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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
- Une simple maladie d'écriture.
- Et ça dure longtemps ?
- C'est chronique.
Publié le 30/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Tendre
Je vis souvent ce rêve étrange et pénétrant, où je pose le ballon bien précisément sur la pelouse de la surface de réparation. Je prends mon élan, un peu au ralenti, avec des bruits assourdis. je pense très fort à tout ce qui me met en colère, en concentrant toute cette colère contre le point d'impact prévu.

Ma jambe arrière, la droite, va chercher loin son point haut pour faire un mouvement de balancier. Mes abdomiaux se contractent et j'avance imperceptiblement mon visage vers le sol: puis le mouvement de balancier se déclenche, je frappe avec le sommet de mon coup de pied droit. La balle perce l'air et s'élève rapidement, pendant que ma jambe de frappe pointe vers l'avant comme pour montrer le chemin à suivre.

Calmement, la balle arrive alors à 80 mètres de là, dans la surface de réparation adverse, et je cours pour aller la chercher.

Mais après ce genre de rêve on a envie de passer par la pratique. Je pose alors bien mon ballon sur le terrain, j'arme mon tir, j'y mets tout mon coeur, toute ma rage, tout. Et le ballon part en sucette, il rebondit à quelques mètres de là, par exemple. Ou bien il n'a strictement pas la direction souhaitée, et la trajectoire réelle fait un angle de 30° minimum avec la trajectoire idéale... Quelle blessure narcissique. Et en même temps, quel temps pour sourire ou rire !
Publié le 29/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Le mariage de la carpe et du lapin peut engendrer, quoi qu'en dise la fable, de fort belles choses assurément. Ainsi la politique, science de la décision d'intérêt général, qui s'associe à la culture, art d'intérêts agrégés, cela donne ce domaine étrange et passionnant qu'est la politique culturelle.

Malheureusement, il semblerait (d'après un article de Lyon Capitale n°641, journal partial mais journal tout de même) que le budget national des aides allouées aux acteurs de la culture soient réduits de façon importante (plus ou moins 5%). Certes, j'en ai reçu des témoignages éloquents, les DRACs n'avaient pas toujours la politique la plus pérenne pour le secteur en subventionnant des actions à gros risque artistique, nombreuses sur un secteur trop étroit de l'offre culturelle, et à déficit financier assuré. Mais cette réduction drastique est dramatique lorsqu'on mesure chaque jour l'impossibilité actuelle d'une transition violente d'une économie du soutien d'état (CNC, CNL, CFC, DRAC, statut d'intermittent du spectacle, etc.) à une économie du mécénat privé (Arnault, Pinaut, Renaud... ah non, pas Renaud).

Comme le soulignait Philippe Faure (directeur du théâtre de la Croix-Rousse), cette démarche relève du désengagement de l'état. Dans la logique de libéralisation propre aux proches de Nicolas Sarkozy, c'est cohérent, et pour une fois je ne rappellerai pas les milliards évaporés dans les comptes et les actifs financiers à l'occasion du paquet fiscal de la mi-2007. Parce que ce n'est pas contradictoire, au contraire c'est dans la droite ligne de ce paquet fiscal. Simplement  je n'en suis pas plus favorable, toujours pour les mêmes raisons: la redistribution des richesses mais aussi, concernant l'action culturelle, des connaissances (savoirs, savoir-faire, savoir-être) est un préalable absolu à une vie harmonieuse en société. Est-ce une bonne redistribution des moyens d'enrichissement intellectuel? La concentration des loisirs culturels, déjà sensible et problématique dans une ville moyenne bien lotie par son environnement départemental et régional, devient dramatique dans les zones où le lien social s'effiloche.

Loin de moi l'idée de faire un service public de l'art, que refuseraient de toute façon tous les artistes. Mais la LOLF n'a pas empêché de poursuivre des investissement intelligents, et la régulation économique de la culture ne doit pas se faire par la disparition de l'industrie culturelle ! Plus important encore, je crois qu'il faut que vive la politique culturelle d'une ville, d'un département, d'une région ou d'un pays : on a peut-être eu tendance à ne pas assez prendre en compte l'aspect politique (et économique) dans la culture, ce n'est pas une raison pour refuser de prendre en compte la culture, les cultures d'un pays dans la politique.
Publié le 28/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Maussade
Un manteau, c'est parfois dur à porter. Surtout quand il n'est pas de nous. On a beau se débattre, on ne peut pas y couper c'est la société qui veut cela.

De plus un manteau, au singulier, ça pourrait faire mental.
Publié le 27/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Au secours !
En lisant il y a quelques heures un commentaire sur cette expression, le "Grenelle de...", j'ai tout d'abord corrigé une erreur que je faisais sur le plan historique : l'article de Maurice Ronai (au regard de sa passion pour l'histoire je ne met pas une seconde en doute la certitude de ses informations) précise bien que le Grenelle correspond à l'accord informel intervenu rue de Grenelle entre les syndicats, le patronat et les pouvoirs publics en mai 1968.

Non seulement je suis d'accord avec sa critique tous azimuts contre cette "grenellisation" des esprits, mais cela apporte un éclairage historique étonnant, bien plus fort que si le terme de Grenelle avait référé à la période, un peu similaire dans l'esprit, du Front Populaire. En effet Nicolas Sarkozy, qui a eu le bon goût économique de ne pas être condescendant
vis-à-vis de l'homme asiatique en descendant d'avion à Pékin, a toujours voulu, depuis qu'il est enfant, liquider mai 68. Mais trop intelligent pour s'attaquer directement à un esprit, il en a subverti à sa cause les meilleurs aspects pratiques.

Je laisse de côté la question des filiations recomposées, celle des slogans qui diffusent mieux les idées ("travailler plus pour gagner plus" est un enfant déformé de "sous les pavés la plage" : un effort et la satisfaction de vos désirs, ceux de votre époque, est à portée de main). Je m'arrête un instant seulement sur ce Grenelle, qu'on emploie pour réformer la politique environnementale de la société : rien de grand dans ce pays ne s'est fait sans grands accords, donc retrouvons la joie d'agir, telle qu'elle présidait au premier Grenelle, celui de la liberté de pensée et de la modernité sociale. C'est l'idée sous-tendue par cette expression, "le Grenelle de..." qu'on se prépare à nous ressortir à toutes les sauces pour faire passer ces projets de réforme comme des projets de progrès.

Je ne discute pas le bien-fondé théorique de la majeure partie des propositons faites par le Grenelle de l'environnement, mais je trouve fort de café de s'abriter contre les revendications de ces vieux soixante-huitards gauchistes avec un pseudonyme structurel: comment Cohn-Bendit pourrait-il s'opposer à un Grenelle ? Le Grenelle de la vente d'armes ? Vous n'allez pas empêcher les personnes et entreprises concernées de trouver un accord, tout de même ! Un Grenelle de l'UMP ? Oui il faut bien faire sortir en douceur les villepinistes / chiraquiens ! Un Grenelle des parachutes dorés ? C'est la moindre des choses, quand on supprime plusieurs millions d'euros des revenus d'un individu il faut bien qu'il puisse s'exprimer et se défendre !

Ce n'est pas la politique, c'est le politique qui est sans rivage... (librement inspiré d'Aragon).

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Pendant ce temps à Vera Cruz... Ingrid Betancourt était proche d'une voie vers la libération, mais visiblement l'intéressement d'Hugo Chavez et les intérêts d'Alvaro Uribe ont fait obstacle à l'accomplissement de ce pas décisif. Comme on prend 2100 jours à une femme, on prend 2100 jours à la démocratie dans le monde.

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Pendant ce temps dans les prisons françaises, le taux d'occupation dépasse encore les 110 %. Moins de 5 m² d'espace vital pendant des années, c'est vrai, c'est beaucoup plus que ce dont disposaient les esclaves en partance pour le continent américain. Mais est-ce une comparaison admissible ?


Sticker dessiné par Luz - Daft Punk dans 9m².


La cause de TropC'estTrop / 9m² est relayée avec (comme toujours beaucoup de justesse par Najat Vallaud-Belkacem), et même ancienne cette cause mérite d'être soutenue, au même titre que celles, plus à la mode, du refus des tests ADN ou du soutien aux habitants de Malibu conviés à un barbecue géant.
Publié le 26/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Ironique
Toujours aussi éloigné de toute civilisation mais pris dans une structure de plus en plus élaborée, mon survivant de 650 Kilomètres est en quête d'une masse. Vous allez me dire, une masse c'est pas bien lourd comme objectif (je laisse de côté les 3 loups, quelques chasses suffiront à les atteindre). Mais quand on a récolté plus de 60 boîtes d'asticots, plus de 20 barres de céréales, des lingettes parfumées et des bouteilles de thé glacé, on commence à trouver le temps long... Si encore je pouvais transformer mes asticots en viande puis en cuir puis le cuir en chaussons (les célèbres pantoufles de ver !), ça serait insensé mais marrant et pratique.

Petite consolation : le tir aux lapins est très sympathique et sa régularité est addictive. Bon les lots promettent d'être squelettiques (dur d'être parmi les 200 premiers, là où ça vaut le coup), mais le plaisir est là c'est l'essentiel. Pour en revenir à mon expression "pris dans une structure de plus en plus élaborée", si on fait la liste des modules générant de l'histoire ils se multiplient, avec la chute en désuétude de certains : l'investissement des développeur a-t-il toujours été rentable? Ne va-t-il pas y avoir une fuite en avant vers toujours plus de game mechanics, sans achèvement des premières lignes "scénaristiques" ?

Les ruines, fortement montées en épingle au début de l'année, ne sont plus que des ruines... Le téléphone, l'annuaire, on attend toujours... A titre personnel je ne suis toujours pas tombé sur le dernier quart de la carte au trésor, et je doute d'y arriver avant ma retraite à 70 ans. M'enfin, wait and see, comme disent nos semblables britanniques.
Publié le 25/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Olivennes. Et ce rapport propose de vraies solutions durables pour rééquilibrer les industries culturelles. Bien évidemment il n'est pas exempt de reproches. Mais il a le mérite de contrer la démarche vaine du tout-financier-répressif envisagé un temps par les majors américaines.

A propos de la crainte que la circulation des usagers d'internet soit surveillée en permanence, franchement je ne vois pas la différence avec la surveillance de l'espace public réel par les forces d'ordre. Il n'y a ni plus ni moins de risque d'excès sécuritaire avec un organe de contrôle des connexions aux sites illégaux qu'avec un organisme de contrôle des accès aux activités illégales. De toute façon, dans ce domaine comme dans d'autres la régulation accrue n'empêchera pas les plus malins de jouer encore les "passagers clandestins" de la culture sur des sites russes ou des réseaux P2P.

PS hors sujet : j'ai découvert l'initiative de Blackle, le pendant "éco-responsable" de Google : c'est un peu une goutte d'eau dans la mer, mais c'est tellement peu coûteux à mettre en place que plus d'un site devrait se pencher sur cette option, à savoir afficher en inverse pour économiser les pixels de nos écrans (et un peu notre énergie aussi).
Publié le 24/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Souriante
Du point de vue éthymologique, c'est impossible. Rire, de rideo, rides, ridere, c'est une action symptomatique d'une certaine joie de vivre, en contraste ou en symbiose avec son environnement. Travail, de tripallium, c'est un instrument de torture en forme de fourche, puis par métaphore une activité qui provoque de la souffrance physique ou morale.

Et pourtant, que c'est plaisant de rire du travail de rire avec ce qui fait la douleur du travail ! Cela s'explique très bien car le rire peut être l'expression de joie éprouvée par le contraste entre sa propre existence et son environnement. On parle souvent de rire nerveux ou de rire de défense, il joue ici à plein. Lorsque nous les travailleurs (au sens large) nous souhaitons refuser d'être attaché à notre travail, à ce qui fait la pénibilité de nos vies, nous manifestons notre indépendance par le rire.

Mes collègues me jettent des tomates ou des oeufs ou des regards vengeurs lorsque je leur rappelle leur triste condition par des jeux de mots sur ce qui est difficile dans notre travail. Mais ne comprenent-ils pas que lorsque je parle des "boucles", des "balises", des opérateurs booléens, de tout ce qui fait le sel de notre activité présente ou à venir, c'est une façon de rappeler que nous ne nous résumons pas qu'à ça?

Malgré tout, je persiste à imaginer un animal de compagnie répondant au doux nom d'Afnor (au pied, Afnor !); je continue de dire que le plus beau cadeau qu'on puisse faire à une gestionnaire de documents numériques c'est un collier de PERL; je propose dès que je le peux de convertir les informations du quotidien en binaire - immatriculation de voiture, couleur des feuilles d'automne chutant sur le parking, date de la création de la SGDL, etc. -; je compare au vol les indigestions et l'absence de balise fermante.

Et puis, pour tous ceux qui n'aiment pas trop ces rappels humoristiques, il reste l'ironie sur les choses vues et entendues au travail. "[Concernant les entreprises] mais bon, il n'y pas que la taille qui compte, il y a autre chose aussi [...]". "Est-ce qu'elle est hiphop ? - Euh, je te laisse juger par toi-même, la voilà - Oh, très hiphop - Je dirais même funky [allez comprendre pourquoi, les deux interlocuteurs entrent dans un fou rire inextiguible]". "Mais il a fait un chomp sur ses cheveux, lui [perlificoteurs only] !".
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