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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 31/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Revoyant Persépolis quelques mois après l'impressionnant Valse avec Bachir, la comparaison ne manque pas d'intérêt. Dans un premier temps la comparaison s'était faite à partir des souvenirs de Persépolis, voyant Valse.... Ce dernier semblait donc plus novateur, plus unique stylistiquement.

Désormais Persépolis m'apparaît comme un voisin semblable de Valse avec Bachir. Tous deux grands films, tous deux ouvrant de nouveaux espaces dans la perception politique de pays étranges, tous deux travaillant intelligemment l'image, et usant pleinement du décalage entre traits, couleurs et sons. Des histoires en trois dimensions.

Je ne m'en souvenais plus bien, mais les hurlements du Vienne underground, l'humour de la dysmorphophobie (l'âge ingrat est un sentiment international), la fuite des pantins pourchassés par les gardiens de la Révolution sont aussi signifiants que le cell shading des rues défoncées de Beyrouth, les yeux de braise des 26 chiens ou la séquence finale filmée dans le réel de Sabra et Chatila.

Deux maisons différentes, mais où il est important de demeurer un peu.
Publié le 30/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
La politique pour beaucoup en France passe par un tampon de trois lettres, E. N. A. Logique, décider dans une circonscription politique, c'est l'administrer. Ecole Nationale d'Administration, parfois décriée pour son côté élitiste, parfois moquée pour le "moule" dans lequel elle forme ses élèves, parfois aussi, plus rarement, louée pour la qualité d'analyse et la culture générale des énarques.

Ce qu'on ne dit pas encore beaucoup, c'est le prix de cette étiquette. A l'issue de 5 ans d'études assez lourdes, les heureux élus partent pour Strasbourg, belle ville de l'est de la France... qu'ils ne connaîtront pas vraiment au cours des 3 ans de "formation" qui suivront. Les stages longs s'enchaînent, 6 mois en préfectorale, de longs mois en administration centrale, des mois à l'étranger...

Pour des célibataires qui habitent quelque part en France, même à Paris (ils sont encore rares ceux qui n'ont pas d'attache), c'est déjà difficile à vivre, pour des gens en couple, c'est l'enfer. On dira qu'au nom de l'avenir qu'offre l'école, c'est peu de choses.

Parlons-en de l'avenir des énarques. Les carrières de la "botte", oui, c'est les grandes ficelles de l'état. Pas toujours les salaires en rapport avec l'importance de la tâche, mais avoir un rôle dans la société n'a pas de prix. Le bas de la liste à l'issue du long parcours propose des postes pas inintéressants, des horaires honnêtes. La carrière en préfectorale allourdit beaucoup les semaines, sans allourdir la paie.

On reproche souvent aux énarques d'être bien payés. Pourquoi lorsqu'ils ont le choix entre l'ENA et d'autres hauts concours, comme en fonction publique territoriale, ou en fonction publique hospitalière, de plus en plus de lauréats refusent-ils l'ENA? La grande majorité d'entre eux n'atteindrait pas les postes où brillent les ors de la république, tout en sacrifiant des heures inutiles à la beauté de la note adminsitrative. La plupart des étudiants et anciens étudiants de la Très-Grande Ecole, depuis une petite poignée d'années, peuvent ressentir une arnaque à l'énarque.
Publié le 29/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Maussade
On voudrait tout faire, répondre aux besoins entendus, aider à tout va, parer à toute éventualité. Et pour des raisons bêtes, limites temporelles, spatiales, humaines, on doit dire non. Combien de fois ai-je répondu favorablement à une invitation parce que je ne me sentais pas d'affronter la mauvaise conscience de dire "non"?

Heureusement que l'expérience aidant, on mesure le nombre de pressions, d'obligations, d'implications lovées dans certaines réponses positives aux invitations. Donc l'apparition de nouveaux et innombrables "non" à formuler, porteur chacun de sa part de mauvaise conscience.

La valeur d'un bon refus m'apparaît donc, lorsqu'il s'agit de préserver ma capacité à me mettre au service d'amis, de membres de ma famille, de projets ou de causes. Je garde quand même une pointe d'amertume de ces salutaires refus.
Publié le 28/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Les droits de publication de Ritournelle de la faim, de JMG Le Clézio, seront comme tous les ouvrages à traduire d'auteurs connus vendus aux enchères. Normal donc. D'autant plus lorsque l'oeuvre est de qualité. Mais si on regarde avec attention de quoi il est question, c'est un droit qu'on achète. Aux enchères. Deux questions se posent à moi : tout d'abord, ne pourrait-on pas imaginer que l'auteur ait son mot à dire, pour choisir la "maison" qui convient le mieux à sa ligne artistique? D'autre part, en quittant le domaine de l'économie du livre, on peut faire de la science-fiction et imaginer que tous les droits soient vendus aux enchères.

On se demande, combien faudrait-il payer pour le droit d'asile, et surtout combien pour le droit de vote? Un package pour les droits de l'homme à moitié prix, je prends.
Publié le 27/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Gaie
Même dans l'humour, ils sont forts ces Américains. Avec une telle pression ils arrivent à faire une bonne blague (Obama) ou une bonne vanne (Mc Cain).

Obama se décrivant humoristiquement le 16 octobre dans un dîner de charité: "Contrairement aux rumeurs je ne suis pas né dans une mangeoire. Je viens de Krypton, et j'ai été envoyé par mon père Jor-El pour sauver la Terre" (allusions transparentes à Jésus et Superman).

Mais plus fort encore, car comportant une part belle de causticité, Mc Cain constatant qu'en effet, "
il [avait] des signes d'espoir même dans les lieux les plus inattendus - même dans cette salle pleine de fiers démocrates de Manhattan." Il poursuit ainsi, malicieux "Je ne parviens pas à écarter cette impression que des gens ici soutiennent ma candidature. Je suis ravi de vous voir ici ce soir, Hillary. Où est Bill, à ce propos?".
Publié le 26/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Regardant un reportage sur les pêcheurs de Bora Bora, par association d'idée, j'ai repensé à Salmo, le premier et unique simulateur de saumon. Attention, pas question de jouer les pêcheurs, mais bien le pêché potentiel, le saumon, qui doit remonter des rivières parfois en crue, au fort débit contraire, ou parfois en phase creuse, qui demande beaucoup d'entraînement pour passer les rapides et les chutes saut après saut...

Jeu étonnant, mais jeu qui m'est resté, par son originalité partielle (le thème et non le gameplay) mais très forte. Une piste à suivre pour entrer dans le panthéon naissant de la culture du jeu vidéo? Une fausse piste. Pour entrer dans le panthéon secret de certains joueurs, oui, pourquoi pas.
Publié le 25/10/2008
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Dans la plupart des sports, technique et physique se mélangent. L'équilibre entre les deux diffère toutefois d'un sport à l'autre et même d'un style de pratique à l'autre.

Par exemple, dans le saut à la perche, les techniciens travaillent particulièrement leur coordination, la précision des appuis des mains, pour sauter plus haut. Les physiques jouent sur la vitesse de course et la dureté des perches, difficiles à plier, pour atteindre voire dépasser les 6 mètres (hommes) ou les 5 mètres (femmes).

L'alliance des deux a des limites, dans la mesure où plus de force rend souvent la finesse technique plus fragile; et inversement la précision technique demande un entraînement de geste et non un entraînement musculaire, ce qui ne cohabite pas forcément bien dans l'emploi du temps.

Le problème du physique c'est qu'il est "dopable". Place à la technique alors !
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