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Tribune libre
Mon bloc perso.
- C'est grave docteur ?
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Publié le 29/11/2007
Par fxboffy
Humeur : Rebelle
Le mariage de la carpe et du lapin peut engendrer, quoi qu'en dise la fable, de fort belles choses assurément. Ainsi la politique, science de la décision d'intérêt général, qui s'associe à la culture, art d'intérêts agrégés, cela donne ce domaine étrange et passionnant qu'est la politique culturelle.

Malheureusement, il semblerait (d'après un article de Lyon Capitale n°641, journal partial mais journal tout de même) que le budget national des aides allouées aux acteurs de la culture soient réduits de façon importante (plus ou moins 5%). Certes, j'en ai reçu des témoignages éloquents, les DRACs n'avaient pas toujours la politique la plus pérenne pour le secteur en subventionnant des actions à gros risque artistique, nombreuses sur un secteur trop étroit de l'offre culturelle, et à déficit financier assuré. Mais cette réduction drastique est dramatique lorsqu'on mesure chaque jour l'impossibilité actuelle d'une transition violente d'une économie du soutien d'état (CNC, CNL, CFC, DRAC, statut d'intermittent du spectacle, etc.) à une économie du mécénat privé (Arnault, Pinaut, Renaud... ah non, pas Renaud).

Comme le soulignait Philippe Faure (directeur du théâtre de la Croix-Rousse), cette démarche relève du désengagement de l'état. Dans la logique de libéralisation propre aux proches de Nicolas Sarkozy, c'est cohérent, et pour une fois je ne rappellerai pas les milliards évaporés dans les comptes et les actifs financiers à l'occasion du paquet fiscal de la mi-2007. Parce que ce n'est pas contradictoire, au contraire c'est dans la droite ligne de ce paquet fiscal. Simplement  je n'en suis pas plus favorable, toujours pour les mêmes raisons: la redistribution des richesses mais aussi, concernant l'action culturelle, des connaissances (savoirs, savoir-faire, savoir-être) est un préalable absolu à une vie harmonieuse en société. Est-ce une bonne redistribution des moyens d'enrichissement intellectuel? La concentration des loisirs culturels, déjà sensible et problématique dans une ville moyenne bien lotie par son environnement départemental et régional, devient dramatique dans les zones où le lien social s'effiloche.

Loin de moi l'idée de faire un service public de l'art, que refuseraient de toute façon tous les artistes. Mais la LOLF n'a pas empêché de poursuivre des investissement intelligents, et la régulation économique de la culture ne doit pas se faire par la disparition de l'industrie culturelle ! Plus important encore, je crois qu'il faut que vive la politique culturelle d'une ville, d'un département, d'une région ou d'un pays : on a peut-être eu tendance à ne pas assez prendre en compte l'aspect politique (et économique) dans la culture, ce n'est pas une raison pour refuser de prendre en compte la culture, les cultures d'un pays dans la politique.
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