moitié du XX° siècle, c'est donc exagéré de lui donner tout le siècle. D'autre part, la place prise par le football n'a pas empêché une vraie passion populaire émerger pour la NBA par exemple. Enfin la domination du rugby, si domination il y a, n'ira sans doute pas au-delà de 2050, si les e-sports ou le poker n'ont pas pris le dessus d'ici là...

Ca n'empêche pas d'apprécier à leur juste saveur les chaleureux moments d'engouement partagé que ce sport apporte régulièrement.
Publié le 05/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Nous sommes vous et moi sur la toile, et pourtant, par la magie de l'ubiquité électronique, je suis aussi sur une île "déserte" à 650 kilomètres de toute vie moderne. Je précise entre guillemets "déserte", parce qu'avec plus de 100 amis sur l'île et quelques 220 000 inscrits, on se sent pas vraiment seul...

Actuellement, je suis fatigué d'avoir décollé de la tôle de la carlingue de l'avion qui s'est écrasé en m'amenant là-bas. Je me repose, avant de reprendre ce travail long et stupide. Pourquoi tant de personnes sont-elles attachées à ces tamagochis pour adultes, ces êtres virtuels qui forment comme une seconde vie (Second Life n'est effectivement pas loin) ? Certains jouent à la poupée pour se sentir des dieux, comme dans Popoulous, Ages of the Empires, Black & White, Les Sims (excellente référence d'ailleurs, dans le premier du nom, avec le jeu pour adulte "Maison de poupée"). D'autres, je pense, font des expériences par procuration, comme les lionceaux se chamaillent "comme si" pour savoir ce que ça fait d'être aux prises avec un ennemi en vrai. C'est sans doute l'objectif visé par la plupart des survivants de 650 kilomètres, ce jeu sympathique où il faut tout bricoler comme si l'on était seul au monde.

Mais pour d'autres, j'en fait partie, il y a la curiosité de savoir jusqu'où nous emmènent les concepteurs. En l'occurence, je crois qu'ils naviguent un peu à vue, par tâtonnements, mais par exemple le passage de la version 1 du moteur à la version 2 était intéressant pour savoir justement où Omegames (attention à ne pas confondre avec Omegame, la société de Nicolas Perret) en était de ses plans. Le jeu évolue vers plus de complexité des gestions de ressources, vers plus de suspens. En contrepartie, je pense que la mise en place de quêtes, et tout ce qui ne relève pas du "leveling" (augmentation de niveau), va devenir soit inaccessible soit accessoire. Dommage. Mais à suivre...
Publié le 04/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
On parle souvent de l'Age d'Or de la science-fiction à propos des Asimov, Bradbury, etc. du début du dernier demi-sciècle du XX° sicèle (les années 50, en clair). Pour moi, l'âge d'or est aussi celui des Herbert, Gibson, Moebius (oui, le dessinateur) et K Dick.

Autant Gibson a apporté beaucoup sur le plan des notions de personne humaine, d'entité virtuelle, d'interaction, autant son écriture poétique reste dans les limites du "talenteux". Mais K Dick apporte chaque année la fécondité de sa vision, qui se traduit très exactement dans la richesse de son écriture. Parmi ses ouvrages, je souhaitais en choisir un pour l'emmener sur mon île déserte. Il y a tant de variété dans Ubik, tant de force émotionnelle dans Do Androïds dream of electonic sheep ? (qui donna à l'écran Blade Runner), tant de virtuosité dans Total Recall, tant de désenchantement dans la nouvelle Minority Report ou dans Running Man...

Finalement c'est Le Maître du haut château qui retient toute mon attention. D'abord parce que c'est un titre splendide, égal en qualité à La Chartreuse de Parme (et tout aussi surprenant par rapport au contenu). Ensuite parce que l'uchronie est la plus belle des luttes contre le fil du temps et développe toute la puissance de l'acte de lire. Enfin parce que ces histoires croisées, ces destins profondément humains sont traités avec juste ce qu'il faut d'allusif pour que le lecteur prenne une place prépondérante dans l'écriture de cette histoire doublement imaginaire.

K Dick était sans doute un illuminé, mais de ce fait il reflétait à merveille le passé, le présent de son écriture, l'avenir de son écriture (donc notre présent de lecteur et notre avenir). Il avait un côté ésotérique, mais de ce fait nous avons une agréable responsabilité dans le puzzle de ces histoires. Il a laissé volontiers des béances dans ses univers, mais de ce fait nos esprits sont tout à coup aspirés et notre imagination, tant bridée par nos existences "fonctionnelles", prend le pouvoir.
Publié le 03/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Après Les Bienveillantes, avec le dernier livre du remarquable Claudel, tout comme à l'époque de Né en 17 à Leidenstadt, Comme toi, Nuit et Brouillard, Le Chagrin et la pitié, Shoah, De Nurenberg à Nurenberg, La Vie est belle, La Liste de Schindler, je me retrouve face à la question : et toi, qu'aurais-tu fait?

On a beau avoir une belle confiance en sa propre bienveillance, dans le panel (plus large qu'on ne le dit) entre les héros et les salauds on ne sait jamais très bien où le sort, le caractère, la nature humaine, l'intelligence et l'imagination nous auraient placés.
Publié le 02/09/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Un mot tout petit pour dire que, tandis que la télévision sur le cable aime rediffuser les événements de l'époque "comme en vrai", 10 ans de Diana, 20 ans de coupe du monde de Rugby, elle oublie de faire son travail de mise en perspective de ces événements. La rétrospective sans perspective, ça n'est que la moitié du chemin effectué par un documentaliste, un bibliothécaire ou un conservateur...
Publié le 01/09/2007
Par fxboffy
Humeur : En colère
La rentrée politique est marquée par de grandes manoeuvres au PS. Et dès qu'il est question de manoeuvres, il y a de la "perte". J'avoue dans ma candeur n'avoir pas pensé que les deux Fêtes de la Rose, celle de Frangy et celle de Melle, seraient en fait concurrentes : les quadras (Montebourg, Valls) contre les Ségolénistes (Bianco, Najat Vallaub-Belkacem). Très honnêtement, je trouve ces positionnements particulièrement ridicules, tout simplement parce que dans les grandes lignes ces deux courants sont dominants au PS et s'entendraient très bien pour réinventer le hardware social-démocratique.

Suivant d'un oeil un reportage intéressant - et néanmoins simplet - sur les causes de la disparition des grands mammifères du pléistocène (mammouth, lémure géant, paresseux géant, castor géant), je ne peux m'empêcher de faire le rapprochement avec la disparition des éléphants socialistes. Les facteurs sont multiples (Sarkosaurus rex, changement du climat social, faiblesse de la fécondité intellectuelle, disparition de leur électorat naturel, stress dû aux attaques multiples, concurrence des nouvelles espèces prédatrices, la maladie d'ouverture/affaiblissement, en un mot le "Progrès" au sens positif comme, plus récent, négatif). Mais le constat est là : il n'y a plus de place, et la plupart d'ailleurs en prennent acte (absences nombreuses à l'université de La Rochelle).

Cela, qui arrive au PS comme, dans une moindre mesure, dans les autres partis de gauche, et qui serait arrivé à l'UMP en cas de défaite de Sarkozy aux présidentielles (la chute des Devedjian, Coppé, Gaudin, Juppé, Hortefeux, Bertrand, Bachelot ou Perben n'aurait pas fait de doute), cela donc est ici redoublé par une lamentable forfanterie chez de nombreux "nouveaux visages".

Que les dents de certains rayent le parquet, c'est logique étant donné l'altitude de la mission conférée à une personne qui entend, du moins partiellement, gouverner un pays de 60 millions d'habitants. Il n'y a donc rien de choquant. Mais ce qui me heurte particulièrement en ce moment, c'est la disproportion entre les ambitions et les objectifs. hérisser le poil comme un jeune lion, oui, c'est bien, mais pour quoi, contre qui ? Les quelques mesures fiscales discutables et rejetées par le conseil constitutionnel ? Non, contre d'autres gens de bonne volonté, désireux d'engager des réformes politiques et dans la société, afin de prendre les commandes d'un bateau aux multiples voies d'eau. Franchement, se tuer pour une carcasse, c'est absurde et indécent vis-à-vis de ceux qui pâtissent de l'orientation faussement - friedmanienne du gouvernement actuel.

Dans le domaine, c'est une bonne chose, je trouve, que Ségolène Royal en ait rabattu de sa volonté de "prendre le parti" personnellement : pour son objectif de 2012 elle serait plus avisée d'accompagner la candidature d'un Rebsamen par exemple, plus modeste que le très intéressant Manuel Valls et moins étiqueté "ancien socialisme" que Bertrand Delanoë ou Jean-Marc Ayrault. De toute façon, ce ne sont pas les personnes qui pourront recréer une opposition dynamique et constructive, mais les orientations politiques portées par certaines personnes. Heureux MoDem, qui devrait bénéficier de quelques "conversions" de socialistes déçus à la fois par Kouchner et par les "jeunes lions".
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