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- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 05/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
Je souscris entièrement à un ancien article du très bon site Les Cahiers du football, qui décortique la mort clinique de Jour de foot. Pour les non-initiés, cette émission hebdomadaire est un peu la grand-messe du football hexagonal (non, le ballon n'est pas hexagonal, c'est le pays qui l'est). On y voit les buts, les actions marquantes, et on y entend les principaux acteurs des rencontres de la semaine.
Le fossoyeur visible de cette émission est le flamboyant Alexandre Ruiz, parce que justement il n'y a pas lieu d'être flamboyant. Le procès qui est fait à cette émission, c'est celui d'une vente forcée à grands coups d'effets de manche. 53 % de football sur 1 heure d'émission, cela tient plus du talk show voire du stand up à la québecoise que d'une rétrospective des meilleurs moment de football en France.
D'autant plus idiot que parallèlement à cette merchandisation du produit - Ligue 1, on a assisté à une lente diminution de l'intérêt réel de la compétition (à cause des départs réguliers des meilleurs joueurs vers d'autres championnats, et à cause du sentiment -trompeur- que le championnat se joue à 20, et c'est toujours l'OL qui gagne à la fin). C'est comme ces titres énormes de L'Equipe, autre pierre angulaire du football français, pour tout et n'importe quoi :
Exceptionnel Historique Pour l'Histoire Il l'a fait Il revient Il va aux toilettes (ah non, ça n'est jamais paru) Domenech parle (quelle surprise !) C'est fini Il y en a encore...
Celui qui rédige ces titres doit hurler en famille, pendant les repas "PASSE MOI LE SEL !", dans son jardin "UNE FLEUR !", etc. ses proches doivent vivre un calvaire. Bref.
Revenons à Jour de Foot, qui plonge dans la nuit sous les doigts de prestidigitateur du sieur Ruiz, qui aurait été plus à sa place comme chroniqueur au grand journal ou commentateur dithyrambique des compétitions de pétanque ou des courses hippiques, également diffusées sur Canal +.
PS : Les rédacteurs des Cahiers du football ont la dent très dure avec la capacité d'analyse footballistique de L'Equipe, citée plus haut. Je vous conseille également la lecture de l'article qui concerne ce quotidien, il est très fin et souvent juste même si la compétence des journalistes n'est pas tant que cela à remettre en question.
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Publié le 04/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
On se moque souvent des parents-poules, des pères possessifs et des mères dites 'juives'. Moi même je l'avoue, tout paternel que je sois, je ricane lorsqu'un téléfilm trop paresseux joue sur l'affection des parents pour leurs enfants afin de justifier leurs erreurs et leurs violences. J'ai souri ironiquement en entendant Ségolène Royal (qui d'ailleurs a signé lundi dans Le Monde une tribune très efficace) désirer pour tous les enfants des quartiers difficiles ce qu'elle a voulu pour ses propres enfants.
Mais voilà, pour une première opération avec anesthésie générale, même avec un caractère cynique, on s'inquiète pour son enfant. On est désemparé lorsqu'il a mal à son réveil et que la seule chose à faire c'est d'attendre. On aimerait vite lui retirer sa douleur, mais les médicaments tardent à faire effet, et la bonne idée de lui changer les idées est terriblement difficile à mettre en pratique. Il n'y a rien pour les enfants à 14h à la télé (surtout ne pas le rendre accro à Derrick, ce serait une catastrophe!). Quand on tente de faire un peu le clown on se rend compte qu'à 4 ans et demi et dans cet état-là, on ne rigole plus en voyant son père se cacher derrière un lit. Quand je m'approche de lui pour le cajoler je ne suis pas très convaincu dans mon ton prétendument rassurant.
Etres fragiles avez-vous donc une âme qui s'attache à notre âme et la force de vivre ? Si mignons, ces petits oignons, ces choux, ces petits pois ressemblent parfois à la flamme d'un bougie, qu'il faut protéger contre vents et marées. Je comprends alors que certains préfèrent soigner une varicelle d'enfant plutôt que participer à un congrès. Et je dis à ceux qui espèrent être parents mais craignent les maladies d'enfants, allez-y, ce sont des occasions supplémentaires de bonheur, et en tout cas d'attendrissement.
Publié le 04/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Quand on parle de cubisme, nos mémoires bornées à l'occident pensent à Picasso, à la montagne Sainte Victoire chère à Cézanne, ou encore à Picabia. Pas une de nos pensées ne franchit l'Oural, ne navigue sur l'Amour, ne s'élève jusqu'au Toit du Monde, ne se réveille dans un Matin Calme ou ne fait halte dans l'Empire du Milieu. Pourtant, tout en gardant quelques spécificités culturelles, les artistes asiatiques ont apporté leur pierre au cubisme mondial.
Quelques exemples pour ne plus en douter (récoltés grâce à un ancien dossier publié sur L'Internaute):Ta Ty, La Moisson, Vietnam, 1951 (Singapore Art Museum)
Je commence par l'oeuvre qui m'enthousiasme le moins, même si elle a des qualités. J'aime bien la rotation des visages, le traitement du blé sous forme de masse géométrique blonde semblable à une bâche. Une forme d'oiseau vu de face se dessine-t-elle en plein milieu de la toile ? Mystère...
 Galo Ocampo, Crucifixion, Philippines, 1950. Surprenant écrasement de Marie et Jean au pied de la croix, remarquables formes rondes sur les genoux des personnages et sur tout le corps de Jésus, ce tableau philippin à la croisée de 4 influences vaut le détour (en plus de l'art chrétien européen, on y perçoit l'influence cubiste, la pâleur de la peau asiatique, et les couleurs vestimentaires de l'Amérique du Sud).
 Vicente Manansala, Etude de nu, Philippines, 1973. Quelle subtilité dans le feuilleté des formes ! Ce cubisme transparent est une trouvaille graphique épatante, je suis sous le charme. Cela donne vraiment envie de voir d'autres oeuvres du peintre. Les pots "non-cubistes" sont étonnants également.
 Ha In-Du, Autoportrait, Corée, 1957 Le moins qu'on puisse dire, c'est que cet autoportrait aux couleurs fauves est particulièrement "ramassé" ! L'artiste joue avec beaucoup de finesse sur la différence entre le plan et le volume, comme en témoigne le tableau en arrière plan dans la pièce cubique qui contient le sujet du tableau que nous regardons... Il y a sans doute aussi une référence aux statues de Rodin, très contorsionnées, ce qui renforce encore ce dialogue entre la peinture et les arts en volume. On trouve aussi des peintres cubistes là où quelques nuages ronds suffisent à dépeindre une montagne, et la paix de l'esprit, à savoir au Japon.
 Yorozu Tetsugorô, Femme accoudée, Japon, 1917. Une mise en pièces assez classique, mais l'utilisation du rouge et du noir à l'exclusion des autres couleurs (un peu de marron pour le décor) donne un caractère violent à un nu "calme".
 Kogua Harue, Femme assise sur véranda, Japon, 1920. Mise en contraste magnifique, dont la simplicité s'oppose à la complexité des formes géométriques employées. En regardant longtemps ce tableau j'ai le vertige et je tombe, comme la femme semble devoir le faire.
On dit souvent que l'art est universel. Je ne le nie pas, et la grande profondeur de ces oeuvres le montre avec force. Mais que nos accès à la culture étaient, jsuqu'à la fin du XX° siècle, peu universels ! Cette globalisation actuelle des arts comporte un danger culturel mortel, celui de l'uniformisation, et une qualité irremplaçable, celle de l'accès du plus grand nombre possible à ce qui est destiné à tout le monde.
Publié le 03/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Il existe un jeu, ou plutôt une série ludique, qui mérite d'être montrée et diffusée dans le monde entier. C'est un jeu, mais c'est aussi un monde. Ultima VII est le chef-d'oeuvre de la série Ultima, et c'est aussi l'un des chefs-d'oeuvres de la Création.
 Les cartes de Britannia et de Serpent Isle.
Même si rien ne vaut de vivre concrètement cette aventure, une petite description de ce qu'on peut découvrir sur Britannia et sur les Isles du Serpent s'impose. Là bas, on rencontre évidemment des goules, des voleurs, des mages, des donjons. On tue des animaux ou des soldats adverses. On boit des potions, on cherche des clefs, on ouvre des coffres, on discute avec des personnages non-joueurs... Cela ressemble donc comme deux gouttes d'eau aux autres jeux "de rôle", comme pourraient le suggérer les cartes "vieux style" livrées avec ces jeux, ou la douce mégalomanie médéviste de leur créateur, Richard Garriott dit "Lord British".
 Mais il y a autre chose... Dans Ultima, on peut faire du pain avec de l'eau, de la farine, un four. Dans Ultima, on peut peindre, jouer de la harpe, pêcher. Dans Ultima, on peut rencontrer un ordinateur qui présente des jeux appelés Strike Commander, Ultima VIII, des jeux justement en préparation chez le studio réel d'Origin. Des Kilrathis sortis d'une autre franchise maison se sont posés dans le champ d'un paysan déboussolé. La palette des couleurs donne souvent envie de se promener en toute quiétude dans les champs, les forêts, dans les villes, de jour comme de nuit, au son des superbes mélodies douces ou tristes ou rythmées composées pour ces oeuvres audiovisuelles. On perd son temps avec plaisir dans la découverte de ces univers riches. On fait ce que j'appelle du "non-jeu", le danger de perdre / mourir n'existe plus (c'est particulièrement vrai sur Serpent Isle, où les moines vous redonnent vie à chaque fois que vous passez de vie à trépas), mais le plaisir vient de la simple découverte d'un univers, à la fois différent du nôtre et miroir déformant de notre bonne vieille Terre.
C'est en jouant à Ultima VII The Black Gate que j'ai compris la façon dont fonctionnaient les sectes, au travers de l'histoire de la "Fellowship" (confrérie) du Gardien et de Batlin. C'est en jouant au même jeu que j'ai commencé à comprendre l'insidieux et injuste traitement fait à ceux dont le mode de vie nous semble différent (saltimbanques, gens du voyage...). Dans Ultima on est amené à comprendre la cruauté de certains choix, fait au nom de l'intérêt général et contre ses propres affections, ou contre sa propre fierté (avoir le choix de trahir un ami ou un autre, accuser une personne tout en comprennant profondément les raisons de ses actes). Dans le monde virtuel d'Ultima sont éclairés bien des aspects de notre vie à nous, les humains, avec nos travers, nos qualités, nos étonnants dévouements et nos indicibles faiblesses.
A ce propos, Ultima VII est aussi l'occasion pour ces créateurs exceptionnels que sont Richard Garriott et Warren Spektor de faire une des premières oeuvres vidéoludique à dimension réflexive. En d'autres termes, le fonctionnement du jeu nous amène parfois à nous demander ce qu'est un jeu, pourquoi nous jouons, ce que nous tirons de ce jeu dans notre vie réelle. Par un jeu subtil entre identification et distanciation, les auteurs donnent au joueur une place plus riche que celle proposée dans la masse des jeux vidéo. Au lieu d'être simplement "interacteur", le joueur devient "interlocuteur", ses pensées sont confrontées à celles évoquées dans le jeu. L'introduction est significative : une séquence présente un jeu qui se lance, Ultima; puis suite à une panne, le joueur (dans le jeu) est amené à se rendre à la porte qui l'emmène dans le jeu auquel il était censé jouer. Autre séquence de mise à distance que j'adore : l' Avatar (le héros) doit jouer le rôle de l'Avatar dans une pièce, alors que ses partenaires ne savent pas qui il est. Déjà il doit se trouver un déguisement, parce que ses vêtements ne sont pas celui d'un Avatar. Ensuite au niveau du jeu de scène, le metteur en scène trouve toujours que le héros n'arrive pas à jouer assez bien l'Avatar !
Je n'en finirai jamais de vanter cette oeuvre géniale. Mais laissez de côté la sommaire et insatisfaisante description faite par Wikipedia de cette oeuvre magistrale en 2 épisodes principaux. Et jouez à Ultima VII par tous les moyens.
Publié le 02/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Je vais très bien.
(à la différence du budget de la France, de la cote des clubs français sur le plan européen, des citoyens birmans épris de liberté, de l'équilibre climatique mondial,...)
A demain pour une nouvelle chronique.
Publié le 01/10/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
 Les bibliothèques actuelles sont de beaux lieux, avec des rangées très mathématiques, rassurantes, et l'écriture littéraire dans certains livres, porteuse de folies et de vie. Elles ont des couleurs codées, l'odeur des moquettes rénovées ou du revêtement de granulés plastifiés, le son des murmures, des pas, des pages et des machines à code-barre. On a des espaces très pensés, très riches en informations et en méta-infromations. Les panneaux de classement font penser aux panneaux plantés devant les simples dans les jardins botaniques médiévaux.
(Par parenthèse, je suis à chaque fois attendri par l'origine du double sens de scrupule, à la fois source de gène morale et très petite unité de mesure de masse : le petit caillou scrupulus sous le pied qui gênait les Romains en sandales était aussi utile comme contrepoids sur une balance à poudres.)
Les bibliothèques numériques, à quoi ressembleront-elles ? Une part de moi, nostalgique, regrette déjà, avant qu'il ait été muséifié, l'objet livre. Il cachait son contenu, semblait comme une fleur qui s'ouvre à mesure qu'on la découvre. Il ressemblait un peu à un oiseau, ce que nombre de dessinateurs avaient utilisé pour dire toute la vie portée par les livres : la librairie ésotérique L'Oiseau livre porte même cette image en enseigne. Un livre numérique est souvent d'abord une icône en forme de A script rouge sur fond blanc, le symbole d'un document PDF.
 Ou alors, dans le meilleur des cas, un livre numérique est la page de couverture du livre réel. Et si le livre n'est jamais réel ? Il faudra bien inventer des couvertures fictives pour vendre sur Amazon, Barnes & Noble et le site de la FNAC. Les rangées des bibliothèques se croisent et s'interpénètrent comme dans un tableau de Maurits Cornelis Escher : un livre peut appartenir à 2 ou 3 ou 10 rangées à la fois, son existence est juste une probabilité actualisée par la recherche des internautes.
MC Escher
 Lorsqu'on effectuera une recherche, ce ne sera plus (jamais ?) une recherche de document, mais une recherche d'information, organisée et triée par la main invisible, impartiale et incapable de la loi d'indexation automatique. En tapant le mot "je" on saura ainsi, grâce à un algorithme puissant, quelles sont les pages de Corinne ou l'Italie dans lesquelles madame de Staël utilise un discours narratif à la première personne. Il sera donc possible d'en étudier les occurrences sans avaler les il/elle/on, les nous, les vous, les ils/elles, les tu par milliers, mais aussi sans pouvoir mesurer la formidable incongruité de ces occurrences dans les centaines de pages du roman.
Dans ces cousines, les librairies numériques, on ne commandera pas une botte de carotte et 6 pommes, on demandera la pelure de carotte et le trognon des 6 pommes; c'est à dire, je ne voudrai pas acheter Le Seigneur des Anneaux tome 1 - La Communauté de l'Anneau et Histoires de Demain, pour 8 €, mais le chapitre "Un raccourci vers les champignons " et la nouvelle Les Pieds et les Roues, pour 0,55 €.
Devant la lassitude de certains de n'interagir qu'avec des icônes et des zones de texte et des boutons, certaines cyberbibliothèques proposeront la convivialité d'une navigation en 3D. Les avatars de bibliothécaires seront de plus en plus fouillés, ils ne ressembleront plus aux premières générations dignes de l'anthropomorphie d'Archimboldo (voir ci- dessous).
 Le bibliothécaire - Arcimboldo (c) 1995 François Almaleh
Certains internautes proposeront leurs MySpace livres, mélanges de partages de livres d'autres et de livres écrits par soi, parfois sans distinction. Les bibliothèques de Second Life² seront en lien direct avec les stocks numérisés de la Bibliothèque du Congrès Américain. Et dans les livres des auteurs modernes un outil très pratique permettra de créer automatiquement un hyperlien vers les oeuvres nommément citées ou évoquées par le biais d'une citation. Certains faux-monnayeurs, Gide ou Robbe-Grillet du XXI° siècle, retrourneront le palimpseste en faisant visiter une bibliothèque dont l'histoire, le fond et les extraits disponibles créent une oeuvre de pure fiction où le lecteur perd la limite entre l'écriture d'une aventure et l'aventure d'une écriture.
Les Reptiles de MC Escher
Je dois le reconnaître, il y a dans les boulversements dus à la bibliothèque numérique des aspects très séduisants. Mais alors que le naturel n'en finit pas de revenir au galop, l'incroyable densité du réel, les belles difficultés des introuvables et des recherches limitées par un fond rendent la présence de bibliothèques matérielles nécessaires. Que de découvertes n'auraient pas eu lieu si tout le monde avait trouvé d'emblée l'information recherchée ! Pas de Colomb en Amérique, pas de 100 jours de Napoléon, pas de pasteurisation, pas de radiographie des poumons ! Pas de curiosité possible, pas d'envie ou de désir de savoir.
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